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La marche sur Sienne et Florence

Tandis que les unités de la 2ème D.I.M. jouissaient dans la région de Rome d’un repos bien accueilli, la 1ère D.I.M. poursuivant son avance, arrivait à Radicofani.

C’est là qu’a lieu la relève entre le 18 et le 20 juin. L’ennemi, paraît-il, se défend avec énergie. Sa retraite n’est pas une déroute. Ses mortiers, son artillerie font tous les jours de nombreuses victimes. Le 19, pendant la relève, Le Commandant de l’A.D./1, accompagné d’un de ses officiers, saute sur une mine au cours d’une reconnaissance en Jeep. Tous deux sont tués. Ce n’est que le 21 Juin que commencent les opérations de la 2ème D.I.M. Le P.C. de l’A.D., d’abord à Bosano, puis à Celle, s’est transporté à 3 kilomètres de Radicofani.

Quatre Groupements tactiques sont constitués. Deux d’entre eux sont maintenus en réserve de Division. Les deux autres sont engagés : à l’Ouest le Groupement C (8ème R.T.M., III/63) ayant pour axe de marche la route n° 2 ; à l’Est le Groupement B (5ème R.T.M., I/63, II/63) ayant pour axe de marche Celle-Vigo-Vallenova. Les autres groupes d’artillerie sont maintenus en action d’ensemble.

Le 21 juin, le passage de la rivière Orcia sur la route n°2 tombe entre nos mains. Mais les Britanniques, qui occupent le secteur de droite, sont encore en retard et découvrent largement le flanc de la 2ème D.I.M. Il n’est pas possible pour le moment de continuer l’attaque. Le Général Larminat, qui commande le Corps de poursuite, décide de faire effort par la gauche. Une opération combinée des deux divisions sur Castiglione est prévue pour le 24, puis reportée au 25. Mais l’ennemi décroche le 24 au soir et la préparation d’artillerie est inutile. Castiglione est occupé le 25 au matin.

Au cours de ces premières opérations, le Général Poydenot revient à l’A.D. mais pour y faire ses adieux. Nommé Inspecteur de l’Artillerie, il n’a pas voulu partir sans dire à ses chers artilleurs de l’A.D./2 la fierté qu’il avait éprouvé à les commander et à les conduire en Italie. C’est dans le lamentable P.C. situé près de Radicofani qu’il prend un dernier repas à son ancienne popote et remet son fanion au Colonel Lassus, qui lui succèdera.

Une nouvelle attaque, en direction de San Quirico d’Orcia, est prévue pour le 27 Juin. Les groupes détachent une batterie en avant de façon à appuyer la progression le plus loin possible. Mais une fois encore, ces préparatifs sont inutiles, le contact est perdu le 27 au matin.

Des décrochages de ce genre deviendront fréquents. Les tirs d’artilleries des jours précédents y inciteront l’ennemi. Les piper Cub, par l’observation des destructions opérées, annonceront le mouvement ou en détermineront l’ampleur. Les Groupements tactiques chercheront à rejoindre au plus tôt le gros de l’ennemi, qui n’est plus assez nombreux pour organiser et occuper à l’avance des positions de repli. Mais la poursuite est ralentie par les mines. Le Capitaine d’Artillerie Convert, qui commandait la C.C.I. du 4 R.T.M. est tué en sautant sur l’une d’elle le 27 Juin.

Le 28 juin, un document allemand trouvé à Cellemonti fait connaître que l’ennemi doit résister sur le ligne « Edith » passant par Buonconvento et Montérongriffoli. Le Général de Division décide d’attaquer la position avant qu’elle ne soit organisée. Le lendemain, sans action de force, elle est traversée sur presque tout le front.

La progression continue au même rythme. Montéroni est pris le 1er Juillet. Sienne est tout proche. Sienne, autre nom glorieux qui s’inscrira dans les annales de la 2ème D.I.M., Sienne, qui restera l’une des images les plus fraîches et les plus séduisantes que l’Italie ait laissées dans les mémoires ! Le 3 juillet, les chars du 3ème R.S.M., régiment de reconnaissance de la Division, entrent dans la ville. Elle est intacte.

Mais des mouvements Nord-Sud observés chez l’ennemi semblent indiquer qu’il a l’intention de résister, sinon de contre-attaquer de l’autre côté de Sienne. Les groupes sont portés dans la zone déjà entre nos mains au Nord de la ville. Au cours du déplacement, le Sous-Lieutenant Louet, le plus ancien des observateurs avancés du I/63, trouve la mort, sa voiture ayant sauté sur une mine. D’autres sont passés avant lui dans ce chemin creux, mais c’est lui que le sort a choisi, lui qui a si souvent risqué sa vie en première ligne, lui qui, grâce à son cran et à son audace, a si efficacement appuyé le 5 R.T.M. lors de l’offensive du 11 mai, lui qui a eu tant d’autres occasions de mourir. Il repose maintenant dans le petit cimetière français de Buonconvento.

Jusqu’au 21 Juillet, la physionomie des opérations ne changera guère : résistances ennemies que l’action des groupements tactiques ne suffira pas toujours à réduire, ruptures de contact au moment où la Division se prépare à monter à une action de force. Il s’agit de ne laisser aucun répit à l’Allemand en retraite L’opération qui semble avoir échoué parce qu’il est resté sur ses positions, est bien souvent une opération réussie ; elle aura provoqué un décrochage dans la nuit suivante.

Dans cette phase les groupes de 105 de l’A.D./2 sont employés alternativement en action d’ensemble et en appui direct de leur groupement tactique lorsque celui-ci est engagé. L’action d’ensemble à rarement l’occasion d’intervenir de façon massive. L’observation par Piper-Cub lui fournit la plupart de ses objectifs.

Le 10 et le 12 juillet cependant, l’ennemi se montre subitement plus agressif et lance des contre-attaques. La première, sur le 5ème R.T.M, est arrêtée par les feux du I/63. Quand à celle du 12, beaucoup plus sérieuse, sur le Belvédère, elle est stoppée, avant même que le contact ait lieu, par les tirs d’arrêt des 1/63, II/63 et IV/63 et des groupes américains qui appuient la Division.

Le 21 juillet, la 8ème Division Hindoue et la 2ème Division Néo-Zélandaise relèvent la 2ème D.I.M. et se partagent son secteur, au Nord de Castellina in Chianti. Florence n’est plus très loin. Hélas ! il ne sera pas donné à la 2ème D.I.M. de faire son entrée dans cette ville magnifique, car la Division est envoyée dans la région d’Avellino au Sud-Est de Naples. Elle s’y recomplètera, s’intègrera dans la nouvelle Armée B et ne reparaîtra plus sur le théâtre d’Italie.

Adieu Toscane, pays charmant ! À vous Messieurs les Hindous et les Néo-Zélandais ! La France nous appelle. Excusez-nous, c’est notre pays.

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