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1- L’origine : les Milices Gardes-côtes (1696)
 

L’origine : les Milices Gardes-côtes (1696)

L’origine de la « garde-côte » se situe au Moyen-âge sous la dénomination du « guet à la mer ». Le guet de la mer est principalement en usage sur les côtes de Bretagne, de Normandie et de Picardie, sujettes aux incursions. Cet usage est régularisé avec les articles 28, 29 et 30 de l’ordonnance de 1517. Le service de la « garde-côte » proprement dit n’est défini que dans l’ordonnance de février 1543, sur le fait de l’amirauté. Cette ordonnance donne le pouvoir à l’amiral de faire deux fois par an, en temps de guerre, le recensement des hommes des paroisses sujettes au guet de la mer. Il peut les utiliser à la défense des côtes et les contraindre à « eux armer et s’embastonner ».

En 1666, cette mission est redéfinie à l’initiative de Mazarin. Au sein de chaque évêché comprenant une façade maritime, les paroisses sont regroupées en "capitaineries". Les capitaineries sont organisées en escouades de fantassins et en brigades de cavaliers, plus tard en "compagnies".

L’Ordonnance royale d’août 1681 définit les obligations des capitaines et des miliciens de la « garde-côte » :

  • "de faire la Garde sur la Coste quand elle sera commandée, à peine de trente sols d’amende contre le défaillant pour la première fois, & d’amende arbitraire pour la seconde".
  • "d’avoir en tout temps dans leurs maisons chacun un Mousquet ou Fusil, une Épée, une demie livre de Poudre, & deux livres de Bales, à peine de cent sols d’amende et avec une revue annuelle".
  • "Les Capitaines Gardecostes feront la Montre ou Revue des Habitans des Paroisses sujetes au Guet de la Mer, dans l’étendue de leurs Capitaineries le premier jour du mois de May de chacune année, en présence des Officiers de l’Amirauté, qui en garderont le Contrôlle dans leur Greffe".

Dans le règlement du 12 mai 1696, l’expression de milices est appliquée au service de la garde-côte. Le service dure 20 années, mais les miliciens sont ensuite exempt de la taille pour le reste de leur vie. Les provinces maritimes sont divisées en un certain nombre de capitaineries. Chaque capitainerie est aux ordres d’un capitaine, un major et un lieutenant, qui, commissionnés par le roi, prennent l’attache de l’amiral de France.

Tous les hommes, de 18 à 60 ans, dont le clocher de la paroisse est à moins de 2 lieues (environ 8 km) du rivage marin sont astreints à participer à cette "Milice Garde-côte". Les capitaines et lieutenants font faire mensuellement, le dimanche, l’exercice aux miliciens. Ils visitent leurs paroisses une fois par mois en temps de guerre, et trois fois annuellement en temps de paix. Les gardes-côtes ne peuvent s’engager dans les troupes de terre.

Les règlements de 1716 et 1756 permettent d’organiser une sélection des miliciens. Les plus aptes sont organisés en compagnies franches de cent fusiliers avec drapeau et tambours.

Quant au reste des hommes requis, ils sont astreints aux corvées liées au service de la garde-côte.

En 1738, pour encadrer ces formations, Louis XV crée le corps des Milices Gardes-côtes, affecté à la surveillance du littoral en réponse aux incursions incessantes des Anglais.

En 1759, le corps des Milices Gardes-côtes, dépendant jusqu’alors du département de la Marine, est alors placé sous la responsabilité du ministère de la Guerre. Le corps alors est composé de compagnies du guet, de compagnies détachées et de compagnies de canonniers, levées sur tous les habitants des côtes, qui se trouvent exempts, de fait, du service dans les régiments provinciaux. Les compagnies du guet n’ont pas d’uniforme. Les compagnies détachées portent celui des régiments provinciaux, mais avec les boutons jaunes. Les compagnies de canonniers se distinguent par un galon jaune placé aux parements et au chapeau. Il y a également des compagnies de dragons qui sont attachées à la milice garde-côte, mais seulement dans le Poitou, l’Aunis, la Saintonge et la Guyenne.

Un cas concret :

Le corps de garde du Dibennou à Guissény cliquer ici.



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