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Chapitre 2 - L’essor de la DCA (1917-1918)
 

Chapitre 2 - L’essor de la DCA (1917-1918)

Plan

1) Les Progrès effectués,

2) La réorganisation de 1918,

3) Bilans et rapport de forces,


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1)Les progrès effectués

11) Évolution de la menace aérienne

Au fil du temps, au cours des deux années précédentes, les forces aériennes des belligérants ont connus assez symétriquement une évolution profonde : progrès des machines, formidable accroissement quantitatif [1], nouvelle organisation et nouveaux rôles.

Après la défaite sur la Somme, en 1915, l’aéronautique allemande a été totalement réorganisée en soumettant à un commandement unique tous les moyens aériens, tant ceux du front et que ceux de l’intérieur, l’aérostation, le service météorologique et toutes les DCA.

Les quelques dirigeables adverses se sont vus confier des missions d’ordre stratégique permises par leur très grande autonomie, leur capacité à évoluer à « haute altitude » et de nuit les mettant quasi hors d’atteinte des avions de chasse et des tirs de la DCA.

En plusieurs occasions, les avions allemands ont été utilisés en masse pour l’attaque au sol ; c’est le cas le 21/2/1916, de Verdun qui est attaquée par douze escadrilles de huit avions (Feldliegerabteilung), quatre groupements de combat de trente-six appareils chacun (Kamfgeschwader), couverts par plusieurs dizaine d’avions de chasse.

De nouveaux appareils capables d’emporter plus de 600 kg de bombes sont mis en service à partir de 1917 (ce sont les Grossfluzeug ou Gothas, qui seront complétés en 1918 par d’autres bombardiers de la série "R", capables d’emporter jusqu’à 6 tonnes de bombes), permettant aux avions allemands de jouer un rôle stratégique. Leurs attaques vont viser essentiellement le Camp Retranché de Paris (CRP) et le site de Dunkerque où débarquent les renforts alliés, ces deux objectifs essentiels se trouvant à relativement faible portée des premières lignes de l’ennemies et des terrains d’aviation avancés dont il peut disposer.

En 1917, les Allemands détiennent la maîtrise de l’air, même si l’aéronautique française s’efforce elle aussi d’agir dans la profondeur adverse (bombardements de Karlsruhe, Essen et Munich) avec ses Farman F40, ses Caudron G4 et ses Michelin IV et V, et d’acquérir une supériorité locale temporaire. Par exemple, le 22 mai 1916, lors de la première attaque allemande contre le fort de Douaumont, 6 des 8 Drachen ennemis sont abattus par des Nieuport français tirant des fusées incendiaires (mises au point par Le Prieur).

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12) Institution de mesures de coordination

Au début de l’année 1917, il apparaît vraiment nécessaire de coordonner tous les moyens d’action des Armées (françaises et britanniques) ainsi que ceux de la Marine et de la Défense de l’intérieur, afin d’en obtenir le rendement maximum.

Un Conseil de défense aérienne du territoire est donc créé en juillet 1917. Dès sa première réunion, il apparaît que la coordination des moyens de défense aérienne ne peut se faire qu’à des niveaux de commandement extrêmement élevés.

C’est pourquoi c’est l’État Major Général qui en est chargé. Le général Foch, son chef, décide le 13 août 1917 d’un nouveau plan de défense aérienne qui va rester en vigueur jusqu’à la fin de la guerre et selon lequel :

« La défense comporte :

a) aux armées et à l’intérieur : la surveillance des mouvements de l’ennemi. b) aux armées : des lignes de barrages de tir assurées par l’artillerie antiaérienne et les lignes de barrages aériens existantes et la chasse des appareils ennemi, assurée par l’aviation de combat, l’attaque des terrains d’aviation ennemis, effectuée par l’aviation de bombardement dans le but de détruire les appareils ennemis. c) à l’intérieur : la protection immédiate des centres intéressants assurée par les postes de tir et les barrages aériens et la chasse des appareils ennemis, assurée par les escadrilles pour les centres qui en sont dotés. d) aux armées et à l’intérieur, en cas d’attaque de nuit : l’extinction des lumières. »

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13) Progrès des matériels

De 1917 à 1918, des progrès notables sont accomplis. Ils se concrétisent par une diversification des calibres et, pour ce qui concerne le matériel majeur qu’est le canon de 75 mm, par l’existence de différentes versions bien adaptées à leur emploi : autocanon, canon sur remorque, sur plate-forme, semi-fixe.

