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Rectifier le tir
 

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Essai de Jean-Pierre Bariller

Dès l’origine de l’utilisation d’armes de jet, la précision du tir est soumise à beaucoup d’aléas :

  • d’abord la visée qui est liée à l’acuité visuelle de chacun,dont on sait qu’elle est très variée selon les individus ;
  • ensuite le lancement dont la force et la direction conditionne le succès ; la force (musculaire, mécanique) dépend de la régularité des moyens utilisés. Quand il s’agit du muscle rappelez-vous de votre expérience sportive du lancer du poids où plusieurs essais sont nécessaires pour atteindre son meilleur score. Pour la force mécanique, rappelez vous des déboires des archers quand les cordes avaient prises l’humidité, de votre fusil à fléchettes quand le ressort commençait à fatiguer... La direction du tir est la combinaison de tous les vecteurs inhérents à l’assise du lanceur et au mode de propulsion ; si l’on reprend l’exemple du lanceur du poids ou du marteau on voit bien que beaucoup de paramètres interviennent dans la précision de la direction de lancer...
  • puis la trajectoire dont la régularité va dépendre des conditions météorologiques du moment (vent, pluie, température, densité de l’air) ainsi que du comportement de la munition sur la trajectoire (capacité de pénétration, stabilité etc ;).

Pour boucler le tout, donnez du mouvement à la cible et alors vous comprenez que le tir est une véritable loterie...

L’artillerie procède de ce genre de loterie, surtout à ses débuts, puis avec les évolutions technologiques des solutions sont trouvées, paramètre par paramètre.

L’artillerie d’aujourd’hui tend à autoriser le tir d’emblée (sans réglage), mais reste soumise aux lois naturelles de la dispersion. Celles-ci sont maintenant bien appréhendées grâce aux avancées dans le domaine mathématique des statistiques. Par ailleurs, la robotisation des tâches enlève bien des incertitudes liées à la seule présence humaine. Avant son apparition, ce sont les modes opératoires qui ont permis de limiter les erreurs de manipulation et les imperfections du matériel.

Puis l’automatisation des tâches gagne du terrain L’usage de l’informatique réduit les erreurs et les temps de calcul et de mise en œuvre.

Les poudres utilisées ont des performances prévisibles, l’usinage des pièces est très précis,les munition sont très aérodynamiques... Ce qui enlève bien des sources perturbantes.

Pourtant une panne est toujours possible, alors l’intervention humaine reste nécessaire pour sortir de l’impasse.

"Il n’y a que la main de l’homme pour rectifier le tir" dit-on !


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