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Depuis le début des années 2000, un besoin croissant de l’artillerie est mis en évidence pour mener à bien les opérations extérieures sur les divers théâtres du globe. Aucune opération aéroterrestre ne peut désormais être envisagée sans un appui-feu, devenu indispensable jusqu’aux plus petits niveaux tactiques.
Aujourd’hui, les capacités d’artillerie, aussi bien sur les plans techniques que tactiques, ont considérablement progressé : grande mobilité stratégique, guidage de précision des munitions, empreinte logistique réduite, et gestion dynamique de l’espace aéroterrestre.
En parallèle, les différentes composantes fonctionnelles de l’artillerie sont en constante évolution, telles que :

  • L’acquisition d’objectifs,
  • Les munitions,
  • Les lanceurs sol-sol.




Le canon AUF1 version modernisée :

CAPACITES / CARACTERISTIQUES / EQUIPEMENTS PRINCIPAUX :

  • Châssis : AMX30 B2 avec navigateur inertiel.
  • Tourelle : avec un tube de 155mm, 39 calibres.
  • Poids : 43,5 tonnes.
  • Pointage : Goniomètre et conduite de tir inertielle.
  • Chargement automatique : de l’obus et de la douille combustible. (6 coups /45 secondes)
  • Mise à feu : par induction.
  • Cinémomètre : pour la mesure des vitesses initiales.
  • Portée : jusqu’à 30km avec les obus à réduction de traînée de culot (RTC).
  • Types d’obus : explosif, éclairant, fumigène, à sous-munition (grenades et anti-char).
  • Emport : 42 coups complets en tourelle.
  • Transmissions : PR4G pour la phonie et la transmission automatique des données (TAD) ATLAS
  • Calculateur balistique à la pièce.
  • Pressurisation NBC.
  • Arme de bord : mitrailleuse 12,7mm.

Le canon CAESAR
Ce canon de 155 mm a une « longueur » standard de 52 calibres, supérieure aux canons standard de 39 calibres qui l’ont précédé (AUF1 chenillé blindé, et TRF1 tracté), qui lui permet une portée de 38km. Il est monté sur un châssis à roues, et dispose des équipements nécessaires pour s’implanter, calculer ses éléments de tir et orienter son tube de façon autonome. Mis en service opérationnel en 2009, il a été projeté dès l’été 2010 en Afghanistan, où il a démontré son efficacité au profit des unités engagées, y compris par des tirs à longue portée.
Le Caesar dispose de munitions spécifiques et de nouvelles charges modulaires, qui [1] améliorent encore ses performances en terme de précision [2] (justesse et dispersion) ; il peut cependant tirer la plupart des obus conçus pour le standard 155 / 39 calibres, avec une limitation en charge, donc en portée.


Le LRU
Le lance-roquette unitaire apporte une toute nouvelle capacité à l’armée de terre, puisqu’il est capable de tirer à 70 km une roquette avec une précision de l’ordre de 3 mètres ! Les caractéristiques de cette munition (charge de 100 kg d’explosif, angle d’incidence de près de 90 degrés lors de la frappe) en font un outil particulièrement adapté au combat en zone urbaine, mais apporte de manière générale à l’armée de terre une puissance de frappe nouvelle, tous temps et extrêmement réactive.
Sa mise en service opérationnelle est attendue pour 2013.


Voir sa prestation à l’occasion du défilé du 14 juillet 2015 :

Le COBRA et le capteur acoustique SL2A
Le radar de contre-batterie COBRA est un équipement extrêmement performant, capable de détecter simultanément 40 batteries en deux minutes, dans un secteur d’environ 90 degrés, jusqu’à 40km. Il est projeté au Liban depuis 2008 dans le cadre du mandat ONU de surveillance et protection du Liban sud. Le capteur acoustique SL2A, initialement prévu comme système d’alerte du COBRA, évitant à ce dernier d’émettre en permanence, est capable de détecter un départ de coup, obus ou roquette, à une distance pouvant atteindre 10km avec une précision de l’ordre de 100 mètres.
Il a été projeté en Afghanistan de 2009 à 2011 pour compléter le système de protection des FOB (forward operations base) françaises, et au Liban sud en 2011 pour compléter le dispositif de détection des COBRA.


