L’organisation de l’Artillerie > 1- Des débuts à la fin du XIXè siècle > L’artillerie des deux Restaurations (entre deux Empires) > La brigade d’artillerie de la Garde royale : 1815-1830 >
6- Les engagements : l’expédition d’Espagne en 1823
 

Les engagements : l’expédition d’Espagne en 1823

La Garde royale se doit d’être le modèle et l’exemple de l’armée. Elle participe donc en 1823 à l’expédition d’Espagne et se montre digne du rang qui lui est assigné. La prise du Trocadéro (31 aout 1823) est un fait d’armes glorieux. Dans ce cadre, l’artillerie de la Garde est aussi impliquée dans cette expédition.

L’expédition d’Espagne est menée d’avril à novembre 1823 par la France afin de rétablir le roi Ferdinand VII d’Espagne sur son trône. En 1820, le roi d’Espagne Ferdinand VII doit faire face à un soulèvement populaire conduit par les libéraux. Ce mouvement révolutionnaire lui reproche l’absolutisme de son pouvoir et les nombreuses répressions à l’encontre des libéraux. Ferdinand VII doit alors se soumettre, et remettre en vigueur la Constitution de 1812 et confier le pouvoir à des ministres libéraux.

Le 22 janvier 1823, un traité secret est signé lors du congrès de Vérone, qui permet à la France d’envahir l’Espagne pour rétablir Ferdinand VII en monarque absolu. Avec cet accord de la part de la Sainte-Alliance, Louis XVIII annonce le 28 janvier 1823 l’intervention française. L’armée royale va prouver sa valeur et son dévouement face aux libéraux espagnols pour la gloire de la monarchie des Bourbons. L’expédition doit permettre le rétablissement de l’absolutisme et la fin du triennat libéral en Espagne.

L’artillerie de la Garde est représentée avec deux unités, formant l’artillerie de réserve de la Garde Royale, commandée par le colonel De Laporte :

  • 1° compagnie du régiment à pied : chef de bataillon Damens, lieutenants Vuilleret de Brotte et Contencin ;
  • 1° compagnie du régiment à cheval : chef de bataillon Baron de Foucault, lieutenants De Mayol de Lupé et De la Bajonnière.

Il faut noter la présence pour le Train du lieutenant Bellouard.

L’artillerie de la Garde va principalement s’illustrer devant Cadix et lors de la prise du Trocadéro. En Andalousie se déroulent les opérations les plus décisives, parce qu’elles visent le principal objectif stratégique de la campagne ; Cadix, transformée provisoirement en capitale politique. Une garnison de 14 000 hommes y défend le gouvernement et les Cortès, dont le roi est le prisonnier. Les accès de la place sont protégés par les batteries des forts Sainte-Catherine et Saint-Sébastien à l’ouest, du fort Santi-Pietri à l’est et surtout de la presqu’île fortifiée du Trocadéro, où le colonel Garcès dispose de 1 700 hommes et de 50 bouches à feu.

Le 16 juillet 1823, lors du siège de Cadix, la 1° compagnie à cheval de la Garde s’illustre à Chiclana pour repousser une tentative de sortie des assiégés. Le chef d’escadron Baron de Foucauld et le lieutenant Beret sont particulièrement remarqués.

Le 31 août, l’infanterie française donne l’assaut du fort du Trocadéro. Au prix de 35 tués et 110 blessés, elle s’empare de la presqu’île et de ses puissants canons retournés contre la ville de Cadix. La compagnie d’artillerie à pied de la Garde royale participe à l’assaut pendant la nuit du 30 au 31 aout. Cette attaque inflige à l’ennemi la perte de 150 morts, 300 blessés et 1 100 prisonniers.

Le 20 septembre, lors de l’attaque du fort de Santi-Petri, le lieutenant Beret se distingue encore.

Le 28 septembre, les constitutionnels jugent la partie perdue, les Cortès décident de se dissoudre et de rendre à Ferdinand VII le pouvoir absolu. Le 30 septembre, Cadix capitule.

Le colonel vicomte de La Hitte, chargé du commandement de l’artillerie lors de ce siège, a remercié tous les officiers de cette arme, notamment le chef de bataillon Damens et le lieutenant Vuilleret de Brotte, tous deux du régiment d’artillerie à pied de la Garde.


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