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Témoignage sur les métiers au 28ème Groupe Géographique
 

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Propos [1] recueillis par Terre Magazine et édités dans le TIM n°190 de décembre 2007 - Janvier 2008.

Le 28e Groupe géographique [2] est la seule formation à fournir un appui géographique aux forces déployées sur le territoire national ou en opérations extérieures. Au-delà de l’agencement terrestre, le métier de géographe comprend une composante renseignement incontournable, notamment pour la projection des unités.

Les métiers du 28è Groupe Géographique

Il existe quatre types de métiers : les imprimeurs, les cartographes, les topographes et les analystes terrain. Tous sont formés au centre d’instruction d’armes du régiment. Certains topographes et cartographes bénéficient de formations assurées par l’Ecole nationale des sciences géographiques. Quant aux analystes terrain, la majorité sont des cartographes ou topographes d’origine, formés par le régiment aux techniques d’analyse terrain.
Les deux tiers des effectifs spécialistes du régiment sont constitués par les topographes ; le tiers restant se répartit entre cartographes et analystes.

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Sous-officier faisant un relevé optique
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Un gradé plote une position sur le "pocket PC"















Témoignage d’un capitaine [3]cartographe et analyste terrain de la section TERA [4]

Officier géographe : un métier de fourmi.

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Etude de la carte avec les unités appuyées



L’intérêt de la présence d’un officier géographe au sein d’une force réside dans cette aptitude à appuyer les militaires sur le terrain dans leur mouvement. « Mon objectif est d’apporter une expertise géographique au commandement, voire une analyse relevant du renseignement. » La frontière demeure parfois très étroite entre le renseignement et la cartographie. « A Kaboul, je me souviens que l’officier Renseignement avait effectué le "plotage" des talibans", c’est-à-dire qu’il avait repéré des individus affiliés à des groupes terroristes. En élaborant le visuel, nous avons pu constater par exemple que l’on retrouvait le même individu à différents endroits, ce qui pouvait induire l’existence d’un réseau. »

« Mon objectif est d’apporter une expertise
géographique au commandement, voire une
analyse relevant du renseignement »


La cartographie apporte une réelle plus-value en termes d’analyse spatiale. L’élaboration de cartes est un véritable travail de fourmi ! « Il faut capitaliser toute l’information que l’on peut recueillir, d’où qu’elle vienne ! En Côte d’Ivoire, un an plus tôt, je me suis appuyé sur trois systèmes de cartes qui présentaient des différences en termes de distance, un vrai casse-tête ! » Mais attention ! Chaque utilisateur a ses propres exigences. « Les actions civilo-militaires (ACM) me demandent une carte thématique recensant les organisations non-gouvernementales (ONG), l’aviation légère de l’armée de terre (ALAT) me sollicite pour identifier les lignes électriques et les zones de poser hélico (ZPH) ». Dans le cadre d’un plan d’évacuation des ressortissants (RESEVAC), le cartographe fournit au commandement une carte qui contient l’identification des hôpitaux ou des écoles qui servent de points de regroupement en cas d’évacuation de ressortissants. Mais le niveau de déploiement des topographes reste faible, ce qui rend le recueil d’information moins évident. En opération, ce sont essentiellement les analystes terrain qui sont déployés. « Je m’appuie beaucoup sur ceux qui me demandent de faire des cartes et qui détiennent en fait l’information que je mets en visuel. Les patrouilles, les TACP [5] sont autant de vecteurs intéressants pour moi ». Le cartographe fournit donc un appui direct à la force déployée sur le terrain. « Ce qui m’énerve le plus, c’est quand les unités partent sans carte », s’exclame-t-il.

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[1] L’interview a été effectuée sur un site de franchissement, pendant l’exercice GENEX aux environs du Camp du Valdahon, par le capitaine Nathalie Durand accompagnée de l’adjudant-chef Olivier Dubois, photographe.

[2] Le 28e GG est héritier des traditions du 28e Régiment d’Artillerie, appartient actuellement à la brigade du génie (le 24 juin 2009, le 28e Groupe Géographique il sera rattaché à la Brigade de Renseignement) ; il est géré par le bureau renseignement en matière de ressources humaines.

[3] Le capitaine Pierre-Philippe Bariller est cartographe et analyste terrain. Il tient cet emploi pendant deux années. Il enchaîne pendant onze mois de cette période trois opérations extérieures : en Côte d’Ivoire, au Tchad puis en Afghanistan.
Saint-Cyrien de la promotion "Bicentenaire de Saint-Cyr (1999-2002) il sait déjà dès cette époque qu’il ira vers la géographie militaire en raison de la passion pour la géomatique (contraction de géographie et d’informatique) qui l’anime depuis son enfance. A sa sortie d’école, bien classé, il choisit l’artillerie où il va suivre sa formation d’application. Au cours de cette année il suit optionnellement des modules de formation au renseignement, puis à la géographie militaire. Ensuite, affecté au 28e Groupe Géographique, il effectue une année de formation à l’Ecole nationale des sciences géographiques (ENSG). Il y apprend la science du globe, la géodésie, la topographie, la photogrammétrie. Cet enseignement, conjugué à sa formation militaire et scientifique de haut niveau, lui ouvre l’horizon sur de nouvelles applications possibles dans le domaine opérationnel. Son fort engagement personnel en Afghanistan lui a valu une lettre de félicitation du chef d’état-major des Armées.

[4] Le but principal de cette section est d’affiner les cartes thématiques.

[5] Tactical air control party, équipe de guidage aérien.


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