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Réduction de la poche de Colmar

Mais la France n’est pas encore complètement libérée. Le Général commandant la Ière Armée a décidé de reprendre l’initiative pour réduire la poche de Colmar. La 2ème D.I.M. renforcée d’un Combat command de la Ière D.B., aura pour mission de rompre le dispositif ennemi en direction de Cernay, d’aider la 4ème D.M.M. à prendre cette ville et de livrer aux blindés les passages de la Thur.

L’attaque aura lieu le 20 janvier. Le froid est très vif, la neige est tombée en abondance. La préparation d’artillerie dure 40 minutes et l’infanterie part à l’assaut à 7h55. La résistance est vive et s’appuie principalement sur des casemates bétonnées de la guerre 14-18. Néanmoins, en fin de journée, la route Thann-Mulhouse est atteinte sur tout le front de la Division.

Dès le lendemain l’ennemi réagit. Il lance à la contre-attaque un bataillon frais appuyé par six automoteurs et reprend une partie du terrain perdu la veille. L’effort de la Division se porte alors sur Reiningue qui est pris le 22. Huit officiers allemands et deux cent hommes y sont faits prisonniers. Le couvent Oelenberg, dont les occupants ont été délogés par des tirs précis et massifs du IV/63, et le bois de Saulen sont occupés le 13.

Les jours suivants, des combats acharnés ont lieu pour la possession des cités ouvrières des mines de potasse. Après une préparation d’artillerie de 10 minutes, à laquelle participent sept groupes, dont les II/63, III/63, IV/63 et III/66, la Cité Else est prise dans la matinée du 24. Les Allemands essaient de reprendre l’agglomération dans l’après-midi, mais sont arrêtés par les tirs de trois groupes de 105 et de deux groupes de 155. Nos tirailleurs, appuyés par ces mêmes groupes, passent à la contre-attaque, prennent la poudrière et font prisonnier l’État-Major d’un bataillon de mortiers.

Le même jour, une contre-attaque allemande sur Reiningue est encore stoppée par l’artillerie. Les puits Amélie I, pris le 25 au cours d’une action appuyée par deux groupes de 155 de l’A.D./2 et deux groupes de 105, change de mains trois fois dans la journée et finalement nous reste.

La série d’attaques et de contre-attaques locales continue ainsi jusqu’au 2 février. La Cité Amélie I et la Cité Langenzug sont âprement disputées. La première est prise le 28 Janvier, la deuxième le 29. Pendant ce temps le 5ème R.T.M. procède au nettoyage du bois de Harth. Mais Wittelsheim résiste. Seule une attaque avec préparation massive d’artillerie pourrait en venir à bout. Elle n’est pas possible pour le moment en raison des restrictions imposées.

La lutte pour les mines de potasse est une des plus acharnée de la campagne de France. En outre, le froid est intense (- 16 dans la nuit du 29 au 30), il rend le combat pénible, cause des pertes et provoque des détériorations au matériel d’artillerie. La Division a été très éprouvée ces derniers jours (63 officiers hors de combat dont 10 tués, 1215 hommes dont 96 tués). Enfin la pénurie de munitions se fait sentir de façon aigüe.

L’artillerie a joué un rôle primordial dans ces actions, soit par ses préparations, soit par ses tirs à la demande de l’infanterie ou réglés par les observateurs avancés, soit par ses tirs d’arrêt. Un grand nombre de contre-attaques ont été brisées pas ses feux, en particulier le 26 au bois de la Harth, el 29 près de Wittelsheim, le 30 au Nord du Bois de Moss.

Le 28 janvier le Lieutenant Brisepierre, du II/63, règle des tirs sur chars et détruit trois de ces engins. Mais si les observateurs avancés continuent à fournir une aide des plus précieuses, ils paient encore de leur personne. Le 25, le capitaine Manescau et le Lieutenant Golliez, tous deux du III/63, sont blessés à l’observatoire par des éclats d’obus. D’autres pertes sont enregistrées dans l’A.D. pendant cette période. En particulier, le 2 février, quatre canonniers sautent sur des mines dans une rue de Lutterbach. Deux d’entre eux sont tués.

La reprise des opérations offensives est prescrite à la 2ème D.I.M. pour le 3 février, tandis que la 5ème D.B. fera effort au Nord de la poche de Colmar. Une nouvelle attaque de Wittelsheim est décidée, mais précédée cette fois d’une préparation d’artillerie de 15 minutes à laquelle prennent part quatre groupes de 105 et trois groupes de 155. L’ennemi réagit par des tirs de mortiers et d’artillerie. Mais à 15 heures, Wittelsheim est nettoyé, la Cité Rosallemend est prise.

Dans la nuit suivante, le 8ème R.T.M. franchit la Thur et trouve Stafelfelden inoccupé. Les Allemands ont décroché pour la 1ère fois depuis le 20 Janvier, premier jour de l’offensive sur Colmar. Le 4, Bollwiller, Feldkirch et les Puits Rodolphe sont occupés par notre infanterie. Le 5, l’Ill est atteinte. Les pontes ont sauté. Le franchissement de la rivière nécessite une opération, prévue pour le 6, mais l’ennemi effectue un nouveau repli dans la nuit et le 8ème R.T.M. passe sans difficulté à Réguisheim. La passerelle utilisée ne permet pas à l’artillerie de suivre. Le I/63, le III/66 ainsi qu’une batterie du III/63 sont obligés, le 7 février, de faire un détour considérable pour utiliser le pont d’Ensisheim. A minuit, une pièce de la 3ème batterie du I/63, poussée en première ligne, tire le premier obus de l’A.D./2 de l’autre côté du Rhin. Le 9, la Division s’empare de Rumersheim et Chalampé et borde le Rhin sur tout son front.

Ce sont désormais, ô joie intense pour une artillerie ! Éclatante revanche pour un Français ! les villages ennemis qui subiront les effets destructeurs de l’A.D./2.

Du 20 janvier au 9 février, 40.000 coups de 105 et 21.000 coups de 155 ont été tirés. Les Piper-Cubs ont été particulièrement actifs, repérant aux lueurs de très nombreuses positions de batterie, décelant les mouvements de l’ennemi, réglant des tirs sur des objectifs repérés, notamment sur les barques traversant le Rhin, indiquant l’état des ponts et des itinéraires que devait emprunter notre avance.

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