Matériels d’artillerie > 5- Les munitions > 52- Les munitions modernes >
528- SIROCCO cédera la place à SEPHIRA
 

Retour

Article rédigé par le Lieutenant-colonel Jean-Marc Larand pour la revue ARTI n°11 (juillet 2008)

Après plus de 30 années de bons et loyaux services, SIROCCO cédera la place à SEPHIRA [1] en 2012. Justifié à la fois par l’allègement nécessaire à la projection et l’emploi de nouvelles munitions d’artillerie à des portées de tir accrues, ce nouveau matériel fait appel à la modélisation numérique de l’atmosphère en complément du classique radiosondage pour mieux maîtriser l’influence de la météorologie sur la trajectoire des projectiles et ainsi améliorer la précision et l’efficacité des tirs.

La station de radiosondage SIROCCO, en service dans l’artillerie depuis 1978, puis rénovée (NG) en 1995, mesure, le long de la trajectoire d’un ballon gonflé à l’hélium, les paramètres atmosphériques depuis le sol jusqu’à une altitude de l’ordre de 25 000 mètres.

Le vent est le paramètre majeur influençant la trajectoire d’un obus. SIROCCO NG délivre des messages météorologiques au format des STANAG d’artillerie dont le contenu est traité par le calculateur de tir des pièces AUF1, TRF1, MO120 et du nouveau canon CAESAR.

Placée au sein du dispositif d’artillerie, cette station, bien qu’ancienne, a encore de bonnes performances en terme de mesure atmosphérique. Sa relative mobilité lui permet de suivre la manœuvre du régiment et sa récente intégration au réseau ATLAS lui autorise désormais un échange d’informations numérisées avec les acteurs du dispositif d’artillerie.

Toutefois, dans les opérations en projection, parfois lointaines, le poids constitue le premier ennemi. Les nouvelles technologies de géo-localisation, les techniques d’intégration modernes et la numérisation permettent aujourd’hui d’envisager un matériel plus léger et moins volumineux qui sera mieux adapté au transport. C’est la raison pour laquelle, depuis 2000, la STAT [2] conduit l’étude d’une nouvelle station d’acquisition de l’information atmosphérique pour les unités d’artillerie.

Ce projet, baptisé SEPHIRA, s’est concrétisé en 2007 dans la rédaction par l’EMAT, d’une fiche de caractéristiques militaires.

L’objectif d’allégement a pu être atteint par l’application au radiosondage de la technique de localisation GPS combinée à l’utilisation de la modélisation numérique de l’atmosphère dont les performances actuelles ont été mises en évidence et validées par l’expérimentation.

En 2003 et 2006, deux campagnes de tir instrumentées ont ainsi démontré que, dans la plupart des cas, la modélisation atmosphérique donne une meilleure précision sur objectif que la mesure par radiosondage. La modélisation atmosphérique consiste à prévoir, par des calculs effectués sur de puissants ordinateurs, l’état de l’atmosphère à l’échelle du globe. Elle fournit, dans des délais très brefs, l’information nécessaire au tir sans mettre en œuvre la technique du radiosondage.

Accessoirement, la modélisation contribue à la discrétion tactique et permet de réduire la consommation de sondes.

(JPG)

Ainsi, SEPHIRA se compose non plus seulement d’une station de radiosondage mais également d’un système de communication par téléphonie satellite qui permet d’acquérir un profil d’atmosphère modélisé auprès du service météorologique de la défense de Météo France, bientôt remplacé par le centre interarmées de soutien météo océanographique des forces (CISMF).

Cette station exploite donc la complémentarité des deux modes d’acquisition de données et, après une analyse comparée de leur qualité, peut ainsi donner, en fonction du moment ou de la situation, la meilleure information atmosphérique disponible, notamment sur la zone d’intérêt d’objectif pour améliorer l’efficacité des sous-munitions à guidage terminal.

Enfin, l’apport des technologies numériques et informatiques, permettra de regrouper toutes les fonctions sur deux véhicules du gabarit d’une petite camionnette tactique de type PVP alliant ainsi la compacité matérielle à une réduction de format en personnel.

SEPHIRA entrera en phase de réalisation en 2009 et devrait arriver dans les forces et les équiper à partir de 2012, entraînant la disparition progressive de SIROCCO.

[1] station d’élaboration de profil atmosphérique et de radiosondage pour l’artillerie

[2] section technique de l’armée de terre


____________

Base documentaire des Artilleurs