L’organisation de l’Artillerie > 1- Des débuts à la fin du XIXè siècle > L’artillerie de la République du 4 septembre 1870 > L’artillerie de l’Armée des Vosges, dite « armée Garibaldi » >
4 - La bataille de Dijon (21 au 23 janvier 1871).
 

La bataille de Dijon (21 au 23 janvier 1871)

Après la défaite de Loigny et la réoccupation d’Orléans par les Allemands le 4 décembre, l’armée de la Loire est séparée en deux parties. Gambetta décide alors de réorganiser ses troupes en deux armées : une seconde armée de la Loire et une autre dénommée « armée de l’Est ». Le gouvernement réussit à rassembler prés de 140 000 hommes pour l’armée de l’Est commandée par le général Bourbaki. Elle prend la direction de la Franche-Comté. Le général Bourbaki tente une ambitieuse opération pour libérer Paris en prenant à revers les troupes ennemies, à travers un vaste mouvement stratégique de Bourges à l’Alsace en passant par Belfort.

Le général von Moltke, conscient du danger que représente l’armée de l’Est, fait évacuer Dijon le 27 décembre pour organiser une ligne de défense à l’ouest de Belfort. Il crée une armée du Sud confiée au général Edwin von Manteuffel pour contrer l’armée du général Bourbaki.

Le 7 janvier 1871, Garibaldi s’installe à Dijon. L’artillerie de l’armée des Vosges comprend alors 6 batteries pour soutenir les 4 brigades d’infanterie groupant environ 20 000 hommes. L’armée des Vosges a pour mission de coopérer avec l’armée de l’Est. Pour l’instant, elle occupe Dijon, en cours de fortification, et protège par ses éclaireurs la gauche de l’armée de l’Est entre Dijon et Dray. Elle doit aussi conserver les voies ferrées, indispensables au ravitaillement des troupes françaises.

Elle reçoit en renfort début janvier la 27° batterie (4 de campagne) du 2° régiment. Au 6 janvier, l’armée des Vosges comprend 7 batteries :

  • 1° batterie (4 de montagne) du 6° régiment ;
  • 2° batterie (4 de campagne) de la garde nationale mobile de la Charente Inférieure (affectée à la 4° brigade) ;
  • 3° batterie (4 de campagne) de la garde nationale mobile de la Charente-inférieure ;
  • 25° batterie (12 de campagne) du 2° régiment ;
  • 1° batterie (4 de montagne) du 12° régiment ;
  • 1° batterie (4 de montagne) du 9° régiment ;
  • 27° batterie (4 de campagne) du 2° régiment.

Courant janvier, l’artillerie est encore renforcée avec :

  • 1° batterie (12 de position) de la garde nationale mobile des bouches du Rhône (capitaine Peiffer) : mise à disposition le 18 janvier 1871.
  • 2° batterie (12 de position) de la garde nationale mobile des bouches du Rhône (capitaine Gruet) : mise à disposition le 18 janvier 1871.
  • 2° batterie montée (de 12) des volontaires de Maine et Loire : capitaine Gérard (lieutenant Morin, lieutenant Bichon et adjudant Joncheray).
  • Batterie de petites mitrailleuses (modèle Gabert) : capitaine Pasanisi (4° brigade) au 16 au 24 janvier 1871 puis 1° brigade.

Pour contrer l’armée de Bourbaki, les Allemands décident d’attaquer ses arrières en progressant vers la Suisse. Pour éviter d’être pris à revers par l’armée des Vosges, des troupes sont détachées pour marcher sur Dijon et bloquer les troupes de Garibaldi.

Le général Bourbaki remporte une victoire en prenant Villersexel le 9 janvier. Mais enlisée dans cette ville suite à des problèmes d’organisation et de ravitaillement, l’armée de l’Est est incapable de poursuivre rapidement son adversaire. Elle échoue devant Montbéliard le 14. Le 18 janvier, aucune percée décisive n’ayant été réalisée, le général Bourbaki décide de suspendre les combats et d’opérer la retraite de ses troupes en direction du sud, vers Besançon. La libération de Belfort est abandonnée. Entre-temps, les Allemands progressent aussi vers Besançon et l’armée de l’Est est contrainte de dévier sa marche en direction de Pontarlier.

L’armée des Vosges a engagée les 2° et 4° brigades en soutien. La 2° brigade ne peut rejoindre Dijon et doit se réfugier à Langres le 17 janvier. La 4° brigade revient à Dijon le 16 janvier. Elle est alors renforcée avec la compagnie de petites mitrailleuses (capitaine Pasanisi).

La Bourgogne est de nouveau envahie et Garibaldi se prépare à défendre Dijon. Par manque d’artillerie de position, les batteries de campagne sont utilisées comme batteries de position. Le 18 janvier, 12 canons de position, sur les 24 demandés, arrivent à Dijon, soit les 1° et 2° batteries de la garde nationale mobile des bouches du Rhône, comprenant des marins comme canonniers. Les pièces sont installées sur les positions de Corcelles et le plateau de Bel-air, couvrant l’ouest de Dijon. Ce renfort permet à l’artillerie de campagne d’occuper les positions avancées de Talant et de Fontaine.

Des travaux de fortification sont entrepris à Talant, Fontaine, Montmuzard et Saint Apollinaire, positions clefs couvrant Dijon. Ces travaux concernent principalement des épaulements pour l’artillerie. Au 21, de nombreuses positions d’artillerie sont opérationnelles.

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