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Capitaine Rosario Pisani
 

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Article reconstitué à partir d’extraits du blog de Laurent Lagneau et du site du "cercle algérianiste" dont les adresses vous sont données à la fin de cet article. Dans ce dernier site il est fait mention de la contribution de "La Cohorte", la revue de la Société d’entraide des membres de la Légion d’Honneur (SEMLH).

Le capitaine Rosario PISANI
Officier de l’artillerie d’Afrique
Frère d’armes de Lawrence d’Arabie

D’origine maltaise, Rosario Pisani est né le 5 novembre 1880 à La Calle, dans le département de Constantine (Algérie). Il s’engage à l’âge de 21 ans au bataillon d’artillerie de Bizerte. En 1907, alors que le Maroc est sous protectorat français, Roserio Pisani est affecté au 7e Tabor, à Rabat, avec les galons de maréchal-des-logis. Son chef de corps n’est autre que le lieutenant-colonel Brémond qu’il retrouvera en Egypte.

Le sous-officier, devenu adjudant, s’illustre une première fois à Fez, alors assiégée par des tribus venues du nord. Il se distinguera encore par son courage lors des émeutes anti-européennes qui secouèrent cette ville l’année suivante. En 1913, Roserio Pisani est promu sous-lieutenant, avant d’être affecté à la garde du nouveau sultan, Moulay Youssef. Puis, en 1917, à la demande du colonel Brémond, il rejoint la mission française en Égypte et vivra une aventure extraordinaire, avec le colonel Lawrence d’Arabie, face à l’Empire Ottoman.

Aux côtés des combattants arabes, à la tête d’une centaine d’hommes venus d’Afrique du Nord et avec ses canons Schneider de montagne de 65 mm, l’officier portera de rudes coups contre les troupes ottomanes (et leurs conseillers allemands), chargées de protéger les 1.360 km de voie ferrées reliant Médine à Damas. Et sa popularité au sein des tribus bédouines ira en grandissant.

Reconnaissant pour son action, le roi Fayçal le fera venir à la Conférence de la paix à Versailles en 1919.

Après la guerre, en qualité d’officier des « Affaires indigènes », le capitaine Pisani prend part à la campagne du Rif avant d’être affecté dans le Sud Algérien. Puis, le temps de la retraite venue, il se retire à Fez, où il décède d’une grave maladie en 1951.

Pisani a été nommé Officier de la Légion d’honneur en décembre 1918 et Commandeur en 1927.

Le plus bel hommage qui lui aura été rendu est sans doute celui du colonel Lawrence :

« On se demanda s’il était sage de retraverser la voie ferrée pour aller occuper la position dangereuse de Cheikh Saad, juste en travers de la ligne de retraite que devait suivre le gros des forces turques. Sabin [officier britannique, ndlr] me fit valoir avec opiniâtreté que nous en avions assez fait [...]. Nous pouvions nous garer à Bosra 30 km plus à l’est et attendre la prise de Deraa par les Anglais... Pisani dit avec correction qu’il prendrait les ordres et suivrait. Je l’aimai pour cette parole et tâchai d’adoucir ses doutes honnêtes... Il répondit avec un rire bien français qu’il jugeait tout cela fort téméraire mais qu’il était soldat. »

Pour en savoir plus sur cet épisode, voir cet article du Blog OPEX360 de Laurent Lagneau : cliquer ici.

Pour en savoir plus sur le Capitaine Pisani, voir ce site : cliquer ici.

Ce site remercie "La Cohorte", revue de la Société d’entraide des membres de la Légion d’honneur, ainsi que le Général de Brancion, rédacteur en chef, pour avoir autorisé la reproduction du texte du n° 124 (août 1993).


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