Historiques des unités > Historiques des unités d’artillerie (régiments, groupements, groupes) : Sol-Sol >
020-Historique du 20ème Régiment d’artillerie
 
(JPG)



Le régiment apparaît pour la première fois sous le numéro 20 en 1860, sous le Second Empire, avec l’appellation « 20ème Régiment d’artillerie à cheval ».

Les origines

Comme beaucoup d’autres régiments d’artillerie, le 20ème RA est issu du Corps royal de l’artillerie et du génie créé par Louis XIV en 1693. Voici la filiation du 20ème RA :

  • Corps royal de l’artillerie et du génie (Louis XIV - 1693)
  • Brigade de Cosne (1763)
  • Régiment d’artillerie de Toul (Louis XV - 1765)
  • 7ème Régiment d’artillerie à pied (1791)
  • Régiment de Toulouse (1816)
  • 7ème Régiment d’artillerie (1820)
  • 16ème Régiment d’artillerie à cheval (1854)
  • 20ème Régiment d’artillerie à cheval (1860).

Il est élément formateur des 31ème et 33ème RA en 1873, du 39ème RA en 1907 et du 220ème RA en 1914.

Second Empire

Le 20ème Régiment d’artillerie à cheval est crée à Valence en 1860. Il est alors composé d’un état-major et de 12 batteries de 6 pièces. Héritier du 16ème Régiment d’artillerie à cheval (qui a participé aux campagnes de Crimée et d’Italie) il pourra inscrire sur son étendard les noms de bataille de Sébastopol 1856et de Solferino 1859. En 1868 il est en garnison à Strasbourg où ses batteries constituent la réserve d’artillerie du corps d’armée du Rhin. Elles prennent part aux combats de 1870 en Alsace à Reichshoffen, en Lorraine (siège de Bitche puis à Gravelotte) et avec l’armée de la Loire jusqu’à la défaite. Le régiment termine la guerre à Lyon où il est reconstitué le 16 avril 1871.

Troisième République

Lors de la réorganisation de l’Armée en 1872, il est complété avec des batteries des 7ème, 8ème et 10ème RA : il s’installe à Rennes et devient 20ème Régiment d’artillerie de campagne (RAC). L’année suivante, en 1873, il est transféré à Poitiers où il assure, entre autres, les tirs pour le Cours pratique de tir de l’artillerie.

Il envoie un détachement à Madagascar en 1895 - 1896. Il est ensuite équipé de canons de 75 mm modèle 1897 qu’il est chargé d’expérimenter. Il participe à la guerre des Boxers et est en Chine, du 16 juillet 1900 au 29 septembre 1901, avec 3 batteries qui participent aux combats de Che Maen et de Tze Ouen.

Première guerre mondiale Voir son historique ainsi que celui du 220ème RAC pendant la Guerre 1914-1918, édité par la librairie Chapelot - Paris, en cliquant ici.

Il entre en campagne en 1914 avec 4 groupes : 3 groupes de canons de 75 modèle 97 (chaque groupe étant composé de 3 batteries à 4 pièces) constituent l’artillerie divisionnaire de la 17ème Division d’infanterie (9ème Corps d’armée) et 1 groupe d’obusiers de 155 mm qui est l’artillerie organique de la 59ème Division d’infanterie (en réserve du 9ème Corps d’armée).

Le 23 août 1914, il est engagé dans la bataille des Ardennes puis se replie sur la Marne (marais de Saint-Gond) et participe à la couverture de la retraite puis à la victoire de la Marne. Il est ensuite engagé dans la défense d’Ypres (automne 1914) puis participe aux combats de Verdun en 1916 (défense de la cote 304 en particulier). D’avril 1917 à mars 1918 il est engagé sur le plateau de Craonne et à Hurtebise.

La brillante conduite du régiment pendant cette guerre et les sacrifices endurés lui valent l’attribution de trois citations à l’ordre de l’Armée. L’étendard est décoré de la Croix de guerre 1914 - 1918 avec deux palmes et ces noms de batailles sont inscrits dans ses plis : Verdun 1916, L’Aisne 1918, La Serre 1918.

1918 - 1939

Composé du 1er et du 2ème Groupe du 20ème RA, du 3ème Groupe et du Parc du 220ème RA il devient, le 1er janvier 1919, Régiment de marche n° 20/220 et est stationné à Sarrelouis. Complété par le 6ème Groupe du 109ème Régiment d’artillerie lourde (RAL), il regagne Poitiers le 1er août 1919 et redevient 20ème Régiment d’artillerie de campagne (RAC). Le 1er janvier 1924 il prend l’appellation de 20ème Régiment d’artillerie divisionnaire (RAD). Il disparaît le 5 mai 1929 pour être transformé en 109ème Régiment d’artillerie lourde hippomobile (RALH).

En 1936 le 109ème RALH prend l’appellation de 20ème Régiment d’artillerie nord - africaine (RANA).

Seconde guerre mondiale

Le 1er septembre 1939, le 20ème RANA se dédouble en 20ème et 220ème RA.

