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527- La roquette LRU (GMLRS unitary)
 

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[Par le lieutenant-colonel Christian Helmstetter, pour la revue ARTI n°11 (juillet 2008)

Première munition d’artillerie de précision à longue portée, mise en service dans les armées alliées et utilisée sur les théâtres iraquiens et afghans, la roquette GMLRS unitaire dite LRU confèrera au chef interarmes une capacité de frappe d’opportunité très réactive, permanente et par tous les temps.

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La roquette LRU, codifiée M31 aux États-Unis, fait partie de la famille des munitions MLRS, au même titre que les roquettes balistiques, les missiles ATACMS et les roquettes d’exercice tirées par les lanceurs Bradley chenillés M270 A1 et B1 ainsi que par les lanceurs mono-panier sur roues HIMARS.

Conçue initialement pour compléter les effets de la roquette à grenades M30, elle est employée continuellement depuis sa mise en service sur les théâtres iraquien (2005) et afghan (2007).

Elle constitue une arme d’appui d’une grande précision et à effets contrôlés. Brutale et d’emploi très réactif, elle permet, grâce à sa portée, de couvrir une zone d’engagement de plus de 15 000 km2.

La France a décidé de se doter de cette munition pour le système d’armes LRU (lance-roquettes unitaire).

Une première version de LRU a été développée en urgence par l’US Army dès 2003 pour répondre à une demande du congrès américain. En 2005, des roquettes de première génération ont été tirées avec succès sur le théâtre iraquien.

Le Royaume-Uni les emploie depuis l’été 2007 en Afghanistan.

En 2008, une version plus performante intégrant une fusée tri-mode (proximité, impact et retard), un logiciel capable de former la trajectoire en phase finale et une antenne GPS durcie, sera mise en service.

Les modes "impact" et "retard" sont principalement utilisés pour le traitement de cibles abritées et si la minimisation des dommages collatéraux est impérative.

Le mode "proximité" est privilégié contre les cibles surfaciques lorsque les dommages collatéraux ne constituent pas un critère déterminant.

Contrairement aux roquettes purement balistiques, la LRU est dotée d’un système autonome de vol. Le tir est exécuté sur coordonnées et la munition est du type "tire et oublie". Le type de trajectoire et le mode de déclenchement de la charge sont sélectionnés avant le lancement et fournis au calculateur embarqué qui, connaissant sa position instantanée, transmet les ordres de guidage/pilotage aux gouvernes avant (plans canard).

La LRU n’est pas dépendante des phénomènes aérologiques.

Naturellement, pour effectuer des tirs précis, les coordonnées de l’objectif doivent être connues avec précision. À cet effet, les artilleurs américains et anglais ont mis au point un système simple de détermination des coordonnées utilisant un terminal de la taille d’un petit ordinateur portable comportant une base de données numérisée du terrain.

La France, l’Allemagne et l’Italie se doteront de LRU entre 2009 et 2011. Une conduite de tir européenne sera intégrée sur le lanceur M270 ; cet équipement est indispensable pour permettre non seulement le transfert des données de mission à la munition avant le lancement mais également pour assurer l’alignement de la centrale inertielle et l’initialisation du récepteur de navigation satellitaire GPS embarqués.

Selon les retours d’expérience des alliés qui ont projeté ce système d’armes sur le théâtre immédiatement après sa mise en service opérationnel, les forces déployées ont rapidement compris les atouts de l’appui feu LRU et leur consommation de roquettes augmente significativement. En mars 2007, plus de 650 roquettes avaient été tirées par les deux pays.

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Première munition d’artillerie de précision à longue portée, la roquette LRU permettra de garantir au chef interarmes le choix des effets les plus appropriés à la cible et au contexte, dans des conflits de coercition de forces et de maîtrise de la violence. Le système d’armes LRU est destiné à fournir par tous les temps un appui feux d’opportunité précis, permanent et hautement réactif.

Voir la séquence complète où le LRU apporte une solution finale, après qu’un véhicule de combat de l’infanterie (en l’occurence le Warrior - en premier plan - avec son canon de 30mm) et un char de combat (le Challenger II - au plus près de la cible - avec son canon de 120mm) aient engagé l’objectif.

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Principales caractéristiques :

  • portée de 15 km à plus de 70 km,
  • guidage inertiel assisté GPS-SAASM,
  • précision (CEP) inférieure à 5 m (GPS), à 0,7 mil (inertiel)
  • charge militaire à éclats de 90 kg (24 kg d’explosif),
  • vitesse max/point d’impact : Mach 3,3/Mach 1,5 (moyenne)
  • apogée à portée max : 25 000 m
  • manoeuvrabilité : 6 g

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