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Appareil Sagnac

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Fin 1914, Georges Sagnac [1] de la Faculté des Sciences de Paris, met au point la lunette acoustique interférentielle qui permet aux navires de localiser d’autres bateaux, dans le brouillard. Il adapte le système à l’écoute des avions. C’est un appareil à intensité maximum. Quatre cornets, dont les extrémités se rejoignent, sont montés sur un bâti qui peut être orienté en azimut et en site. Un tuyau souple aboutissant à une oreille de l’opérateur permet l’écoute. C’est un système d’alerte peu précis qui ne donne que des éléments de prépointage.

D’une grande simplicité et de faible coût, neuf exemplaires de ce matériel sont en place, à la date du 24 octobre 2015, au Camp Retranché de Paris (C.R.P.), deux à Dunkerque [2] et deux à Nancy. A cette même époque, l’Etat-Major des Armées en réclame trente autres pour la défense de l’Intérieur [3]. Une école de formation des écouteurs est créée à Bonneuil (au sud d’Arnouville les Gonesse).

Le 7 décembre 1917, la D.C.A. du Camp Retranché de Paris dispose de 53 postes de tir comportant 2 canons de 75 sur plate-forme, un projecteur et son appareil de détection. Il est aussi mis en place dans les postes d’écoute, de projecteurs, d’auto-canons et de mitrailleuses.

C’est la technique Sagnac qui est ensuite employé pour le goniomètre acoustique, le télésitémètre et le paraboloïde. Au début de l’année 1918, le lieutenant Crêté propose de transformer les nombreux appareils Sagnac non utilisés, en appareils à audition binauriculaire. Les résultats de ces modifications ne sont pas à la hauteur des espérances et le projet cesse. Les appareils Sagnac sont remplacés par le télésitémètre et le paraboloïde.

[1] Georges Sagnac physicien met en évidence l’effet Sagnac, qui est à la base du fonctionnement des gyrolasers.

[2] Dunkerque est le port où débarquent les troupes anglaises, et fait donc l’objet de bombardements allemands.

[3] Hors C.R.P. et certaines villes, les bombardements de nuit par l’aviation ne concernent pas l’artillerie antiaérienne aux Armées (source : « La D.C.A. de ses origines au 11 novembre 1918 » par le chef d’escadron Lucas 1932).


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