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L’artillerie lourde à tracteurs
 

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Source gallica.bnf.fr / Service historique de la Défense

L’artillerie lourde avait été dédaignée avant 1914. Malgré le cri d’alarme de quelques grands hommes politiques, elle n’était, avant la mobilisation, qu’une artillerie embryonnaire.

Il nous fallait un matériel extrêmement mobile, de portée plus grande que notre 75, d’une puissance de destruction plus considérable, ni trop lourd ni trop léger ; un matériel tirant vite et bien. Il nous fallait une grande portée et une extrême mobilité. Les progrès réalisés dans la construction automobile permettaient l’espoir de fonder une artillerie dont les pièces seraient trainées par de petits tracteurs légers.

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Les essais commencèrent en 1912. Le canon adopté comme répondant aux exigences du moment fut le 120 L. de Bange avec congolis. Les tracteurs furent des tracteurs Panhard. Le premier régiment qui fut doté de ce matériel, avec avant-train modifié pour la traction automobile, fut le 4e régiment d’artillerie lourde mobile, l’ancêtre du 81e R.A.L.

Formé le 1er avril 1912, il fut désigné pour les premiers essais aux grandes manœuvres des pièces à tracteurs. Il ne comprenait, à la mobilisation, qu’un groupe automobile de deux batteries de six pièces, lequel avait participé au défilé du 14 juillet 1914 à Longchamp.

Mobilisation générale

Les 1ère et 2e batteries du 4e R.A.L. partirent de Versailles à l’aube du 31 juillet 1914, au reçu du télégramme de couverture : batteries, uniquement composées des jeunes classes présentes sous les drapeaux, d’un certain nombre de réservistes qui faisaient alors une période de vingt-huit jours et de quelques chauffeurs mobilisés avec leur véhicule par ordre spécial.

Les deux autres batteries, dites de dédoublement (21e et 22e), composées d’une plus forte proportion de réservistes appelés par l’ordre de mobilisation générale du 2 août 1914 ne rejoignirent qu’une quinzaine de jours plus tard, dans la vallée de la Meuse.

Le départ se fit avec des tracteurs Panhard 35 HP. Les premiers tracteurs à quatre roues motrices et directrices, furent conduits par des chauffeurs professionnels recrutés spécialement dès le début de 1914. Par Saint-Cloud, et en contournant Paris et Saint-Denis, le groupe parvint à Villetaneuse, où se fit l’embarquemenl en chemin de fer. Le matériel d’artillerie était -le 120 L. de Bange avec quelques légères additions destinées à fixer le tube à la position de route et à supporter la plaque de dessous de crosse.- Le déplacement, effectué de Versailles à Longchamp pour la revue du 14 juillet 1914 ayant permis de se rendre compte des imperfections les plus graves, un remède y avait été rapidement apporté.

Le lendemain, au petit jour, le groupe débarque à Lérouville et de là fit route par ses propres moyens jusqu’au fort du Camp des Romains.

Les 21e et 22e batteries de dédoublement rejoignirent le 14 août. Le groupe comprenait donc quatre batteries, aux- quelles était adjointe une colonne légère.

Des opérations de grande envergure se dessinaient dans la région de Longwy. Le groupe fut appelé et mis à la disposition du (3e corps de la IIIe armée (général SARRAIL et général HERR, commandant l’artillerie).

Peu de temps après fut exécuté par la 21e batterie (capitaine OLIVIER), sur une batterie et des rassemblements ennemis, aux environs de Pretz, en Argonne, un des premiers réglages par avion de la guerre. Ce tir, dù à l’initiative de l’aviateur et du commandant, de batterie, exécuté avec système de conventions très simples, donna d’excellents résultats.

Mais l’ennemi déferle par la Belgique envahie et le nord de la France. Devant l’avalanche, nous reculons. Le groupe prend part à la retraite générale, mais bientôt c’est la fameuse bataille de la Marne. Toujours avec le 3e corps, il participe à la défaite de l’armée du Kronprinz, puis prend part à la poursuite, lorsqu’un ordre du G.Q.G. le mit, le 17 septembre 1914, à la disposition du corps combiné (général HUMBERT, troupes marocaines et 42e D.I.).

Deux jours après, par ses propres moyens, le groupe était en Champagne. Seule artillerie lourde de la région, il fallait répondre. à toutes les nécessités que comportait la situation et satisfaire à tous les besoins de l’infanterie. Du 21 septembre au 16 octobre, le groupe manœuvra constamment. Les batteries, se divisant en sections et même en pièces isolées, occupèrent le front de Reims à Berry-au-Bac. Les tirs, exécutés avec autant d’à-propos que de précision, réussirent à faire échouer plusieurs attaques de la Garde prussienne. Le général HUMBERT, qui fut. témoin oculaire de ces opérations, adressa au groupe une lettre de félicitations. .................


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