Deux canons de "105 long" sont mis en service : le premier, fabriqué par l’Atelier de Puteaux, est une réponse d’urgence qui consiste à installer sur une plate-forme de type Raguet le canon de 105 de campagne modèle 1913 [2]. Le second, réalisé par l’Atelier du Creusot, est un matériel nouveau baptisé "105 G.P. Creusot-Arnouville" qui est spécialement conçu pour le tir antiaérien.

Des dispositifs de conduite de tir sont mis en place.

De nombreuses unités de détection sont créées (unités de surveillance et de guet, ballons captifs d’observation) et le tir de nuit est rendu possible grâce aux unités de projecteurs.

L’usage des liaisons par TSF (télégraphie sans fil : appellation des liaisons radio à cette époque)est réglementé et l’affectation de postes de TSF aux sections d’autocanons est décidée en 1917.

En parallèle, les escadrilles d’avions de chasse sont multipliées.

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14) Le concours apporté à l’Anti Aircraft Artillery (AAA)

La qualité de la DCA française est reconnue puisque le premier stage de formation des officiers américains destinés à composer le noyau de la future défense contre-aéronefs du corps expéditionnaire US en France a lieu à Arnouville, en septembre 1917, sous la direction des capitaines Rollet et Gassiet.

En novembre, la première école de l’AAA est installée à Langres, la seconde au forte de Stains, près d’Arnouville l’est en juillet 1918. Les premières unités de DCA américaines sont envoyées "en stage" dans des unités françaises.

À compter d’août 1918, trente-cinq canons et leurs équipes de pièce français sont mis à la disposition de la 1ère Armée US où elles sont renforcées par du personnel américain qui peut ainsi compléter son instruction [3].

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15) Création des premiers régiments antiaériens de l’Artillerie

Le 1/10/1917, la décision est prise de créer les trois premiers régiments de DCA :

  • le 63°RA. Il réunit toutes les formations antiaériennes des armées (Armées du Nord, du Nord-Est et d’Orient). Il comprend dix Groupements comprenant chacun un certain nombre de secteurs. Son commandement est confié au Lieutenant-colonel Pagezy qui conserve aussi ses fonctions antérieures.
  • le 64°RA : Défense de Paris.
  • le 65°RA : il engerbe les formations de DCA de l’intérieur, affectées à la DAT (Défense Aérienne du Territoire) prioritairement au bénéfice des centres jugés vitaux.

Ces régiments ont un rôle essentiellement administratif et ne sont pas dotés d’un étendard.

Pour sa part, le 63°RA est en charge de la « direction technique » (i.e. Emploi du matériel, Méthodes de tir), de la gestion logistique, de l’administration des personnels des unités de DCA en service dans les Armées du Nord, de l’Est et d’Orient (qui étaient jusque là rattachées au 62°RA).


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II) La réorganisation de 1918

21) Introduction d’une dualité des responsabilités

Le sentiment de la nécessité d’une artillerie de DCA unifiée et cohérente progresse dans le Haut commandement. C’est ce qui provoque la création par l’Aide-Major Général en charge de l’Aéronautique, le 20/10/1917, au sein du GQG, d’un Bureau d’études de DCA chargé de la coordination des moyens. Sa direction est confiée au commandant Saconney, chef de l’Ecole d’Aérostation de Vadenay et Inspecteur des formations aérostatiques.

Concrètement, cette novation crée un doublon avec les prérogatives qui étaient attribuées à Pagezy et à travers lui, au Centre d’Arnouville.

Le Bureau d’études de DCA devient le 1/2/1918, le Bureau de DCA du GQG. Il institue des écoles et centres d’instruction, qui selon le cas, complètent ou concurrencent le Centre d’Arnouville, avec notamment le Centre d’instruction et d’Etudes de la DCA qui est installé au Fayel [4], le 8/2/1918, et qui est articulé en quatre écoles : d’artillerie, de mitrailleurs, d’éclairage et de moyens défensifs.

