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Lieutenant-Colonel Pigouche (1830-1906)
 

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La vie de cet homme exceptionnel est parfaitement relatée par la "Revue du Mord" (Année 1935-Volume 21-Numéro 82-pp. 99-120) dans l’article de P.-A. Wimet : "La Campagne du Nord en 1870-1871".

Ses récits sur las batailles de l’Armée du Nord sont pris comme référence, sur ce site, notamment pour comprendre l’organisation de l’artillerie et son rôle dans les combats de cette grande unité.

Lieutenant-Colonel Pigouche (1830-1906)

Né à Lillers (Pas-de-Calais), le 13 Juillet 1830, Jules-Aimé-François-Joseph Pigouche s’engagea comme volontaire le 11 décembre 1830. Incorporé au 12è d’artillerie à Strasbourg, il gagna dans ce régiment ses premiers galons de sous-officier. Promu, le 16 mars 1854, maréchal-des-logis-chef au 11è d’artillerie, il fut nommé successivement, au même corps, sous-lieutenant le 23 janvier 1856 et lieutenant en second le 23 janvier 1858. Le 18 janvier 1860 il fut versé dans le régiment d’artillerie à cheval de la Garde Impériale [1], passa lieutenant en premier dans ce corps le 14 août de la même année.

Capitaine en second le 13 août 1863, J. Pigouche fut affecté comme instructeur d’équitation [2] et de conduite des voitures au 17e et 9e d’artillerie, puis au 2e en garnison à Alger. C’est dans ce dernier régiment qu’il fut promu capitaine en premier le 10 août 1868 [3]. Officier acheteur à titre permanent du dépôt de remonte du Bec-Hessouin en octobre 1868, el de celui de Sampigny en février 1869, il fut attaché successivement à l’Etat-Major particulier de l’artillerie en décembre 1868, au 8e d’artillerie à la fin du même mois et au 12e en octobre 1869, de nouveau l’Etat-Major particulier le mois suivant, et au 15e d’artillerie le 2 août 1870.

Pendant la guerre de 1870-71, J. Pigouche fut chargé tout d’abord de la défense de Lille et de l’organisation de l’artillerie de l’armée du Nord. Ensuite, fait chef d’escadron le 3 décembre 1870, il reçut le 27 du même mois le commandement de toute l’artillerie du 22e corps de l’armée de Faidherbe. Il prit successivement part au combat de Demuin, à la bataille de Villers-Bretonneux, la prise de Ham, aux batailles de Pont-Noyelles, de Bapaume et de Saint-Quentin.

Après la guerre J. Pigouche fut affecté en 1872 au 5e d’artillerie [4], puis au 9e en 1874. Le 13 janvier 1876 il reçut le commandement des batteries de 12, dites batteries Sarah Bernhardt, des 10e et 35e régiments, à Lunéville. Promu lieutenant-colonel le 30 novembre 1879 il se vit confier la direction de l’arsenal d’artillerie de Perpignan. Il passa ensuite au 19e d’artillerie en 1880, et au 29e en 1881. Mis à la retraite le 21 mars 1884, il fut nommé à l’Etat-Major particulier de l’artillerie territoriale, puis rayé définitivement des cadres par décision présidentielle du 7 juin 1889.

Le lieutenant-colonel Pigouche mourut le 23 juin 1906 en son château de Vespeille, près de Rivesaltes (Pyrénées-Orientales), où il s’était retiré. Il avait occupé les loisirs, que lui avait laissés sa retraite, et une exploitation de viticulture, à écrire une partie de ses souvenirs [5] et à collaborer à diverses feuilles locales. « Ne pouvant plus servir les canons Sarah Bernhardt de Lunéville, ni les mitrailleuses, ni les canons de siège, ma plume, disait-il, est dans ma vieillesse la seule artillerie de ma pensée ».

[1] Ce régiment tenait garnison à Versailles.

[2] J. Pigouche avait fait deux stages l’école spéciale de cavalerie de Saumur... et il devint excellent cavalier et un passionné des questions hippiques. Il participa à la Revue des Haras, puis fit paraitre un petit livre intitulé Vulgarisation de l’Equitation et Dressage des Cavaliers et des Chevaux. Certains principes de la méthode exposée dans cet opuscule ont été longtemps appliqués dans l’armée.

[3] Il s’est marié le 2 septembre 1868 avec une cousine du futur Maréchal de France Joffre, lieutenant-colonel à l’époque.

[4] C’est en qualité de chef d’escadron au 5e d’artillerie que J. Pigouche fut fait chevalier de la Légion d’Honneur le 11 octobre 1873.

[5] Ses écrits sur son vécu de la Campagne de l’Armée du Nord (1870-1871), sont un des seuls témoignages de qualité sur cette période sombre de l’histoire, "où les soldats tinrent tête héroïquement à un ennemi vainqueur et qui par leur bravoure, sauvèrent l’honneur de la France."


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