Le système MARTHA, le radar NC1 et le missile MISTRAL
Ces matériels constituent les outils principaux de la défense sol-air, après le retrait des systèmes de missiles Hawk (définitif en 2012) et Roland, intervenu en 2008.
Le système MARTHA est basé sur un réseau de transmission et d’échanges de données à très haut débit par voie hertzienne (sans fil), et sur un poste de traitement-contrôle sur shelter, qui permettent d’établir une « carte » en temps réel de l’activité aérienne dans une zone donnée grâce aux différents radars qui lui sont connectés, et de gérer en temps réel cette activité aérienne pour éviter des risques de collisions fratricides ainsi que pour permettre l’application de la manœuvre décidée par le chef interarmes (fixer notamment des priorités entre les tirs d’artillerie, les vols d’avions ou d’hélicoptères, ou de drones).

(JPG)

Parmi les radars pouvant être connectés au CMD3D MARTHA, figurent les radars des postes de commandement de sections MISTRAL (1 radar et 6 pièces MISTRAL par section). Chaque radar NC1 a une portée de détection de 20 km, et peut gérer le tir des postes de tir MISTRAL. Le missile MISTRAL est guidé par un auto directeur infrarouge sur la source chaude que constitue l’aéronef cible, et a une portée d’environ 5 km.

Voir les capacités offertes par le système Martha,telles qu’elles sont vues et décrites dans la page du Blog "L’Echo du champ de bataiille", consacrées à la déconfliction, par Frédéric Jordan.




Le mortier de 120mm RT F1
Les mortiers de 120mm sont actuellement en dotation exclusivement dans l’artillerie, à raison d’une batterie par régiment d’artillerie de brigade interarmes, armés en principe par des réservistes.
Compte tenu de l’emploi opérationnel du Mo120, les artilleurs d’active de ces régiments possèdent une double qualification canon - mortier, et peuvent être projetés avec l’un ou l’autre système.
Le Mo120 tracté (par VAB, véhicule de l’avant blindé) constitue une arme d’appui particulièrement adaptée à une manœuvre mobile, grâce à son extrême mobilité et à sa rapidité de mise en batterie.
Il est en outre héliportable, sous élingue ou en soute, ce qui lui donne une souplesse d’emploi considérable.
Ce système devrait être complété par l’acquisition de mortiers embarqués sur châssis blindé de type VBMR, qui seront ainsi aptes à suivre au plus près les unités engagées.
Malgré ses qualités, le mortier de 120mm ne possède ni l’allonge ni la puissance du canon de 155mm, ces deux systèmes sont donc complémentaires sur un théâtre, comme l’exemple afghan le montre actuellement.


Le système ATLAS
Il s’agit du système de commandement et de liaisons de l’artillerie, qui permet de transmettre de manière automatisée demandes et comptes-rendus de tirs, et messages de renseignement ou d’environnement (logistique par exemple) ; il assure également le calcul des éléments de tir en fonction des critères et éléments fixés par l’observateur.
ATLAS apporte une sécurité et une rapidité exceptionnelles dans l’exécution des tirs, et est indissociable désormais des moyens de tir déployés.


Les véhicules et moyens d’observation
L’artillerie dispose actuellement de véhicules spécialisés dans l’observation et dans l’acquisition des objectifs au contact : les VOA (VOA chenillés et VAB OBS sur roues) ; il s’agit de déterminer de manière suffisamment précise la nature et la position des cibles - et de l’observateur lui-même - pour permettre la réalisation de la séquence de tir. Ces véhicules sont équipés notamment de navigateur terrestre, GPS, télémètre laser, caméras thermiques et vidéo, et lunettes de grossissement. La plupart des moyens d’observation et d’acquisition peuvent être débarqués et sont transportables par des équipes à pied. Les équipes d’observation ont ainsi la capacité de travailler sur tous les terrains, même les plus difficiles, et à s’infiltrer dans la profondeur pour y rechercher des cibles si nécessaire.


En conclusion l’artillerie française se caractérise par sa modernité, son allonge, sa puissance de feu et par une grande réversibilité de ses personnels, tant pour l’emploi et la gestion des feux sol-sol ou sol-air que pour la mise en œuvre des moyens de tir. Elle est apte à appuyer par le feu et à couvrir face à une menace aérienne, les groupements tactiques interarmes de jour comme de nuit et par tous les temps. Elle constitue à la fois l’outil essentiel à la décision et l’assurance vie des troupes engagées au contact.

[1] associées à un pointage automatique entre les coups d’une même rafale

[2] En effet la précision regroupe la justesse (distance entre point moyen et point visé) et la dispersion (répartition des coups par rapport au point moyen d’une série de coups).


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