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Les grands artilleurs de Wagram
 

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Article rédigé par le lieutenant-colonel de Bergevin. Revue ARTI n°13 -

Wagram : “Bataille décisive et à jamais célèbre,où 3 à 400000 hommes, 12 à 15 cents pièces de canons se battaient pour de grands intérêts sur un champ de bataille étudié, médité, fortifié par l’ennemi depuis plusieurs mois”. a écrit Napoléon dans le 25e bulletin des armées en date du 8 juillet 1809.

À Wagram, l’artillerie de la garde aligne douze batteries et soixante-douze bouches à feu. Tout à coup une grande agitation se manifeste autour de nous ;(...)la garde- entière, formée en une seule masse, part, et se meut sur la- gauche. L’artillerie prend le galop et la devance ; d’Aboville est en tête, avec l’artillerie à cheval, je la suis avec deux batteries de 8 ; Pommereul vient après moi ; la marche est fermée par Drouot qui est à la tête de la réserve de 12... le colonel d’Aboville se mit en batterie, j’en fis autant à sa gauche, Pommereul se déploya à la mienne, tandis qu’au contraire Drouot alla se déployer à droite de l’artillerie à cheval”.

Général baron Boulart “Mémoires militaires”

L’artillerie est alors commandée par La Riboisière, l’artillerie de la Garde par Lauriston, avec d’Aboville, Pommereul et Boulart pour l’artillerie à cheval et Drouot pour la réserve. Sur ces six artilleurs, Lauriston devient ensuite Maréchal de France, les cinq autres terminent généraux et seul Gilbert de Pommereul, fils du-général d’artillerie François de Pommereul (1745-1819) est finalement oublié de tous les dictionnaires.

X

Lauriston

(JPG) Jacques Alexandre Bernard Law marquis de Lauriston, neveu du financier John Law, est né à Pondichéry en 1768.

En 1784, il est à l’école militaire, en même temps que Nabuleone de Buonaparte.

Il en sort le 1er septembre 1785 lieutenant en second au régiment de Toul. Aide de camp du général Beauvoir, il se distingue au siège de Valenciennes.

Il est nommé en 1795 chef de brigade du 4° régiment d’artillerie à cheval. Il donne sa démission en 1796 et quitte l’armée.

Bonaparte le rappelle au service et le nomme l’un de ses aides de camp en 1800. Lauriston suit son ancien condisciple à Marengo. Bonaparte lui confit des missions diplomatiques à Copenhague puis Londres. De retour en France, il est nommé général de brigade, commandeur de la Légion d’honneur.

Il fait la campagne d’Autriche. En 1807, il est nommé gouverneur général de Venise. Il accompagne l’empereur en Espagne, puis en-Allemagne.

À Wagram, il commande l’artillerie de la garde. Après la paix de Presbourg, Lauriston occupe des postes d’ambassadeur. On le retrouve à Lützen, Bautzen puis Wurtzen. À Leipzig, il est fait prisonnier.

Durant la Restauration, il est fait pair de France, Ministre de la maison du roi et le 6 juin 1823, il est élevé à la dignité de Maréchal de France. Il meurt à Paris le 11 juin 1828. Son nom est inscrit au côté Est de l’Arc de triomphe.

Dans le “Petit dictionnaire des girouettes”, recueil politico-satirique, on peut lire à son sujet : “Il fut aide du camp de Napoléon ; le Roi le fit ministre de sa maison. Il servit l’un et l’autre avec le même zèle. Le chef du gouvernement fut-il turc ou arabe, il est le maître, et monsieur Lauriston n’en demande pas davantage.”

Lariboisière

(JPG) Jean Ambroise Baron de la Riboisière est né à Fougères en 1759. En 1781, il est lieutenant-en-second au régiment de la Fère, ou sert Bonaparte. En 1793, il est lieutenant en premier, commandant le bataillon d’artillerie de Mayence, puis, sous-directeur d’artillerie à Landau, l’année suivante. En 1796, il est nommé colonel, directeur d’artillerie à Strasbourg. Général de brigade en 1803, il passe général de division en 1807.

À Austerlitz, commandant l’artillerie du 4e corps, il contribue au succès de cette grande journée par l’emploi qu’il fait de ses batteries et par le feu terrible qu’il dirige sur les glaces qui portent les colonnes russes. À Iena, le 14 octobre 1806, il repousse avec son artillerie plusieurs charges d’infanterie. Appelé au commandement de l’artillerie de la garde, il soutient à Eylau (8 février 1807), le centre de l’armée avec 40 pièces de canon. À Dantzig, il est blessé par un boulet. En 1808, il prend le commandement en chef de l’artillerie des armées d’Espagne. À Wagram, c’est lui qui commande en chef l’artillerie qui prépare et assure le succès de cette mémorable journée.

En 1811, il est élevé à la dignité de premier inspecteur général de l’artillerie.

En 1812, il part pour la campagne de Russie. Il est à Smolensk avec 638 bouches à feu, à la bataille de la Moskowa, il fait tirer 70000 boulets. Son jeune fils y est blessé à mort, le général de La Riboisière en tombe malade et meurt à Koenigsberg le 21 décembre 1812. Son corps repose dans l’église des Invalides. Son nom est inscrit sur l’arc de triomphe de l’Etoile, côté Est. Il est fait Chevalier de l’Empire.

Son second fils, Charles-Honoré (1788-1868) quitte l’armée après Waterloo et se lançe dans la politique. Il épouse Elisa Roy, fille d’un ancien ministre des finances, qui lègue à la ville de Paris une somme destinée à l’amélioration de l’hospice du Nord, qui reçoit le nom d’Hôpital Lariboisière.

