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03- Le régiment d’artillerie à cheval de la Garde Impériale (1806-1815)
 

Le régiment d’artillerie à cheval de la Garde Impériale (1806-1815)

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Le 15 avril 1806, l’escadron est transformé en régiment d’artillerie à cheval de la Garde.

Il est constitué de trois escadrons : 1° et 2° escadrons de vétérans (chefs d’escadron Greinier et Chauveau) et 3° escadron de vélites (chef d’escadron Boulart), comprenant chacun deux compagnies.

Les 1° et 2° escadrons totalisent 24 pièces : 12 de 8, 8 de 4 et 4 obusiers de 6, toujours du système Gribeauval.

L’escadron des vélites est de type « artillerie à pied » avec une compagnie équipée de pièces de 12 et l’autre avec des pièces de 8. Cet escadron est opérationnel au printemps 1807, après la bataille d’Eylau. A ce moment le régiment est alors doté de 36 pièces.

Chaque escadron compte 120 artilleurs d’où un effectif total de 360 artilleurs pour le régiment. Par la suite, les effectifs augmenteront et les compagnies seront portées à 80 hommes. C’est avec les 1° et 2° escadrons que le régiment participe à la campagne de l’hiver 1806 - 1807 ponctuée par les batailles d’Iéna (14 octobre 1806) et d’Eylau (8 février 1807). A priori, les compagnies semblent alors dotées de 4 pièces de 8 et deux obusiers de 6.

L’organisation de l’artillerie, avant Friedland (14 juin 1807) montre que le nouveau canon de 6 de l’An XI (septembre 1802 - septembre 1803) n’avait pas complètement remplacé les anciennes pièces de type Gribeauval de 8 et de 4.

Pour éviter d’emprunter à la ligne des unités d’artillerie pour renforcer la Garde, Napoléon décide en 1808 la création du 1° régiment d’artillerie à pied de la Garde. A cette occasion, le 3° escadron des vélites est retiré du régiment à cheval pour être le noyau du 1° régiment d’artillerie à pied de la Garde. Le régiment à cheval est alors réduit à deux escadrons, soit quatre compagnies.

Ce nouveau régiment d’artillerie à pied est essentiellement doté de pièces de 12. Ce régiment d’artillerie à pied de la Garde impériale ne voit le jour que suite au décret du 12 avril 1808 qui le fixe à 6 compagnies, tandis qu’un 2° bataillon du Train est formé en rapport. Le 15 décembre 1808, Antoine Drouot est désigné par l’Empereur pour prendre le commandement de ce 1° régiment d’artillerie à pied de la Garde.

En 1809, le régiment d’artillerie à cheval participe à la bataille de Wagram (5-6 juillet 1809), décisive pour l’issue de la Guerre de la Cinquième Coalition. Elle a eu lieu à 10 km au nord-est de Vienne. La bataille de Wagram est la plus meurtrière des guerres napoléoniennes jusqu’alors, et ne sera égalée ou dépassée que par les batailles de Borodino et Leipzig.

Lors de cette bataille, le régiment est toujours composé de 4 compagnies d’artillerie à cheval, servant 24 pièces désormais du Système de l’An XI soit 16 canons de 6 et 8 obusiers de 24. Lors de cette bataille, les quatre batteries à cheval de la Garde, commandées par le colonel d’Aboville et les chefs d’escadron Greinier et Chauveau sont rattachées à la division de cavalerie de la Garde.

En 1812, c’est dans la même configuration qu’en 1809 que le régiment fera la campagne de Russie où il disparaîtra presque entièrement comme la majorité des unités engagées.

Le 2 janvier 1813, Napoléon ordonne la formation de deux nouvelles compagnies à cheval. Le décret du 8 avril 1813 entérine la reconstitution du troisième escadron. Le régiment compte dorénavant 6 compagnies à cheval dotées chacune de 6 pièces.

Cette organisation restera la même jusqu’à la fin de la campagne de 1814. Il s’y sera même ajouté une 7° compagnie à cheval, constituée à partir de la compagnie de la « jeune » Garde de Joseph Bonaparte, rentrée en France après le retrait des armées françaises d’Espagne.

En 1814, l’artillerie française compte 328 compagnies : 252 à pied, 48 à cheval, 28 pour la Garde Impériale (6 à pied et 6 à cheval pour la Vieille Garde, 15 à pied et 1 à cheval pour la Jeune Garde). Chaque compagnie comporte 6 ou 8 pièces selon le calibre.

Chaque compagnie comprend : 1 capitaine en premier, 1 capitaine en second, 1 lieutenant en premier, 1 lieutenant en second, 1 maréchal des logis-chef, 4 maréchaux des logis dont deux montés, 1 fourrier, 4 brigadiers dont deux montés, 4 artificiers non montés, 12 premiers canonniers dont 6 montés, 36 seconds canonniers dont 18 montés, 2 trompettes.

Cela représente 68 hommes pour le pied de paix, effectif porté à 120 hommes pour le pied de guerre.

Suite à l’abdication de l’Empereur, et la dissolution de l’artillerie de la Garde par l’Ordonnance du 12 mai 1814, promulguée par Louis XVIII, les personnels sont répartis dans les régiments de la ligne conservés par le roi.

Lors des Cent jours, en 1815, l’artillerie à cheval de la Garde est reconstituée, mais à quatre compagnies seulement. Chaque compagnie est équipée de quatre canons de six livres et de deux obusiers.

Le régiment participe à la campagne de Belgique et tire les derniers coups de canon français à Waterloo le 18 juin.

Le 7 novembre 1815, l’artillerie de la Garde impériale est dissoute. La plupart des hommes sont affectés dans les régiments d’artillerie de la Garde royale qui sont alors organisés.


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