En novembre 1918, après être passé par Pont-sur-Seine, ce centre est transféré à Metz et y devient le Cours pratique de défense contre aéronefs.

Par ailleurs et sur proposition de la Direction de l’Artillerie, un Centre d’Organisation d’Artillerie Antiaérienne est constitué en juillet 1918 (et installé au sein du commandement de la III° Armée). Sa mission est de former les nouvelles unités, d’en instruire les personnels et de constituer une réserve de personnels instruits. La formation dispensée comprend un Cours élémentaire qui fonctionne à partir d’octobre 1918 à Avord, un Cours de perfectionnement instauré à Arnouvile et un cours d’automobile qui fonctionne au Centre d’Organisation d’Artillerie Antiaérienne de Giens.

Au fur et à mesure de l’accroissement du nombre de ses pièces, le 63° RA qui engerbe toutes les unités antiaériennes des différentes Armées françaises (sections d’autocanon de 75 et sections de 105 semi-fixes) est devenu trop important. Le Bureau de la DCA propose donc, en avril 1918, un plan de réorganisation des unités de DCA et de centralisation (lui permettant de "prendre la main") qui est approuvé par le Ministre, le 19/5/1918.

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22) Modifications des structures et des commandements

La DCA est instituée en Service (comme l’est déjà l’Aéronautique) le 3/6/1918 et son commandement est confié à un artilleur, le LCL Beaune, sous l’autorité directe du Général aide-major général, chef du Service de l’Aéronautique au GQG.

Dans chaque Armée, les unités de DCA dépendent de l’officier commandant la DCA de cette armée. Les unités des spécialités annexes (projecteurs, mitrailleuses, ballons) y sont commandées par un seul chef, adjoint au commandant de la DCA de l’Armée.

Sainte-Claire-Deville reste l’Inspecteur technique pour le matériel d’artillerie antiaérienne mais perd son autorité sur l’emploi tactique du matériel et sur l’application des méthodes de tir.

Pagezy perd le commandement du 63°RA mais est maintenu à la tête de la Commission d’études du tir contre objectifs antiaériens, qui ne fait plus partie des Armées [5].

Le 16/7/1918, une note du GQG fixe jusqu’à la fin de la guerre les détails de l’organisation de la DCA et précise les attributions du Service de la DCA.

  • 22a) DCA aux Armées

Le principe de la sectorisation territoriale fixe est abandonnée le 6/5/1918, au profit de secteurs d’étendue variable en fonction de la situation tactique.

Le 63° RA est scindé le 1er août 1918 en trois formations qui sont :
-  le 63°RA (unités aux Armées, matériels demi-fixes de 75 mm),
-  le 66°RA (unités aux Armées, matériels mobiles de 75 mm sur autocanon et (nouveaux) 75 sur remorque, qui sont progressivement articulés en Groupes puis en Batteries),
-  le 166°RA (unités aux Armées, nouveaux matériels semi-fixes de 105 mm long), rattaché administrativement au 66°RA.

A cette même date, toutes les unités de projecteurs sont rassemblées dans un nouveau régiment : le 67°RA dont le dépôt est rattaché administrativement au 36°RA de Chartres, tandis que l’artillerie de défense contre les aéronefs s’enrichit du 501°RIT (régiment d’infanterie territoriale) qui regroupe les compagnies de mitrailleuses de 13,2 mm et du 2ème Groupe d’aérostation.

  • 22b) DCA de l’intérieur

Le plan de DAT du 13/7/1917 et l’Instruction du 2/10/1917 qui avaient fixé les bases de la DCA de l’intérieur restent inchangées.

Le 14/2/1918, est créé un « Commandement supérieur chargé de la DCA de l’intérieur », qui commande également la DCA du Camp Retranché de Paris (CRP). Cet organisme a compétence dans la constitution des unités, la répartition des forces, l’organisation du Service du Guet, l’emploi et les méthodes d’action des moyens subordonnés (aviation, artillerie, projecteurs,...). Il a autorité sur les chefs de corps du 64° RA (CRP) et du 65°RA (qui coiffe toutes les formations affectées à la Défense intérieure du territoire).

