L’organisation de l’Artillerie > 1- Des débuts à la fin du XIXè siècle > Approches synthétiques sur toute la période > Approche historique de son organisation >
Chapitre 4 : Du Second Empire à la guerre de 1914-1918
 

Après le rétablissement de la Garde impériale le 1er mai 1854, l’organisation de l’artillerie subit à nouveau de nombreuses modifications dont beaucoup consistèrent au rétablissement de décisions antérieures ou au renforcement des régiments.

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En 1860, le personnel de l’Artillerie était organisé de la manière suivante :

Les Troupes du Corps Impérial de l’artillerie

  • 1 État-major particulier de 371 officiers dont 32 colonels, 38 lieutenants-colonels, 84 Chefs d’escadron et 215 capitaines pour l’artillerie, 1 colonel, 1 lieutenant-colonel pour le Train d’artillerie et 1.000 hommes,

Artillerie de la Garde Impériale

  • 1 division d’artillerie à pied de la Garde à 1 batterie à pied et 1 compagnie d’ouvriers-pontonniers commandée par un chef d’escadron,
  • 1 régiment d’artillerie monté de la Garde avec 1 état-major, 1 peloton hors rang et 8 batteries montées, avec 920 chevaux
  • 1 régiment d’artillerie à cheval de la Garde avec 1 état-major, 1 peloton hors rang et 6 batteries à cheval, avec 1.055 chevaux
  • 1 escadron du train d’artillerie de la Garde avec 1 état-major et 2 compagnies pouvant être dédoublées en temps de guerre et former des batteries mixtes avec les batteries à pied, disposant de 162 chevaux,

Artillerie de ligne

  • 5 régiments d’artillerie à pied (n° 1 à 5) comprenant chacun 1 état-major, 1 peloton hors rang, 16 batteries à pied
  • 1 régiment d’artillerie-pontonniers (n°6) comprenant 1 état-major, 1 peloton hors rang, 12 compagnies de Canonniers-Pontonniers,
  • 10 régiments d’artillerie montés (n°7 à 16) comprenant chacun 1 état-major, 1 peloton hors rang, 10 batteries montées,
  • 4 régiments d’artillerie à cheval (n°17 à 20) comprenant chacun 1 état-major, 1 peloton hors rang, 8 batteries à cheval,
  • 12 compagnies d’ouvriers,
  • 2 compagnies d’armuriers,
  • 6 escadrons du train d’artillerie comprenant chacun 1 état-major, 1 peloton hors rang et 5 compagnies pouvant être dédoublées en temps de guerre et former des batteries mixtes avec les batteries à pied.

Le nombre de chevaux nécessaires fut fixé à 49.839.

L’Uniforme

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Malgré le rétablissement des subdivisons d’arme (artillerie à pied, montée ou à cheval), la tenue resta la même pour tous les régiments de ligne. On sépara seulement de façon très nette la grande tenue (habit, pantalon, shako) de la petite tenue portée en service ordinaire ou en campagne (veste, pantalon, képi).

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Pour la Garde impériale, la tenue comprenait :

  • en grande tenue, le dolman bleu foncé à tresses et distinctives écarlates, le pantalon bleu à double bande écarlate, le talpack noir avec flamme écarlate et plumet droit blanc,
  • en petite tenue, la veste bleu à pattes de collet écarlates, le pantalon, le talpack sans flamme, avec simple pompon.

Pour les officiers les tresses, les galons de grade et les bandes sont dorées en grande tenue. Les tresses sont noires et le pompon est doré en petite tenue.

Les officiers du Train d’artillerie portèrent la même tenue avec galons et bouton argent.

Les Étendards

L’aigle impérial et les noms de bataille furent rétablis en 1851. L’avers porte l’inscription "Louis Napoléon au....." et les lettres LN et RF aux angles.

En 1852, les soies de 1851 furent incinérées et remplacées par de nouvelles reprenant le modèle de 1812 avec les mêmes broderies, l’inscription "L’Empereur Napoléon III au..." à l’avers et les noms de victoires postérieures à 1792 au revers.

La défaite de 1871 provoqua la destruction ou la capture de la plus grande partie des unités. Les hostilités terminées, il fallut reconstituer une armée. Après des organisations provisoires basées sur la transformation des anciens régiments, un premier décret, du 20 avril 1872, porta le nombre des régiments à 30 à 11 batteries, créa treize commandements d’artillerie dont un à Alger et déplaça l’École d’artillerie et du génie à Fontainebleau.

En 1873, avec la création des corps d’armée, une brigade d’artillerie fut attribuée à chacun d’entre eux. Pendant les dix années suivantes, l’artillerie, comme l’armée, subit un train de réformes et de transformations parmi lesquelles la création de l’artillerie des divisions de cavalerie, de l’artillerie territoriale, du Train des équipages et la séparation de l’artillerie de forteresse de l’artillerie de campagne.

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La loi du 23 juillet 1883, supprima définitivement le train d’artillerie en incorporant ses effectifs dans ceux de l’artillerie.

