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D. Installation sur Igman
 

Installation sur Igman

Le dispositif prévu début août se met en place progressivement. Le train de combat TC2 a réussi à monter sans encombres à 1500 mètres d’altitude et à adopter une position autour des plus de 50 conteneurs. Avec plus de 35 conteneurs pleins de munitions, et le reste chargé de pièces de rechanges et de matériels du commissariat, le terrain est vite occupé.

Le rapatriement sanitaire du capitaine commandant la BCL laisse le TC2 aux ordres du chef des services techniques. Les difficultés de la localisation du TC2 sont la distance avec la batterie qui demande presque une heure de route et la rigueur du climat à cet endroit. En septembre une forte tempête emporte trois tentes et provoque ensuite une inondation et le site devra être évacué en priorité au moment de l’approche de l’hiver.

La batterie britannique est relevée rapidement fin août, les 155 se posent alors à Grkarica et le génie britannique vient assez rapidement creuser les emplacements protégés des pièces et des munitions du TC 1.

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AuF1 embossé
Le chef de corps sur l’AuF1
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TRM 10000 enfoui
Juste en arrière d’une position de batterie sur Igman
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TC1
Plan élargi

La pluie va rendre glissant l’accès à la position qui est de plus fortement utilisée par les bûcherons bosniaques qui coupent le bois d’hiver. La batterie reçoit une unité pour 150 hommes et déploie la cuisine Etrac, les douches de campagnes et l’unité de lavage du linge. Le ravitaillement en eau se fait à partir de la fin septembre de concert avec le bataillon français. La batterie héberge pour sa protection deux groupes de deux warriors soit une trentaine d’anglais qui sont heureux de profiter des douches et de repas chauds.

Les sections de tir sont à peu près à mi-temps sur la position de vie et autrement sur une position de desserrement pour des périodes variables de quelques heures à quelques jours.

Les véhicules seront souvent embourbés et il faut la patience et l’expérience de Suippes pour en venir à bout. Les VBL font merveille. Les TRM10000 se comportent très bien sur tous les itinéraires où ils sont envoyés pour percevoir et transporter les ravitaillements essentiels. Carburants, alimentation, matériels complémentaires du commissariat, nécessitent pratiquement un convoi tous les deux jours vers Split, ou Ploce, ou Kiseljak ou encore Vitez et Lipa.

Les porte-chars sont utilisés pour amener à Igman des conteneurs, des blocs d’habitation, ou pour renvoyer des véhicules détruits vers Pleso (403° BSL). Le capitaine du 516°RT est placé au G3-G4 de l’état-major principal de la BMN et s’accommode très vite de sa nouvelle tâche.

Un PC Atila est immédiatement installé en altitude, en relais radio entre le PC tactique et le TC2. L’autre PC Atila est installé à mi-pente dans les ruines d’un hôtel. Les liaisons VHF et Atila sont bonnes, sauf avec Sarajevo pour laquelle il faut déployer un relais à proximité de l’observatoire de Viennac où se trouvent aussi un VOA et la section Ratac.

Le détachement de liaison du PC tactique est composé des deux équipages de VABDL avec au total quatre sous-officiers et deux pilotes. De façon à durer, cette équipe comporte aussi le VBL du chef de corps avec son conducteur, une P4 de renfort et un officier renseignement qui devient le permanent des 155 français au PC. A noter que pour le même type de poste, les britanniques ont placé un officier subalterne et un sous-officier, relevés toutes les 8 heures.

Le foyer met environ trois semaines avant de fonctionner sur des livraisons locales et un mois et demi avant de recevoir les commandes du commissariat. L’alimentation est très rapidement dans le rythme et dès l’arrivée à Igman, l’ordinaire sert des repas chauds où seuls manquent pendant trois semaines le pain frais et un peu de vin.

Les ravitaillements dans l’ensemble se passent bien sur des routes qui sont ouvertes et praticables. Les installations de vie deviennent confortables dès la mi-septembre et le moral reste très élevé.

Le soutien santé d’urgence (Evasan) est organisé par la brigade et le secteur d’altitude est confié au médecin du groupe avec son poste de secours principal au TC2. La batterie reçoit un petit poste armé par un infirmier permanent.

Le souci de cette période de septembre à octobre est celui de la sûreté rapprochée qu’il faut adapter sur cinq sites au moins et pour lequel il n’y a au départ ni effectifs, ni matériaux. En octobre les matériaux arrivent et le génie fournit une aide précieuse. La protection est enfin acceptable à ce moment là. Les interventions sur les matériels ne sont pas très nombreuses et Atila fonctionne presque en permanence.

Commentaires :
L’installation du groupe sur le mont Igman va occuper tout le monde en septembre et en partie en octobre parce que le terrain est difficile et que les délais préalables aux frappes ont été trop courts . Le génie travaille beaucoup et bien, qu’il soit français ou britannique, du BatFra ou du Bat 5 ou du BatGen. de Kakanj.
La logistique à l’inverse est très centralisée et l’absence d’un officier au G4 du PC tactique va conduire à beaucoup de problèmes, en particulier pour préparer l’hiver.
Dès septembre le souci numéro un du général commandant la brigade se tourne vers l’hivernage dont le but est de maintenir un millier d’hommes en altitude cet hiver. La conduite de cette opération en marge des autres va se heurter aux restrictions voulues par l’ONU sur les allocations de ressources.
L’artilleur sait s’adapter avec souplesse et tout en maintenant la disponibilité des canons, les problèmes se règlent un à un.
Fin septembre, un spécialiste des matériels chaud-froid du CAT et deux prévôts rejoignent les rangs, ainsi qu’un lieutenant du 40°RA pour commander la BCL.

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