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Départ pour l’Italie

Le 5 Novembre, tard dans la soirée, un ordre du Général commandant la Division soulève une grosse émotion. Sans en révéler la destination finale, que néanmoins chacun devine, il prescrit l’envoi à Oran d’un détachement précurseur de la Division. Celui-ci se composera du Commandant Mondain, chef du 3ème Bureau, du Capitaine Piquemal, de l’I.D./2, de deux officiers de l’A.D./2 et de 20 canonniers de la B.R.H. Les artilleurs figurent en bonne place, ils ne s’en plaindront pas. Le Capitaine Declercq, de l’E.M. de l’A.D./2 et le Capitaine Valentin, du III/63 sont désignés.

À l’arrivée à Oran, les espoirs se confirment. Il s’agit bien d’un départ pour l’Italie, mais trois jours encore se passent avant l’embarquement. Trois autres longues journées en rade d’Oran et ce n’est que le 11 novembre que le convoi s’ébranle.

Vers 18 h 30, il se trouve au large de Mostaganem lorsqu’un spectacle inattendu s’offre aux yeux des passagers.

Des pots fumigènes, qui dégagent un abondant brouillard, sont lancés à la mer, les mitrailleuses de chaque bateau exécutent un tir à balles traçantes. Le feu d’artifice est magnifique. Exercice de D.C.A. sans doute ? Mais non, des avions apparaissent, piquent ou passent au ras de l’eau, entre les bateaux ; Une formidable explosion ! C’est un bateau de munitions qui saute. Un avion tombe en flammes à 200 mètres du « Betty Zone », Liberty ship qui transporte le gros du détachement précurseur. Et l’attaque continue pendant quarante minutes.

On saura plus tard qu’elle a coûté quatre bateaux, dont le « Nivôse » pétrolier de la marine de guerre française. Trois avions ennemis ont été détruits.

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Le pétrolier "Nivose"

Malgré ce début prometteur, le voyage ne sera plus marqué que par quelques alertes et la rencontre d’une mine dérivante, que les escorteurs s’efforceront de faire sauter. Et le 18 Novembre, l’île de Capri apparaît radieuse, puis, dans un soleil mouillé, le Vésuve et la Baie de Naples.

C’est l’Italie ! L’émotion est forte.

Des carcasses tordues et déchiquetées échouées dans le port, des quartiers en ruines témoignent des bombardements auxquels Naples a été soumis.

Pendant ce temps des convois interminables défilent sur les routes d’Afrique du Nord. Le 18 Novembre, l’A.D./2 est rassemblée à Bizerte. Le sol de l’ « aréa » qui lui est attribuée est détrempé. Heureusement l’attente ne sera pas longue. Les L.S.T. [1] sont à quai. Le 19 Novembre, dans l’ordre le plus parfait, les véhicules viennent se ranger devant leurs bateaux. Le soir, l’embarquement est terminé, le Général Poydenot passe une inspection des plus satisfaisantes. Seul le personnel de la B.H.R. [2] n’a pu trouver de place et rejoint tristement l’aréa détrempée.

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Le 20, le convoi se forme en rade de Bizerte et, au moment du départ, les pauvres délaissés de la B.R.H. arrivent triomphants sur un L.C.I. [3] qui sort de réparation.

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La traversée est sans histoire et deux jours plus tard, car les L.S.T. sont rapides, l’Italie apparaît. Le temps est maussade, le Vésuve se cache, la mer devient houleuse. Le débarquement dans le petit port de Bagnoli ne va pas sans incidents. Un L.S.T. s’échoue sur un banc de sable.

Néanmoins, le 25 Novembre, tout le monde se trouve rassemblé dans la région de Crispano - Caivano à 15 km au Nord de Naples. L’Artillerie est prête. Il semble qu’elle ne tardera pas à être engagée, car l’ordre arrive de la diriger le 2 Décembre vers la région de San Angelo d’Alife, en réserve de Corps d’Armée.

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[1] Landing Ship, Tank

[2] B.H.R.= Batterie Hors Rang

[3] LCI = Landing Craft Infantry


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