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L’artillerie à la fin de la Grande Guerre
 

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Extrait du Petit Journal de l’exposition "1918 : Vers la Victoire" du 19 mai au 18 novembre 1918 au Musée de l’Artillerie de Draguignan ; par Philippe Guyot - Conservateur du musée.

L’artillerie à la fin de la guerre

Fin 1918, l’artillerie française est à son apogée. Outre la mission majeure de la conquête du terrain qui est désormais la sienne, elle est aussi la première au monde, tant du point de vue quantitatif que qualitatif.

Forte de près de 1,2 million d’hommes pour plus de 11 000 pièces (artillerie spéciale non comprise). elle est organisée en 267 régiments capables de détruire l’ennemi, qu’il soit dans la tranchée la plus proche ou distant de plus de 40 kilomètres. Sa faiblesse pourrait résulter de la diversité de ses calibres puisqu’il n’existe pas moins de 86 types de canons (ou mortiers) différents en France, mais le dynamisme de l’industrie qui s’appuie notamment sur les emprunts dits « de la victoire » permet d’y faire face. Avec près de 200.000 obus produits chaque jour, soit 15 fois plus qu’en début de guerre, les entreprises et arsenaux français sont des artisans tangibles de la victoire qui se dessine.

L’artillerie s’est aussi diversifiée en faisant face aux défis d’une guerre plus moderne : elle sait affronter les avions, utiliser des obus très variés v compris chargés de gaz. repérer l’ennemi par l’écoute du son au départ des coups de canon, guider les tirs depuis des avions où sont embarqués des observateurs d’artillerie, construire puis mettre en œuvre des voies ferrées pour faire circuler canons et munitions. Cette richesse conduira d’ailleurs à la naissance de futures spécialités : l’arme du matériel et l’Aviation légère de l’armée de Terre, confirmant le rôle de Mère des armes conféré à l’artillerie déjà impliquée dans la naissance du train des équipages militaires, un siècle plus tôt.

L’artillerie conquiert

La nouveauté majeure de l’année 1918 réside dans la bascule du rapport de force au sein même de la tactique française ; tant pour économiser l’infanterie que permettre le débouché des chars, l’artillerie reçoit la mission de supprimer l’ennemi du champ de batailles.

Comme à Verdun où plusieurs unités allemandes, pilonnées très fortement par les canons français, se sont rendues avant même l’arrivée de l’infanterie.

On rapporte beaucoup de cas où, à partir du 18 juillet 1918, des fantassins de l’armée du Kaiser se rendent avec soulagement, aux soldats français, afin d’échapper au matraquage des obus et au mitraillage des avions alliés.

Dés lors, le principe même de la bataille change.

En 1914, l’artillerie accompagne les attaques de l’infanterie.

En 1916, l’artillerie les prépare.

En 1918, l’artillerie conquiert et l’infanterie occupe, parfois avec l’aide des chars.


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