Régiment d’artillerie de la 3ème Division nord - africaine, le 20ème RA rejoint Mouzon dans les Ardennes le 16 octobre 1939. Il participe à la campagne de 1940 dans la Meuse et l’Argonne puis en Woëvre et couvre le repli de sa Division en direction des Vosges. Sa batterie anti-chars se distingue à Charmont dans la Marne le 13 juin, en détruisant de nombreux blindés allemands au prix du sacrifice de 42 artilleurs (la batterie est citée à l’ordre de l’Armée). Le chef de corps est fait prisonnier près de Contrexéville le 21 juin et le régiment cesse le combat le 23 juin et disparaît dans la région de Vittel.

Le 15 décembre 1944 il est reconstitué, à partir des maquis du Poitou et d’éléments de la Brigade Charles Martel, sous l’appellation « Artillerie des Forces Françaises de Loire-Inférieure et 20ème RA ». Équipé de matériels divers d’origine française, allemande et américaine il est engagé dans la poche de Saint-Nazaire et participe à la libération de Royan, de la Pointe de Grave et de La Rochelle.

Après la Libération

Complété par le 11ème RA il devient 20ème Régiment d’artillerie aéroportée (RAA) le 15 octobre 1945 et est en garnison à Tarbes puis à Bordeaux. En 1946 il est en garnison en Algérie, à Alger puis à Sétif et à Bône. Il est « détriplé » en 5ème, 6ème Régiments d’artillerie légère parachutiste (RALP) et 20ème Régiment d’artillerie parachutiste (RAP) le 1er juin 1946 en garnison à Djidjelli.

Quatrième République

Le 4 novembre 1948 il devient le 20ème Groupe d’artillerie parachutiste (GAP) et s’installe à Philippeville. Il est dissous le 31 mars 1949 pour former le Groupe de marche du 35ème RAP qui est envoyé à Saïgon en octobre 1953 et prend part à la fin de la campagne d’Indochine.

Le 20ème GAP est reconstitué à partir du Groupe de marche du 35ème RAP le 1er septembre 1955 à Philippeville. Il constitue l’artillerie organique du Groupement parachutiste d’intervention (qui devient la 10ème Division parachutiste en juillet 1956) et participe au maintien de l’ordre en Algérie.

Entre novembre 1956 et janvier 1957, le 20ème GAP participe à l’opération de Suez mais reste en attente à Chypre. Au retour de Chypre le 20ème GAP s’installe à Ouid El Alleug en Algérie et participe à nouveau au maintien de l’ordre et, en particulier, à la « Bataille d’Alger ».

Cinquième République

Le 1er mai 1961 il devient 20ème Régiment d’artillerie parachutiste (RAP) constitué de 2 Groupes (I / 20ème RA à Zéralda et II / 20ème RA à Bini Badher.

Le 1er Groupe est dissous le 31 décembre 1961. Le cessez le feu intervient le 19 mars 1962 et le 2ème Groupe embarque pour la métropole et est dissous le 15 août 1962 au camp de Sissonne.

Le 1er mars 1963 le régiment, qui n’est plus aéroporté, est recréé à Limoges à partir d’éléments du 2ème Groupe du 4ème Régiment d’artillerie et reprend l’appellation de 20ème Régiment d’artillerie (RA). Le 1er octobre 1964 il devient régiment de réserve générale des Forces de manœuvre, rattaché à l’artillerie de la 8ème Division d’infanterie. Il est composé d’une batterie hors rang et de deux groupes : le 1er Groupe comprend 2 batteries opérationnelles (à 4 obusiers de 155mm biflèches modèles 1950), le 2ème Groupe comprend 1 batterie en mobilisation et 1 batterie d’instruction.

A la création de la 15ème Division d’infanterie (DI) en 1976, le 20ème RA en devient le régiment d’artillerie organique. Le 1er juillet 1977 le 20ème RA quitte Limoges et revient dans sa garnison de tradition à Poitiers. En 1978 le régiment est réorganisé et comprend 4 batteries de tir, une batterie de commandement et une batterie d’instruction.

En 1984,1985, 1992 et 1993 le régiment, dans le cadre des missions extérieures confiées à la 15ème DI, participe à la mise sur pied de détachements envoyés au Liban. En 1993 et 1994 il participera à 3 mandats du Bataillon d’infanterie de Bihac en Bosnie - Herzégovine.

Le 21 mai 1994 le régiment se voit conférer les traditions des RANA et reçoit (comme le 40ème RA et le 54ème RA) les épaulettes de tradition nord -africaine.

A l’été 1994 la 15ème DI est dissoute et le 20ème RA est rattaché à la 10ème Division blindée (DB) dont l’autre régiment d’artillerie est le 8ème RA.

Suite aux mesures de réorganisation prises à l’automne 1995, le 20ème Régiment d’artillerie est dissous le 31 juillet 1996.

En septembre 1996 la garde de l’étendard du 20ème RA est confiée à la Section Technique de l’Armée de Terre (STAT) implantée à Versailles - Satory.

Pour voir la liste des chefs de corps du 20è RA, cliquez ici.

Vous ne manquerez pas d’aller visiter le site de l’ Amicale des anciens des 20° RA, 33° RA & Artilleurs Poitevins en cliquant ici

Souvenir patriotique

____________

Base documentaire des Artilleurs