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Repérage des canons au son : l’orthophone

Le brigadier Claude (Maurice) de la section de repérage au son n° 4, appartenant à la Xème Armée, reprend le principe [1] et propose fin juin 1916 son orthophone au bénéfice de l’artillerie.

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Cet appareil d’une grande simplicité, comprend deux cornets orientés simultanément vers la source à localiser, et éloignés l’un de l’autre de 2 à 3 mètres. Cet éloignement permet d’augmenter la précision. Un tube spécial relie chaque cornet à une oreille de l’opérateur. A la base du mât, un réglette indique la direction du son sur une carte.

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En juillet 1916, après des essais concluants une section dotée de quatre orthophones est envoyée sur le front, à Lihons dans la Somme. Ces appareils donnent satisfaction, et le Grand Quartier général, avec l’avis favorable du général Bourgeois, Directeur du Service Géographique de l’Armée, décide la construction de soixante orthophones Claude [2].

Une école pour « écouteurs » est créée à Fontainebleau, sous la direction du lieutenant Labrouste et Claude y est affecté.

Le général commandant en chef les armées alliées en Orient demande en 1917, l’envoi de deux sections de repérage par le son avec le personnel au complet. En septembre de la même année, trois sections de repérage par le son et une section d’orthophones débarquent à Salonique et sont envoyées sur le front dans la région de Salonique. Cette section aux ordres du sous-lieutenant Claude sera le noyau à l’origine de la création de 10 sections d’orthophones.

Ces unités vont permettre la localisation de canons de tranchées, d’obusiers situés à moins de 2 km et de mitrailleuses. Le 6 août 1918, sur ordre du commandant en chef des forces alliées, la section d’orthophones n° 204 et la moitié des moyens de la section n° 205, commandées par l’adjudant Barral, sont mises à la disposition de la IIème armée serbe.

C’est le sous-lieutenant Claude qui est chargé de l’installation des matériels. Il est cité à l’ordre de l’Armée en janvier 1919 [3] :

« ...officier d’une très grande valeur et d’un dévouement sans égal. A rendu les plus grands services au cours de la préparation et de l’exécution de l’attaque du 15 septembre, par l’exploitation du système de repérage au son par orthophones dont il est l’inventeur, dans des circonstances particulièrement pénibles. S’est porté lui-même en avant avec les troupes d’attaque pour reconnaître de nouveaux emplacements afin de mettre rapidement ses postes en mesure de donner des renseignements. »

Mais l’artillerie française optera pour des systèmes de repérage au son plus modernes, utilisant des microphones comme le TM 16 [4].

Voir à ce sujet l’histoire de l’arme du repérage.

[1] Alfred M. Mayer fait breveter le 3 février 1880 sous le n° US224199A son topophone qui sert à détecter les navires, les icebergs dans la brume. La version du topophone sur un navire et l’orthophone se ressemblent.

[2] Source : « Sénat - Rapport fait à la commission de l’Armée sur les inventions intéressant la Défense Nationale » par le sénateur Lucien Cornet et adopté le 11 mai 1917.

[3] Source : « Journal officiel » du 4 janvier 1919.

[4] Voir « Le repérage par le son : les S.R.S. » sur le site BASART.


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