Matériels d’artillerie > 06 - Les systèmes de Communication - de Commandement - de Contrôle >
1- Une évolution dans la communication qui s’impose à tous
 

Retour

L’explosion dans les dimensions de l’espace du champ de bataille, la raccourcissement des délais d’intervention ont conduit les armées à se doter de moyens de plus en plus performants pour garantir le succès des armes.
Il est difficile de faire mieux que Michel Goya, sur son blog "La voie de l’épée" pour décrire ce phénomène, dans l’extrait qui vous est proposé en note de bas de page [1].

Avant-propos

Dans les documents historiques de l’artillerie, on trouve peu de traces sur la mise en place de moyens de communications à distance. Hormis les matériels d’artillerie, il reste peu de place pour le reste qui pourtant fait partie de l’environnement direct et contribue à l’efficacité de l’artillerie.

En dehors des propos où l’on affirme qu’un "régiment d’artillerie est aussi un régiment de transmissions", comme pour démontrer sa modernité, on ne s’implique pas plus dans la démonstration de l’apport véritable de l’électronique, tout comme pour, plus tard, l’apport de l’informatique...

Et pourtant ces nouvelles technologies ont apporté à l’artillerie les moyens de rester une arme d’appui incontournable aux autres armes, qui, elles aussi, se dotent de matériels de plus en plus performants... C’est bien de ce sujet là auquel on va s’atteler.

X

Depuis la fin du XIXème siècle, l’artillerie est amenée à s’adapter aux nécessités de l’explosion de l’espace de manœuvre. L’arrivée des ballons et avions impose de développer une artillerie de défense contre avions et autres aéronefs (D.CA.), dont la réactivité doit s’adapter à la fugacité des cibles. Toute l’artillerie profite des avancées qui sont alors faites en ce sens. Le combat blindé succède à la charge de cavalerie pour bouleverser les lignes de défense et d’attaque. L’artillerie d’assaut répond à cette attente et adopte des moyens appropriés pour remplacer le "panache blanc" du chef par des signaux facilement interprétables par tous. Toute l’artillerie profite de ces méthodes nouvelles. La mécanisation et l’automatisation se généralisent. Le passage du canon aux lance-roquettes et missiles change la donne. Chaque spécialité de l’artillerie s’adapte alors en conséquence. L’artillerie sol-air évolue plus vite en ce sens car la menace est de plus en plus furtive. L’artillerie nucléaire suit le mouvement de l’artillerie sol-air lourde pour se doter de systèmes de transmissions de données à haute performance (télématique). La performance atteinte est ensuite appliquée aux autres spécialités pour atteindre la performance du tir d’emblée (sans réglage)... Les autres armes évoluent aussi dans ce sens pour renforcer la coopération interarmes et interarmées, voire interalliés. Donc les moyens de communications évoluent au fur et à mesure de l’apparition des nouvelles technologies, mais dans le même temps, le cadre espace-temps de l’action éclate en dimensions. Du champ de bataille traditionnel, on passe à la notion de fronts sur un même territoire, de ligne de démarcation entre plusieurs pays, de crises planétaires, de lutte dans l’espace où le niveau politique veut garder la maîtrise totale de l’action... Ce qui amplifie la nécessité d’une constante évolution.

Voir les évolutions dans chaque domaine de spécialités de l’artillerie :

(En construction)

[1] Michel Goya :
Le 18 juin 1815 plus de 200 000 hommes ont combattu sur les 10 km2 du champ de bataille de Waterloo. Un siècle plus tard, avec les armes du début de la Première Guerre mondiale, une telle quantité de soldats est dispersée sur 500 km2. Trente ans plus tard, pendant la Seconde Guerre mondiale, ces 200 000 soldats évoluent sur 6 200 km2 en moyenne. Depuis les années 1970, pour un même volume de forces la norme est plutôt de 8 000 km2. Autrement dit, là où combattait la Grande armée, il y aurait maintenant un groupement tactique interarmes (GTIA) d’un millier d’hommes (1).

Hardware ou software militaire ?

Cette dispersion et cette dilatation des volumes d’engagement sont évidemment le résultat d’un accroissement de la précision, de la puissance et de la portée des armes, accroissement qui s’est effectué souvent par sauts depuis la diffusion des armes à canons rayés au milieu du XIXe siècle jusqu’aux missiles et projectiles guidés un siècle plus tard, en passant par l’introduction de la 3e dimension dans la guerre (aviation, feux indirects). Se disperser, s’adapter au terrain, se protéger et être mobile sont devenus nécessaires pour éviter la destruction. Tout cela a eu pour premier effet de rendre beaucoup plus complexe le commandement des forces et notamment la coordination des unités de contact, entre elles et avec les appuis.


____________

Base documentaire des Artilleurs