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1- Le débarquement en France - Le combat dans les Alpes.
 

Le débarquement en France - Les opérations dans les Alpes

L’Armée B a été constituée avec les quatre Divisions du C.E.F., la 9ème D.I.C., la 1ère D.B. et la 5ème D.B. Elle est commandée par le Général De Lattre de Tassigny et divisée en deux corps d’Armée. La 2ème D.I.M. appartient initialement au 1er Corps, commandé par le Général Béthouard.

Que l’Armée B soit destinée à un débarquement en France, ce n’est un secret pour personne. Où et quand ? C’est ce qu’on aimerait savoir. Si la région d’Avellino est agréable, si nos voisins les canadiens sont charmants, chacun est néanmoins impatient de participer à la libération de son pays.

Des bruits, puis des précisions parviennent jusqu’à l’A.D.D. L’Armée B, intégrée dans la 7ème Armée Américaine, sera dirigée vers le Sud Est de la France. La 2ème D.I.M. embarquera à Naples et ne commencera à débarquer qu’au jour D+10, D étant la date du 1er débarquement allié sur les côtes méditerranéennes.

Le 15 août, la nouvelle éclate. Le VIème Corps U.S. et le IIème Corps Français ont débarqué entre Toulon et Cannes. Le succès dépasse aussitôt les espérances.

Le détachement précurseur de l’A.D. et le II/63 qui font partie de la première tranche de la 2ème D.I.M. arrivent le 25 au matin en vue des côtes de Provence. Chacun se sent ému au plus haut point. N’est-ce pas un rêve ? Se peut-il que la terre, qui se dessine au loin, soit la terre de France ? Mais oui, c’est bien elle et c’est pour la libérer de l’envahisseur que la 2ème D.I.M. l’aborde aujourd’hui. La côte se rapproche encore, les navires s’arrêtent, déchargent personnel et matériel sur les L.C.M. et les Dukw [1]. Et le débarquement s’effectue, sans que l’on soit inquiété, sur une petite plage entre Cavalaire et St Raphaël.

Les autres tranches ne suivront qu’à intervalles de plusieurs jours. Le I/63 arrivera à D+15 et D+20, l’E.M. de l’A.D., la B.H.R. et le IV/63 à D+25, le III/63 à D+40.

Le Général Dody a débarqué avec la première tranche qui comprend un État-Major de Division réduit, le détachement précurseur de l’A.D., le 4ème R.T.M. et le II/63. Ces éléments se regroupent dans la région de Cogolin, et font mouvement sur Gap le 30 Août. Des contacts pris avec l’État-Major de l’Armée B, à Aix-en-Provence, il résulte que la Division doit relever les unités américaines qui sont en flanc-garde sur les Alpes, au Nord du col de Larche. La relève s’exécutera par groupements tactiques, sans attendre que toute la Division ait débarqué. Le général commandant la 2ème D.I.M. décide d’envoyer dans la région de Briançon le 4ème R.T.M. (moins un bataillon) appuyé par le II/63. Celui-ci se met en batterie le 1er septembre à Villars Meyer (8 km S.-O. de Briançon) et effectue quelques tirs dans la journée.

Briançon, prise une première fois, avait été perdue par les Américains le 30 août. Le 5 septembre, une attaque ayant pour but de reprendre la ville est montée sous les ordres du Général commandant l’I.D. Le II/63 appuie l’opération. Les forts de la Croix de Bretagne, de l’Infernet, des Gondrans et du Janus sont occupés le jour même. Le 7, Briançon est complètement nettoyée.

Le même jour, la 6ème batterie est détachée au Col de Vars pour participer à une action sur le Col de Larche. Cette action devient un objet sans lendemain, les Allemands s’étant repliés. Mais leur repli n’est que temporaire Ils contre-attaquent le 10 et repoussent les goums. La 6ème batterie doit se retirer de l’autre côté du Col de Vars.