Son chef est le général Renaud, un aviateur de la première heure qui a aussi commandé une Division d’infanterie aux Eparges (au sud de Verdun).


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III) Bilans et rapport de forces

31- Appréciation des résultats des différentes DCA

À la fin de la guerre, on dénombre dans les aviations de guerre des belligérants de l’ordre de :
-  4.500 avions français,
-  3.500 avions britanniques,
-  2.500 avions allemands.

Le nombre (homologué) des avions qui ont été abattus est le suivant.

  • Par la DCA française :

. 1914-1915 : 2 avions allemands,

. 1916 : 82 avions allemands et 2 Zeppelins, soit 1 aéronef abattu pour 11.000 coups tirés,

. 1917 : 128 avions allemands détruits,

. 1918 : 218 avions allemands, soit 1 avion abattu pour 7.000 coups tirés.

  • DCA des Alliés :

La DCA britannique indique avoir abattu pour sa part, en France, 341 aéronefs sur un total de 354. La DCA américaine en annonce 58 et la DCA italienne 129, soit un total pour les Alliés supérieur à 970 avions allemands détruits par les DCA.

  • DCA allemande :

De son côté, l’Allemagne revendique 1.588 avions alliés abattus par la Flak et 2 dirigeables, l’aviation allemande en ayant descendu pour sa part 6.554.

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32-La DCA française à la fin de la guerre

La « DCA » française possède alors :
-   798 canons de 75 mm (591 sur plates-formes, 160 autocanons, 47 sur remorque),
-   160 canons de 105 mm Long,
-   15 canons de 47 mm,
-   419 projecteurs,
-   622 ballons captifs de protection,
-   470 mitrailleuses.

À la signature de l’armistice, on dénombre dans les huit régiments précitées :
-  1.073 officiers,
-  47.238 sous-officiers et hommes du rang.

Depuis le mois d’août 1918, le Service de camouflage a été rattaché à la DCA ; il comprend 33 officiers et 1.610 hommes de troupes.

Quoique importants en soi, ces chiffres ne doivent pas faire illusion car, malgré les efforts de centralisation et d’organisation dont elle a bénéficié, l’artillerie antiaérienne (ce terme n’est pas encore utilisé à cette époque) n’est ni une monostructure organisationnelle ni une entité opérationnelle.

En effet :

-  Il n‘existe pas de Grande Unité de DCA ; à l’exception du Camp retranché de Paris, il n’existe aucun commandement de DCA de haut niveau,
-   Les régiments antiaériens créés ne sont que des cadres administratifs,
-   Les formations antiaériennes sont des petites unités, du niveau inférieur ou égal à la batterie, qui opèrent géographiquement dispersées,
-   Le personnel de la DCA (à tous les grades) est essentiellement constitué de réservistes, souvent inaptes à d’autres emplois,
-   Il y a peu de "professionnels" de la DCA et ceux qui s’y sont intéressés de très près jusqu’à ce jour (Sainte-Claire Deville, Pagezy, Le Prieur, etc.) ont porté l’essentiel de leur attention à l’armement et aux méthodes de tir,
-   La lutte contre les aéronefs fait appel à des techniques jugées ésotériques et à des équipements compliqués, peu attrayants pour le commun des mortels et qui ne sont enseignés « qu’en interne »,
-   Les quelques centres d’instruction de DCA (et principalement la « maison-mère » d’Arnouville) ont été principalement dédiés à la constitution et la formation des équipes de pièces, au développement et à la mise en œuvre des divers équipements,
-   Les progrès très importants réalisés dans le domaine antiaérien pendant la guerre sont relégués au second plan par l’apparition du char et de développement de l’aviation,
-   Le rapport coût-efficacité élémentaire (nombre d’avions abattus / nombre de coûts tirés), facile à établir, est au premier abord assez peu favorable à la DCA,
-   La DCA aux Armées et la DCA de l’intérieur sont subordonnées à des hiérarchies différentes,
-   Les affaires de DCA relèvent de multiples Directions : l’Artillerie (armement, personnel), le Génie (camouflage, appareils d’écoute), l’Aéronautique (coopération dans la 3ème dimension, aérostation de protection), Infanterie (compagnies de mitrailleuses)...
-   La DCA ne profite d’aucun effet de lobbying militaro-industriel.

