Matériels d’artillerie > 10- Des matériels reconstitués et ceux à identifier >
Photo du 401 d’avant guerre à analyser
 

Message envoyé par Gaston Dessornes :

(JPG)

Je vous propose cette photo du 401 d’avant guerre (en tous cas c’est la seule indication que j’ai et elle est douteuse).

Ma question : que fait cette section avec au moins un MDL et un ou deux brigadiers ?

Et je ne reconnais aucun des instruments qu’on voit ?

Bien cordialement.

Gd

PS : seraient-ce des appareils à mesurer ou étalonner la vitesse des obus ?

Vos analyses, transmises au webmestre de ce site (jpbariller@orange.fr), seront jointes à cet article (avec votre accord)...

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NDR : Comme promis, le relevé des réponses d’hommes passionnés par l’artillerie qu’il convient de remercier pour leur contribution spontanée.(JP Bariller)

Une approche datée, apportée par un « sol-air » : Henri Dratch, avec l’aide d’un ami passionné d’histoire militaire...

"La tenue bleue horizon a été massivement portée dans l’armée française à partir de 1915. Fin 1921 il est décidé de la remplacer par une tenue de couleur kaki "américain". Il est simultanément entendu que la tenue bleue horizon continuera d’être portée jusqu’à épuisement des stocks. Pendant la « drôle de guerre » quelques unités de l’arrière termineront les restes.
-  L’équipement commençant déjà par les unités de catégories A, cela m’amène à penser que cette photo a été prise entre 1915 et le milieu des années 20 ; j’opterai pour les années 1925
-  La propreté des hommes et des tenues me fait dire qu’il s’agit d’un exercice régimentaire.
-  Au centre de la photo, près du sol un assemblage de cartes retenues par des poids divers. Juste derrière, monté sur un chevalet, un caisson documentation (cartes, tables de tir etc.)
-  Sur la droite de la photo, ce qui semblerait être une antenne de réception.
"

La capitulation d’un « sol-sol », Claude Hirtz :

« Je sèche. Il y a effectivement un truc qui ressemble à du Dynamit Nobel...mais d’habitude ce sport est réservé aux artilleurs sol-sol. La planchette fait également penser à un lot topo ou lot de graphiquage. .Les sol air ont dû aussi, pour leurs calculs, utiliser des planchettes et abaques ( ??). Je donne ma langue au chat. »

Les excuses d’un « munitionnaire », reconnu de grand talent, Thierry Simon :

« Je suis au regret de vous faire connaître que je ne connais pas du tout ce type de matériel et j’en suis bien désolé. Mes compétences dans le domaine de l’identification ne sont pas, malheureusement et je le regrette, universelles. »

Les doutes d’un autre « sol-sol », Jean-Paul Pailhès, qui se dit encore trop jeune... :

« Il va falloir trouver de "très grands anciens", car à voir l’allure des appareils et l’uniforme des "loulous" on doit se situer entre 1930 et 1940. « Personnellement je pense à des moyens de transmissions (triangulation) ou des moyens de détection d’avion (par l’écoute de ses émissions radio par exemple). Mais si la photo a bien été prise au 401° RDCA, il peut s’agir aussi d’expérimentation, les anciens de la DCA ayant été toujours très imaginatifs pour faire progresser sans cesse leur spécialité, et dans ce cas, ça va pas être facile de trouver une réponse. »

Les aveux d’un « sol-air », Jean-Marie Parahy, aussi toujours très jeune :

« J’avoue n’avoir jamais vu ces appareils lorsque je suis rentré dans la carrière en 63 même dans ce qui était une sorte de musée. J’ai bien vu les canons de 90 et le système de tir de la guerre mais rien de ceux qui sont montrés dans cette photo... »

Un message porteur d’espoir, d’un autre « sol-air », Jean-Paul Boilletot, certainement le plus jeune :

« Je ne peux malheureusement pas vous aider d’autant qu’aucun de ces appareils n’étaient exposés dans la salle d’honneur du 401 entre 1994 et 1996.

J’espère qu’un de nos grands anciens nous éclairera. »

Enfin les deux derniers messages qui sauvent l’honneur des « sol-air », de Charles Monnet, qui ne sait pas au départ, mais qui cherche et trouve :

« Je crois avoir trouvé dans le manuel du gradé de DCA de 1936 la fonction du boitier sur trépied : il s’agit d’un correcteur mécanique modèle 1917. Ce matériel était en dotation avec le canon de 75 sur véhicule (peut-être aussi avec une autre pièce, je n’ai pas encore tout lu). Je peux faire si tu veux une fiche de présentation simplifiée. »

« L’appareil en arrière-plan est un tachyscope d’altitude que l’on trouve toujours dans le manuel du gradé de DCA. »

(JPG)

Nous attendons avec impatience la fiche promise par Charles Monnet qui apportera une réponse définitive à la quête de Georges Dessornes.

Conclusion de Georges Dessornes en deux messages

1er message

Bravo à Charles Monnet !

Le manuel du gradé de DCA édition 1928, développe mathématiquement les notions de tachymétrie et parle de tachyscope sans aucun schéma ou dessin. Mais déjà on faisait dans l’économie ! Le manuel n’a en effet que 220 pages finement imprimées (ou ma vue baisse...).

Puis je viens de revoir (pas de lire...) les 1789 pages du Manuel du Gradé de DCA, édition 1940 et le tachyscope n’y est pas présenté.

Sauf erreur, la bête aurait donc été abandonnée entre les "règlements" 1936 et 1940 ?

Ceci est probable puisque dès les premiers PC de tir, le système Brocq (1914) de la CdC est utilisé seul puis intégré comme dans le PC-32 : les manivelles site et gisement étaient aussi liées à des "magnétos" où le voltage /courant est fonction de la vitesse de rotation des dites manivelles et donc de la vitesse relative de l’objectif, etc.

2ème message

PS : Mon petit raisonnement à propos de l’absence de ces matériels dans le Manuel 1940, de leur simple mention sur le Manuel de 1928 et de leur apparition dans le Manuel 1935 de Charles Monnet me semble donner de l’eau au moulin d’ Henri Dratch pour une photo des années 1925-30 !


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