Cependant, la 1ère et la 2ème batterie du I/63 ont débarqué le 30 août. La 2ème batterie est envoyée en Tarentaise, où le 5ème R.T.M. doit relever aussitôt que possible les éléments de la 3ème D.I.A. Elle sera rejointe le 9 par la 3ème batterie accompagnée du Chef d’Escadron commandant le I/63, qui prendra sous ses ordres l’artillerie de la Tarentaise (2 batteries du I/63, une batterie du RACAOF, C.C.I. du 5ème R.T.M.).

La 1ère batterie est dirigée sur le Fort du télégraphe où elle prend sa position le 5 septembre pour appuyer un bataillon du 5ème R.T.M. opérant en Maurienne. Dès le 1er jour elle met en fuite des Allemands qui cernaient les F.F.I. dans un village. Le 7, après avoir procédé à de nombreuses destructions, l’ennemi se replie jusqu‘à la Praz. Ce décrochage est attribué en partie aux tirs de la 1ère batterie. Mais l’objectif principal est Modane qui sera attaquée le 13 septembre. Le 12, la 4ème batterie du II/63 vient prendre position au Col de l’Échelle pour appuyer l’attaque, tandis que la 1ère batterie du I/63 se porte sur la rive droite de l’Arc. Le 13, ces deux batteries contribuent à l’enlèvement du fort du Sappey dont la chute rend Modane intenable pour l’ennemi. Les Allemand évacuent la ville le lendemain.

Briançon, Modane ! Deux nouveaux succès de la Division. À la fierté du vainqueur s’ajoute cette fois la satisfaction d’avoir libéré deux villes françaises et la joie de recueillir les remerciements de la population.

Aucune action importante n’est désormais prévue dans cette région. Le Général d’Armée a d’ailleurs l’intention de retirer la 2ème D.I.M. du front des Alpes pour l’envoyer en renfort dans l’Est. Elle sera relevée par les Groupements de Tabors Marocains et quelques unités de F.F.I. Le 64ème et le 69ème R.A.A. fourniront l’artillerie.

Tandis que les I/63 et II/63 prennent part aux opérations dans les Alpes, le débarquement de la Division se poursuit. Le 9 septembre, le Colonel commandant l’A.D., la B.H.R. et le IV/63 arrivent à Ste Maxime. Le L.C.I. qui transportait la B.H.R., pris dans une tempête à l’Est des bouches de Bonifacio, avait subi de telles avaries qu’il avait fallu le remorquer jusqu’à Ajaccio. Les passagers avaient continué le voyage à bord d’un destroyer.

Le 12, le Général Dody, nommé Gouverneur de Metz, fait ses adieux à la Division. Il est remplacé par le Général Carpentier.

Dès le 22 Septembre, le 4ème R.T.M fait mouvement sur Baume-les-Dames. Son groupe d’appui direct normal, le II/63, n’ayant pas encore été relevé par le R.A.A. n’a pu le suivre. Comme cette situation risque de se prolonger, le Général commandant la Division décide de faire relever le II/63 par le IV/63. Ce dernier, qui se trouvait inemployé à Saint-Laurent-du-Pont, près de Grenoble, fait mouvement sur Briançon le 23. Du 24 au 30, il tire sur le Fort Italien du Chaberton plus de 500 coups, dont quelques-uns atteignent les tourelles du fort sans effet de destruction apparent. Mais le 30 septembre l’ennemi fait lui-même sauter les tourelles. Dans la nuit suivante un audacieux coup de main est mené par les Allemands sur le village d’Abriès où se trouve le P.C. du Tabor et une section du IV/63. Les assaillants blessent une sentinelle de la section et mettent hors service, à l’aide de grenades incendiaires les deux canons et les deux tracteurs.

Le I/63 a été lui aussi amputé d’une pièce. Un cinquantaine de coups de 150 sont tombés dans la matinée du 26 Septembre sur la 2ème batterie, au Fort de Courbaton. Grâce aux abris bétonnés du Fort, il n’y a eu que deux blessés légers, mais un canon a été détruit par un coup au but.

Ce sont là les derniers incidents de la lutte dans les Alpes. La Division est appelée à participer à des opérations de plus grande envergure sur le front de l’Est.

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[1] Note de l’administrateur : véhicule amphibie destiné à décharger les cargos en l’absence de ports.


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