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Colonel Jean-Claude LAURENT-CHAMPROSAY (1908 - 1944)
 

Jean-Claude LAURENT-CHAMPROSAY : l’artilleur de BIR-HAKEIM

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Né en août 1908 au Havre, Jean-Claude Laurent-Champrosay suit des études supérieures à Neuilly-sur-Seine, qui le conduisent aux deux baccalauréats en 1926. Après une année en Lycée préparatoire (« Corniche »), il intègre l’Ecole spéciale militaire au sein de la Promotion Maréchal Gallieni (1927-1929).

Son classement de sortie lui permet de choisir l’Artillerie coloniale. Il sert alors deux ans à l’Ecole d’Application d’Artillerie comme sous-lieutenant, avant d’être affecté au 1er régiment d’artillerie coloniale à Libourne.

Lieutenant en 1931, il part pour le Maroc en 1932 et rejoint le Régiment d’Artillerie colonial du Maroc pour les dernières opérations de pacification de la région autour du Bou Gafer.

Lors d’une attaque nocturne sur sa batterie le 6 août 1933, il est blessé grièvement et sa conduite lui vaut, à 25 ans, d’être chevalier de la Légion d’Honneur.

Il rejoint ensuite le 4ème RAC à Haïphong au Tonkin pour un séjour de trois ans de 1935 à 1938, pendant lequel il dirige plusieurs missions géographiques, avant de rentrer en métropole avec ses galons de capitaine. Reparti outre-mer, il commande la 31ème Batterie du 6ème RAC à Bobo-dioulasso en Haute-Volta en 1940, jusqu’à l’armistice de juin 1940. Refusant la défaite, il convainc la majeure partie de ses bigors de l’accompagner dans cette voie et passe avec l’essentiel de sa batterie en Gold Coast (aujourd’hui Ghana), puis au Cameroun où il s’engage dans les FFL, concrétisant ainsi sa réponse à l’appel du Général de Gaulle.

A partir de janvier 1941, tous les artilleurs de la France libre en Afrique sont placés sous ses ordres au sein de la Brigade d’orient et participent aux opérations en Erythrée. Ses qualités d’artilleur et de chef se révèlent lors des combats de Keren et Massaoua.

S’en suivent en juin 1941 les combats de Syrie, la prise de Damas et sa promotion au grade de chef d’escadron. Avec ses anciens de Haute-Volta, les volontaires de toute l’Afrique et les ralliés des anciennes forces du Levant, Laurent-Champrosay forme alors le 1er Régiment d’Artillerie des Forces Françaises Libres qui va prendre part à tous les combats de la 1re Division Française Libre.

La campagne de Lybie débute en janvier 1942 par des patrouilles et se poursuit le mois suivant avec l’occupation de la position de Bir-Hakeim. Dans ce réduit isolé, où la logistique des munitions est une préoccupation permanente, ce chef né est un des grands hommes de la défense victorieuse contre l’Afrika Korps, du 27 mai au 11 juin 1942. Après avoir largement contribué à la déroute initiale de la Division blindée italienne Ariete, il est au cœur des combats du mois de juin face à Rommel à un moment où la valeur militaire des défenseurs s’exprime complètement et permet de maintenir intactes les positions, alors que tout semble compromis. Il est donc normal qu’à l’issue de la sortie victorieuse du 11 juin 1942, Jean-Claude Laurent-Champrosay soit distingué à trois reprises : par la Croix de la Libération tout d’abord, puis par la DSO (Distinguished Service Order) britannique et enfin par la promotion au grade de lieutenant-colonel.

En novembre 1942, il continue le combat avec son régiment à El Himmeimat, lors des opérations préliminaires de la bataille d’El Alamein, sur un terrain extrêmement difficile pour appuyer l’attaque de la 1re BFL. Durant les combats de Tunisie en mai 1943 dans le secteur de Takrouna, le 1er RAFFL se distingue, une fois de plus, et tire en cinq jours près de 26000 obus. Au cours de l’été 1943, le régiment est réorganisé en Tripolitaine et équipé de matériel américain.

Le lieutenant-colonel Laurent-Champrosay, commandant l’artillerie divisionnaire de la 1re DFL ainsi que le 1er RAFFL débarque en Italie fin avril 1944. Sa mission d’appui aux brigades d’infanterie est extrêmement efficace et la conduite du régiment contribue de façon décisive aux victoires successives de la DFL. Rome libérée est traversée le 10 juin et la poursuite sur Sienne continue.

Une mission de reconnaissance, sur la route de Scotto Mortée, le 18 juin 1944, sera fatale à Jean-Claude Laurent-Champrosay, sa jeep explosant sur une mine. Transporté à l’ambulance chirurgicale dans la région d’Acquapendente il décède le lendemain des suites de ses blessures et est inhumé à Rome.

Il est promu colonel par décret du 16 avril 1945 pour prendre rang le 15 juin 1944, il était Commandeur de la Légion d’Honneur, Compagnon de la Libération par décret du 9 septembre 1942, Croix de guerre 39/45 avec cinq citations, Croix de guerre des TOE avec une palme, titulaire de la Croix du Combattant 39/45, de la Médaille des Blessés, de la Médaille Coloniale avec agrafes « Maroc », « Libye 1942 », « Bir-Hakeim », de la Médaille d’Honneur du Mérite Syrien de la Distinguished Service Order britannique.

Major Richard Maisonnave
Conservateur adjoint au musée de l’artillerie

(Source : Ordre de la Libération)


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