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André-Jacques Garnerin invente le parachute
 

Le 22 octobre 1797, au jardin des Mousseaux [1] dans la plaine de Clichy, André-Jacques Garnerin saute avec un parachute de sa fabrication, à partir d’un ballon à une altitude de l’ordre de 1000 mètres.

Description du parachute :

La description du parachute inventé par GARNERIN figure dans les anciens dictionnaires encyclopédiques .

(JPG)

"C’est une coupole d’environ 9 mètres de diamètre, formée de fuseaux de taffetas cousus ensemble et réunis en haut par une rondelle de bois. Des cordes partant de la rondelle soutiennent la nacelle dans laquelle se place l’aéronaute. L’ensemble pèse un peu plus de 100 kilogrammes".

Le parachute s’ouvre, descend lentement mais avec des balancements inquiétants [2]. Néanmoins Garnerin se pose sain et sauf au milieu d’une foule qui l’acclame.

Quelques mois plus tard il reproduit cet exploit avec un parachute légèrement modifié.

La voilure comporte alors un trou en son centre. Cette fois le parachute descend en douceur et sans balancement. Garnerin vient d’inventer la cheminée et le premier modèle de notre parachute.

Par la suite, Garnerin effectue d’autres sauts. Il fait des émules, en particulier Jeanne Geneviève Labrosse, qui devient le 12 octobre 1799, la première femme parachutiste, qu’il épouse ensuite.

Ils animeront tous les deux des fêtes populaires jusqu’au 17 août 1823, date à laquelle André-Jacques Garnerin sera mortellement blessé par une poutre qui tombe de l’estrade d’envol et de gonflement du ballon.

André-Jacques Garnerin

Né à Paris le 31-01-1769 dans une famille de commerçants aisés [3], il fréquente le lycée du Palais Royal et assiste au Collège de France aux cours des hommes de sciences que sont : MONGE, CHARLES, LAVOISIER, LALANDE,...

Voulant devenir aéronaute il fait une première ascension en montgolfière en 1790 et une seconde en ballon à hydrogène en 1791, mais le tourbillon de la révolution le plonge dans la guerre.

En attendant une affectation A.-J. GARNERIN rassemble les études concernant l’utilisation militaire des aérostats et remet le dossier à son ancien professeur Gaspard MONGE, devenu Ministre de la Marine. Dès la fin de 1793, les Armées françaises s’équipent de ballons captifs qui emportent des observateurs pour surveiller les mouvements de l’ennemi.

En 1792 GARNERIN est nommé "Chef de Division des Charrois de l’Artillerie" des troupes françaises dans le nord de la France. Après les victoires de VALMY (20 sept) et JENMAPES (6 nov) il se retrouve en Belgique au sein d’une Armée qui a pour mission d’intégrer les populations à la France.

En septembre 1793 il est nommé "Commissaire de la République", auprès de l’Armée du Nord qui vient d’obtenir les succés de HONDSCHOOTE (8 sept) et de WATTIGNIES (16 sept).

Les 29 et 30 octobre il dirige les troupes françaises dans les combats de la ville de MARCHIENNES, assiégée par les Autrichiens. Sur les 4000 défenseurs, 2000 sont tués et les 2000 autres, presque tous blessés et sans munition, sont obligés de se rendre. Malgré une conduite héroïque GARNERIN est fait prisonnier.

Sa captivité est extrêmement pénible, elle dure 3 ans en Hongrie. Dans sa prison de la forteresse de BUDE, il a l’idée de fabriquer un parachute et de l’utiliser comme moyen d’évasion.

C’est pourquoi dès son retour en France le 1er juin 1796, il fait tout pour réaliser et essayer ce parachute auquel il a tant rêvé.

Au cours du 19ème siècle, le parachute équipe tous les ballons et il permet de sauver la vie à de nombreux aérostiers en difficulté.

[1] Aujoud’hui parc Monceau

[2] Commentaire de cette descente dans l’encyclopédie de 1867 :
"Après avoir plané 7 ou 8 minutes GARNERIN coupa la corde qui attachait le parachute au ballon. Le parachute se déploya sur le champ, et pendant quelques secondes descendit avec une vitesse accélérée ; mais bientôt il ballota tellement, et décrivit des oscillations tellement larges, qu’à plusieurs reprises la nacelle prit une position presque horizontale. Ce ne fut pas sans courir les plus grands dangers que l’intrépide aéronaute parvint à effectuer sa descente".

[3] il a un frère Jean-baptiste plus agé.


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