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1942-1943 - L’artillerie dans la Campagne de Tunisie (novembre 1942-mai 1943)
 

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Voir le Bulletin Historique N° 22 : L’artillerie dans la Campagne de la Tunisie, 1942-1943.

Avec le débarquement des Alliés en Afrique du Nord, l’armée française de l’armistice stationnée en AFN reprend la lutte à leurs côtés le 8 novembre 1942, contre les forces allemandes et italiennes débarquées le lendemain en Tunisie. C’est le début de la Campagne de Tunisie.

L’artillerie y prend sa part avec des moyens maintenant dépassés. Néanmoins le sens de l’improvisation des artilleurs permet de rencontrer quelques succès. Pourtant c’est dans cette Campagne que le 75 termine sa carrière dans une victoire : le cheval d’artillerie aussi.

L’artillerie française d’Afrique du Nord comprend :

  • les sept régiments d’Artillerie d’Afrique, du numéro 62 à 68 R.A.A ;
  • des deux régiments d’artillerie coloniale du Maroc et du Levant (R.A.C.M. et R.A.C.L.) ;
  • trois groupements antiaériens (410, 411 et 412 G.A.A.) ;
  • des batteries antichars sont constituées avec des réservistes et du matériel sorti de cachettes.

La plupart des batteries sont équipées de canons de 75 modèle 1897 ; la moitié est hippomobile. Les autres pièces bénéficient de tracteurs de types divers.

Au total seront engagées en Tunisie :

  • une douzaine de groupes de 75,
  • deux groupes de montagne (à deux batteries de 65 et de 75 à dos de mulet) ;
  • quelques batteries de 105 et 155 C,
  • une batterie de 155 G.P.F..

Pour communiquer on utilise toujours le téléphone à fil. Les munitions foisonnent dans des dépôts clandestins.

Pour lutter contre les avions, on dispose de 8 batteries ou sections autonomes de mitrailleuses doubles ou quadruples de 13,2 de 20 Oerlikon ou de canons de 25. S’y ajoutent trois sections de 25 de l’armée de l’air et une batterie de 90 armée par la marine.

Pour la lutte antichar s’ajoutent aux canons de 25 seuls autorisés par l’armistice, une cinquantaine de canons de 47 cachés sur la ligne fortifiée de Mareth dans le Sud tunisien. Par un ingénieur astucieux de la Marine, des tubes de 37mm à grande vitesse initiale sont transformés en canon antichars à flèche ouvrante. Lorsque les munitions rares de 47mm seront épuisées, il ne restera plus que le canon de 75 modèle 1897. Mais les artilleurs sauront encore une fois improviser en montant des "sacs à feux" contre les blindés qui combinent le tir direct à 800m en écharpe sur les itinéraires au tir plongeant de ceux de l’arrière.

La contre batterie est aussi l’objet d’une improvisation payante en observant les départs et arrivées de coup, puis en poussant en avant des sections ou batteries nomades.

Mais l’appui direct de l’infanterie reste la mission primordiale où elle excelle particulièrement. Au fur et à mesure des combats les groupes sont renforcés de batteries et de matériels alliés. Par exemple pour l’offensive finale,l’artillerie de la division de marche du Maroc comprendra :

  • neuf groupes de 75 et de 65,
  • cinq batteries de 105 et 155 C,
  • deux régiments de 8 pouces britanniques et une batterie de 155 G.P.F..

L’ensemble se répartira en deux groupements d’appui direct et un groupement d’appui d’ensemble.

L’artillerie d’Afrique du Nord est alors rejointe par l’artillerie du général Leclerc, aux ordres du chef d’escadron Crépin, et comprenant une batterie de 25 livres, une batterie de 75 de montagne et deux de 75 modèle 1897.

Puis c’est le tour de l’artillerie de l’artillerie de la 1ère D.F.L. : le 1er Régiment d’Artillerie qui, bien que décimé au deux tiers de ses pièces de 75 à Bir-Hakeim, est reconstitué avec 4 batteries de 25 livres et une batterie de 5,5 pouces.

Après cette la victoire de cette campagne, l’artillerie française va être équipée par les américains.


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