L’artillerie comprenait :

Artillerie territoriale et services de l’artillerie

  • une direction de l’artillerie au ministère de la guerre,
  • 19 brigades d’artillerie (1 par région de corps d’armée)
  • 30 directions d’artillerie (1 par place forte) subdivisées en arrondissements,
  • 19 régiments d’artillerie territoriale
  • 13 batteries territoriales en Algérie
  • 19 écoles d’artillerie (1 par brigade)
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Artillerie de campagne et de forteresse
-  19 régiments d’artillerie de campagne divisionnaire à 12 batteries montées, chaque division devant être dotée de 6 batteries à 6 pièces,
-  19 régiments de campagne de corps d’armée à 11 batteries, 8 batteries montées et 3 batteries à cheval à 6 pièces chacune,
-  12 batteries bis, en surnombre dans les régiments et stationnées en Algérie
-  16 bataillons d’artillerie de forteresse à 6 batteries à pied
-  2 régiments de pontonniers
-  10 compagnies d’ouvriers,
-  3 compagnies d’artificiers

En 1888, 12 batteries alpines de montagne furent créées et rattachées aux 6ème et 19ème Régiments.

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En 1900, l’Artillerie de marine devient l’Artillerie coloniale qui passa sous l’autorité du Ministère de la Guerre.

La fin du siècle vit les tensions internationales s’aggraver, la mise en service du matériel de 75 qui permit de réduire le nombre de pièces par batterie de 6 à 4 et la création de l’inspection permanente des fabrications de l’artillerie.

En juillet 1914, la composition de l’artillerie fut la suivante :

Service de l’artillerie :

  • 21 parcs d’artillerie de corps d’armée venant de la dissolution des directions,
  • 229 parcs d’artillerie de place
  • 4 compagnies d’ouvriers,
  • 86 sections d’ouvriers attachés aux régiments
  • des annexes et des établissements constructeurs ;

Artillerie de campagne

  • 41 régiments d’artillerie de campagne divisionnaire à 3 groupes de 3 batteries,
  • 20 régiments d’artillerie de campagne de corps d’armée à 4 groupes de 3 batteries,
  • 1 régiment d’école, de composition spéciale, mobilisable comme régiment divisionnaire,
  • 10 groupes d’artillerie à cheval à 3 batteries, rattachés à des régiments mais autonomes pour emploi,
  • 2 régiments d’artillerie de montagne à 7 batteries
  • 9 régiments à pied de 6 à 13 batteries (anciens régiments de forteresse)
  • 5 régiments d’artillerie lourde à 4 groupes, 2 équipés du 105 long et 2 du 155 court
  • 10 groupes d’Afrique
  • 3 régiments d’artillerie coloniale comprenant un nombre variable de batteries (campagne, montagne, côte)
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L’Uniforme

Après la campagne de 1870-1871, l’artillerie adopte comme tenues :

  • en grande tenue, le dolman bleu à collet et parements écarlates, brandebourg noirs, trèfles écarlates aux épaules, le pantalon (basané pour les hommes montés) bleu à double bande écarlate, et le shako bleu foncé à chevrons écarlates avec aigrette tombante écarlate.
  • en petite tenue, la veste bleue avec écussons du col écarlates, le même pantalon bleu à double bande écarlate et le képi bleu foncé à passepoil écarlate. Le shako peut être porté avec le remplacement du plumet par un pompon écarlate.

L’artillerie de montagne porte la tenue particulière des troupes de montagne, veste, pantalon avec bandes molletières, béret à grenade tout en conservant les couleurs de l’artillerie.

L’artillerie coloniale porte la même tenue que l’artillerie métropolitaine avec les attributs de l’arme dès lors qu’elle est stationnée en métropole. Ceci rencontre quelques réticences et fut changé après la guerre.

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En 1902, les troupes à cheval sont dotées d’un casque en acier noir à ornements de cuivre.

Dès 1915, l’artillerie reçoit le tenue "bleu-horizon" (tenue moutarde ou kaki pour les troupes d’Afrique et coloniales), puis le casque Adrian.

Les Étendards

Comme tous les autres corps, les régiments d’artillerie reçoivent en 1871 des emblèmes provisoires en laine, sans cravate ni franges, ne portant que la désignation du régiment en lettres noires.

En 1878, le modèle adopté, qui est toujours en service, est remis aux troupes le 14 juillet 1880. Le nombre de victoires inscrites au revers est limité à quatre. Ce nombre est porté à six dont deux pour la campagne 1914-1918 en 1922 avec l’ajout de la date de la victoire.

Les règles d’attribution restent inchangées, un étendard par régiment. Les unités inférieures au régiment, même formant corps, n’ont pas droit à l’étendard, mais un étendard peut alors être attribué à l’ensemble d’une subdivision d’arme comme cela fut le cas :

  • des bataillons d’artillerie de forteresse devenus bataillons d’artillerie à pied en 1893 qui reçurent un emblème unique,
  • celui des bataillons de campagne et à pied d’Afrique,
  • celui des artilleries à cheval des divisions de cavalerie.

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