Drouot : “le sage de la Grande armée”

(JPG) Antoine Drouot est né à Nancy en 1774. Il entre à l’école d’artillerie en 1793 et sort un mois plus tard sous-lieutenant au 1e RA. Il fait toutes les campagnes de la révolution dans cette arme, et notamment en Egypte.

De retour en France, il sert dans l’artillerie à pied de la Garde impériale. En 1800, il est major, aide de camp de Bonaparte. Promu major de l’artillerie à pied de la Garde en 1807, puis directeur du parc d’artillerie en 1808, il sert en Autriche où il se distingue lors de la bataille de Wagram. Colonel de l’artillerie à pied de la garde en 1809, il se signale à la Moskowa et pendant la campagne de Russie. Général de brigade le 10 janvier 1813, il commande la fameuse artillerie légère de la garde à Wassenfeld, à Lützen et à Bautzen. Général de division, aide-major de la Garde, il est à Wachau puis à Leipzig et décide en grande partie de la victoire de Hanau. Il accompagne Napoléon à l’Ile d’Elbe et revient en France avec lui.

Il combat à Waterloo. Entre mille actions d’éclat de Drouot, il faut citer l’affaire de Nangis, en 1814, où il franchit le défilé de Vauclor sous le feu de 60 pièces d’artillerie.

À la Restauration, il refuse tout service et tout traitement du nouveau régime. Lorsqu’il est traduit devant un conseil de guerre en juillet 1815, il prononce ces paroles : “Tant que la fidélité aux serments sera sacrée parmi les hommes, je serai justifié ; mais quoique je fasse le plus grand cas de leur opinion, je tiens encore plus à la paix de ma conscience. J’attends votre décision avec calme”...

Il n’existait pas deux officiers dans le monde pareils à Murat pour la cavalerie et à Drouot pour l’artillerie” a dit Napoléon.

Le comte Antoine Drouot meurt à Nancy le 24 mars 1847.

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D’Aboville

Augustin Marie d’Aboville est né en 1776 à la Fère, il est fils de François Marie d’Aboville (1730-1817), l’artilleur de Yorktown.

En 1792, il entre comme élève sous-lieutenant à l’Ecole-d’artillerie qui vient d’être créée à Châlons-sur-Marne. Il en sort lieutenant et choisit le 7e RA. Il sert à l’armée d’Italie, dans l’armée de Rhin et Moselle puis de nouveau à l’armée d’Italie. En 1806, il est en Hollande avant de partir, sous les ordres du général Lauriston, pour une expédition en Martinique. Le 10 juillet 1806, il est nommé colonel et rejoint la Grande-Armée. Il est fait officier de la Légion d’honneur pour avoir sauvé, sur les bords de la Passarge, le parc d’artillerie du 6e corps au moment où il allait être pris par des cosaques. Nommé major de l’artillerie à cheval de la Garde impériale le 15 décembre 1808, il se fait particulièrement remarquer à Wagram. L’empereur le fait général de brigade dès le 8 juillet. C’est au cours de cette bataille qu’un boulet lui emporte le bras droit. Il reçoit en 1809, le commandement de l’Ecole d’artillerie de la Fère. Appelé en 1814, au commandement de l’artillerie destinée à la défense de Paris, il résiste vaillamment aux efforts de l’ennemi et lui fait éprouver des pertes considérables.

Il meurt en 1843.

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Boulart

Boulart est né en 1776. Nommé lieutenant-en-second au 5e régiment d’artillerie à pied, il est à Wissembourg et Landau. En 1798, capitaine à l’armée d’Italie, il est à Trebbia et Novi. En 1805, il est nommé commandant et en 1806 fait la campagne de Prusse et commande la division de pièces de 12, rattachée à la Garde. Nommé en avril 1807 dans l’artillerie de la Garde, il reste attaché à la division Oudinot et participe au siège de Dantzig. En-1808, il est chef de bataillon au régiment d’artillerie à pied de la Garde et part en Espagne.

Il est à la prise de Madrid.

Lorsque Lariboisière réorganise l’artillerie de la Garde, Boulart reçoit le-commandement des deux premières compagnies de l’artillerie à pied. Puis c’est la campagne d’Autriche : Aspern et Wagram. Puis la campagne de Russie en 1812 ; Smolensk, la Moskowa, Krasnoié et la Bérézina.

De retour en France en 1813, Boulart est fait directeur du matériel en 1813. Le 6 novembre 1813, il est nommé général de brigade, commandant le régiment d’artillerie à pied de la Vieille Garde.

À la Restauration il est membre du comité d’artillerie, commandant l’Ecole d’artillerie de Strasbourg, nommé Grand officier de la Légion d’Honneur en 1828, il reçoit le commandement de l’Ecole d’artillerie de Besançon en 1830.

Le baron Boulart meurt à Besançon en 1842.

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[1] Bibliographie :

“Mémoires-militaires-du-général-baron-Boulart”,-Paris
Larousse en 7 volumes (1905)
“Les fastes de la légion d’honneur, biographies de tous les décorés”, Paris 1845
“Le petit dictionnaire des girouettes par une société d’immobiles”, Paris 1826
“Dictionnaire Napoléon ou recueil alphabétique des opinions et jugements de l’Empereur.”
“Préceptes et jugements de Napoléon.”
“Revue d’artillerie” 1924
“Biographie des célébrités militaires des armées de terre et de mer de 1789 à 1850” par M.C-Mullié, Paris 1850
“La jeunesse de Napoléon” Chuquet.
“Catalogue historique des généraux français”, par Louis de la Roque, Paris 1896


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