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L’artillerie lourde hippomobile
 

Extraits de l’historique du 111è R.A.L.H. Campagne 1914-1918.

AVANT-PROPOS

Constitutions successives de l’Artillerie lourde hippomobile

L’Artillerie lourde ne comprenait, au début de la campagne, que 5 régiments (numéros 1 à 5) à 4 groupes, armés de canons de 155 court T.R. modèle 1904 , ou provisoirement de canons de 95 modèle 1888 sur affût de campagne, de 120 long modèle 1877 à ceintures de roues, de 120 court modèle 1890.

Dès les premières opérations, l’insuffisance de ces formations se révéla ; grâce à un effort ininterrompu, l’Artillerie lourde se développa en nombre, puissance et facilité de transports.

La constitution de l’Artillerie lourde hippomobile a passé au cours de la guerre par quatre phases principales

PREMIÈRE PHASE.

Jusqu’en Novembre 1915, les Groupes des 5 régiments du temps de paix, puis ceux formés au fur et à mesure des disponibilités, étaient mis à la disposition des Artilleries de Corps d’Armée ou de Division, suivant les besoins du moment.

DEUXIÈME PHASE.

A partir du 1er Novembre 1913, furent formés 20 régiments (numéros 101 à 118, 120, 121), dont le nombre de Groupes (canons longs ou courts) s’accrut progressivement ; fin 1917, chaque Régiment comprenait 3 Groupements, dont la constitution et l’emploi étaient les suivants :

a) Le 1er Groupement (1 Groupe de 3 Batteries de 105 et 1 groupe de 2 ou 3 batteries de 120 long), constituait l’Artillerie lourde organique du Corps d’Armée ayant pour numéro celui du Régiment diminué de 100 ;

b) Le 2è Groupement (même composition) constituait l’Artillerie lourde organique d’un autre Corps d’Armée ;

c) Le 3e Groupement, commandé par le Chef de Corps, comprenait en principe :

  • 2 Groupes de 155 long à 2 Batteries ;
  • 5 Groupes de 155 court :
    • 1 ou 2, matériel ancien modèle, 2 ou 3 Batteries par Groupe ;
    • 3, 4 ou 5, matériel moderne, 3 Batteries par Groupe,

Il restait à la disposition du Commandant en Chef pour être affecté temporairement aux Armées suivant leurs besoins.

TROISIÈME PHASE.

Au 1er Mars 1918, réorganisation sur les bases ci-après :

a) 30 Régiments (numéros 101 à 118, 120 et 121, 130 à 136, 138, 141 et 142) à 8 Groupes (le 4è Groupe à former ultérieurement) ; chaque Régiment était affecté à un Corps d’Armée (portant le même numéro que celui du Régiment diminué de 100), le Chef de Corps était le Commandant de l’Artillerie Lourde du Corps d’Armée ; les 3 premiers Groupes (I et II de 105, III de 155 long), constituaient l’Artillerie Lourde organique du Corps d’Armée ;

Les Groupes V à VII (formant corps, armés de 155 court) étaient affectés aux Divisions du Corps d’Armée, et placés sous les ordres des Commandants des Artilleries Divisionnaires.

b) 30 Régiments (mêmes numéros que les précédents, augmentés de 200), d’armement variable, faisaient partie de la Réserve générale d’Artillerie aux ordres du Commandant en Chef ; leurs Etats-Majors étaient formés par ceux des troisièmes Groupements des anciens régiments.

c) 4 Régiments (143 et 343, 145 et 345), à l’Armée d’Orient.

QUATRIÈME PHASE.

Au 1er Août 1918, nouvelle réorganisation :

a) Régiments de la série 100, constituant l’Artillerie Lourde organique des Corps d’Armée, comme ci-dessus ;

b) Régiments de la Réserve générale (à la disposition du Commandant en Chef), à 3 Groupes :

  • Numéros 301 à 315, armés de 155 court Schneider.
  • Numéros 401 à 415, armés de 155 long Schneider 1917.
  • Numéros 451 à 455, armés de 105.

Depuis l’armistice (11 Novembre 1918), les réductions successives n’ont laissé subsister qu’un Régiment d’Artillerie Lourde hippomobile (canons longs) par Corps d’Armée (Armée du Rhin, Corps d’Armée frontières, Régions de l’Intérieur) ; les Groupes de 155 court sont passés aux Régiments d’Artillerie de Campagne.


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