Il n’en reste pas moins vrai que les petites unités de DCA ont payé un lourd tribut à la Victoire.

Aux Armées, souvent placées à l’avant des dispositifs terrestres lors de la préparation des attaques d’envergure, elles ont été la cible de choix des avions ennemis, soumises dès qu’elles étaient repérées aux tirs d’artillerie adverses effectués par obus explosifs ou toxiques.

À l’Intérieur, confinés dans un rôle obscur et sans gloire, les ex-blessés du champ de bataille versés à la DCA ont fait prreuve d’un dévouement constant, avec un stoïcisme et un esprit de discipline sans faille.

D’autres unités ont sans doute montré davantage d’héroïsme et obtenus des résultats plus éclatants, mais quelle autre Arme que l’Artillerie pourrait se targuer d’avoir autant innové, instruit, perfectionné et organisé, au cours des quatre années de guerre ?

Il convient surtout d’observer que, même si les différentes défenses contre aéronef ont joué un rôle important et apprécié, il apparait désormais dans les opinions publiques que le pire ennemi de l’avion est son semblable.

Chacun s’accorde à reconnaître que l’aviation est devenue l’un des acteurs clés du champ de bataille. Toutefois, les performances des aéronefs (rayon d’action limité, capacité d’emport encore assez faible) sont encore loin de présager de leur importance stratégique future [6].

Dans ce contexte, la DCA française ne peut pas rester indéfiniment comme elle l’était fin 1918 et des mesures de réorganisation profonde vont devoir lui être appliquées.


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[1] Le 11 décembre 1918, l’aviation allemande possèdera, au front, 310 escadrilles regroupant 6.000 appareils. Assuré par le général Von Hoeppner, nommé le 8/10/1916 « Kommander general der Luftwehr". Il a également une compétence de direction et de contrôle sur les constructions aéronautiques et sur la production industrielle.

[2] Caractéristiques du canon de 105mm sur affût Raguet : affût du type plate-forme, plafond : 7.800 m, portée : 13 km. Caractéristiques du canon 105mm G.P. Creuset- Arnouville : affût sur remorque, vitesse initiale : 700 m/s, plafond : 9.800 m, portée : 16 km

[3] À l’automne 1918, 7 officiers et 2.400 français appartenant aux 63° et 166°RA sont répartis dans les différentes armées US en France, tandis que les unités de DCA américaines sont fortes de deux bataillons à cinq batteries de canons plus trois batteries autonomes, deux bataillons à quatre compagnies de mitrailleuses et deux compagnies de projecteurs.

[4] Au Fayel, à la fin de 1917, étaient déjà menées des expériences de défense passive, notamment en matière de camouflage. On y trouvait la 39ème compagnie d’aérostiers et la 61ème section de ballons de protection. Le 27/3/1918, sous la menace de l’offensive allemande, ce centre s’installe à Pont-sur-Seine. On lui adjoint, en juin 1918, une escadrille de six avions.

[5] Une fois les hostilités terminées, investi de divers commandements, Pagezy est nommé général de brigade en 1928, divisionnaire en 1931 et il occupe différents postes interarmes ; il n’en continue pas moins d’approfondir ses théories sur le tir antiaérien, poursuit ses travaux sur l’amélioration des matériels et les publie dans plusieurs mémoires.

[6] Il faudra attendre le début des années 30 pour que les théories prémonitoires du général italien Giulio DOUHET soient reconnues. Son traité intitulé "Il dominio dell’aria" (La maitrise de l’Air) paraîtra en 1921 et sera revu en 1927 (il sera traduit partiellement en français en 1932 sous le titre La Guerre de l’Air). Ses théories insistent sur la supériorité de l’aviation et sur la possibilité de remporter la victoire en bombardant les centres vitaux du territoire ennemi, en menant une guerre totale, y compris contre la population.


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