Présentation >
Histoire détaillée du 17ème Régiment d’Artillerie
 

Créé à Vincennes par décret impérial du 14 février 1854, le 17e régiment d’artillerie à cheval est aussitôt envoyé sur les champs de bataille de Crimée au sein de l’armée d’Orient, dans le cadre d’une coalition regroupant la France, la Grande-Bretagne, le Piémont et la Turquie face à la Russie. Dès septembre 1854, ses batteries s’illustrent à l’Alma, à Inkermann et participent à la chute de Sébastopol. De retour en France en 1855, le régiment gagne sa première inscription portée sur son étendard :

  • « Sébastopol 1854-1855 ».

Installé dans sa nouvelle garnison de Bourges en 1857, le régiment est à nouveau engagé en 1859 dans la campagne d’Italie avec trois batteries. Elles s’illustrent à Novare, à Tortone en Toscane puis au cours de la bataille de Solferino contre les Autrichiens. De retour en France en 1860, l’étendard du régiment gagne sa deuxième inscription :

  • « Solferino 1859 ».

Durant la guerre de 1870, les huit batteries du 17e régiment d’artillerie sont incorporées dans l’armée du Rhin. Combattant héroïquement durant les batailles de Spicheren, de Reischoffen, de Borny, de Rezonville et de Saint-Privat, le 17e RA fait retraite sur Metz avant d’être entraîné dans la capitulation. Reconstitué à Maubeuge en 1871, déplacé vers La Fère en 1872, puis à Laon, Reims, et enfin Abbeville, c’est à Amiens qu’il se trouve à la veille de la Première Guerre mondiale.

Au cours de la Grande Guerre, le 17e régiment d’artillerie se couvre de gloire. Engagé dans tous les grands moments de ce conflit, il s’illustre dans les batailles de la Marne, des Hauts-de-Meuse, de la Somme, de l’Aisne, de Verdun et de Champagne. Aux termes de rudes combats destinés à appuyer les régiments d’infanterie et à arrêter les contre-attaques allemandes, le 17e régiment d’artillerie gagne trois nouvelles inscriptions :

  • « Argonne 1914 »,
  • « Mort-Homme 1917 » et
  • « Somme-Py 1918 ».

Neuf fois cité dont deux fois à l’ordre de l’armée, le 17e régiment d’artillerie reçoit le 16 novembre 1918 un nouvel étendard décoré de la Croix de guerre et de la fourragère. Le courage de ses hommes et la vigueur avec laquelle ils servirent le canon de 75mm restent depuis lors associés à son numéro.

Après quatre années de souffrance, le 17e régiment d’artillerie rejoint d’abord Abbeville, puis Laon et enfin Sedan à compter de 1929, où il séjourne jusqu’à la veille de la Seconde Guerre mondiale.

Constitué de trois groupes d’artillerie équipés du même canon de 75mm, il devient le régiment d’artillerie de la 52e division d’infanterie et prend part à la campagne de France dans le secteur des Ardennes. Le 17e régiment d’artillerie divisionnaire dépose les armes le 22 juin 1940 au terme d’une résistance marquée par l’exécution continue de tirs de harcèlement, d’interdiction et de contre-batterie.

Il n’est recréé qu’en 1952, au sein de son ancienne garnison de Sedan. Le 17e RA est alors équipé du matériel le plus moderne et le plus puissant en service avec le 155 GUN automoteur sur châssis super-Scherman. En 1955, il se constitue en groupe de marche et gagne le Maroc dans le cadre des opérations de maintien de l’ordre dans la région de Marrakech et de Ouarzazate. Puis il rejoint l’Algérie l’année suivante, dans la région d’Ain-Sefra, et assure la défense de la frontière algéro-marocaine avec des obusiers 105 HM2 et des canons de 155 HM. Il reste en Algérie jusqu’en 1964, date de sa dissolution.

Prenant la suite du 701e groupe d’artillerie guidée de Biscarrosse, le 17e régiment d’artillerie est recréé en avril 1970. Il adopte alors l’insigne du 701e dont il poursuit les missions, notamment l’expérimentation des nouveaux systèmes d’armes d’artillerie nucléaire et sol-air, la défense antiaérienne des bases des forces aériennes stratégiques stationnées à Cazaux, Mérignac et Mont-de-Marsan, enfin l’organisation des écoles à feu antiaérienne et sol-air.

De cette époque récente est issu le centre national d’évaluation et de formation à la lutte antiaérienne toutes armes (CNEF LATTA) inauguré en 1996. Avec le centre de formation cynotechnique créé le 1er juillet 2007, les deux centres constituent aujourd’hui les deux pôles d’excellence du 17e groupe d’artillerie.

(JPG)

____________

Base documentaire des Artilleurs