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L’artillerie de l’Hermione
 

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Ce texte vous est proposé par le général de division (2s) Thierry Ollivier, ancien commandant de l’école d’artillerie de Draguignan. Puis, vous trouverez l’écho à cet article, envoyé par un des membres de l’association chargée de la fabrication des canons de l’Hermione.

Bonne lecture ! et.... bon vent !

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J’ai visité samedi dernier (28 février 2015) l’Hermione au quai à La Rochelle, qui part en traversée inaugurale vers les Etats-Unis dans les semaines qui viennent. C’est une frégate d’une beauté saisissante. Son artillerie est impressionnante, totalement semblable dans les moindres détails à celle de 1780. Un musée vivant et naviguant.

L’armement d’un bateau était autrefois son artillerie, le reste était pour l’auto-défense ou l’abordage final. Les modes de fabrication ont reproduit ceux d’époque. Seule l’âme des canons est moins profonde, les canons tirent à blanc. Les affûts, bragues, palans de remise en batterie, croupières, palans de retraite, écouvillons, cuillers à poudre, cales de hausse, tire-bourre, parcs à boulets, etc. : tout est minutieusement reproduit. L’Hermione est d’ailleurs dite « frégate de XII » ce qui correspond au poids en livres du boulet de la majorité des canons à 8 servants et 1 mousse (il y a des canons de VI à 5 servants sur le pont). L’artillerie d’un bâtiment de guerre représentait 20% de son coût. 60 boulets par canon en début de campagne dont 10 ramés et 10 à mitraille. En tout 58 t de canons, 15 t de boulets, 2,5 t de poudre embarqués en dotation initiale.

Je joins trois photos évocatrices que j’ai prises. Outre la photo de L’Hermione, deux canons vus de l’intérieur du bateau, derrière leur sabord. Un du pont de gaillard, un canon de VI, et un du pont de batterie, équipé près de la bouche d’un manchon d’étanchéité en toile huilée pour éviter les entrées d’eau par le sabord.

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Canon de VI - Pont de gaillard
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Canon de VI - Pont de batterie

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Complément d’information apporté par Monsieur Philippe Rochard

"Je suis membre de l’association : « La Route des Tonneaux et des Canons » (RTC) [1] qui était maître d’œuvre pour la fabrication des canons installés sur L’ Hermione que votre rédacteur de l’article a visité. Je me permets, à ce titre, de vous communiquer quelques indications complémentaires sur ces canons.

Ce mandat nous avait été confié par l’association : « Hermione La-Fayette », nous avions pour mission de retrouver les modèles historiques des canons de l’Hermione construite en 1780 à Rochefort et de les refaire fabriquer à l’identique mais, incapable de tirer des boulets, pour des raisons de sécurité, faut-il le préciser, cependant, à même de faire tout le bruit souhaitable et de produire des flammes et fumées plus vrai que nature. C’est pourquoi votre rédacteur avisé a remarqué que : « Seule l’âme des canons est moins profonde ».

Pour information, nos recherches ont abouti aux modèles des canons type MARITZ année 1766

  • calibre 6 = 6 PIEDS 2 POUCES soit 2,004m + bouton,
  • calibre 12 = 7 PIEDS 6 POUCES soit long 2,44m + bouton.

Ce sont les plans historiques de ces modèles qui ont été utilisés pour la fabrication des canons installés sur le bâtiment actuel.

A l’occasion de ce partenariat et de nos recherches, un comité de passionnés issu de notre association, a publié aux éditions Le Croît Vif en 2015 un ouvrage de 320 pages largement illustré intitulé : « Le fabuleux destin des canons de l’Hermione ».

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Cet ouvrage reprend toute l’épopée de ces antiques canons, de leur naissance dans les forges d’Angoumois, Limousin, Périgord à l’échouage de l’Hermione le 20 septembre 1793 sur le plateau du Four au large de Le Croisic.

Malheureusement, tous les exemplaires édités sont épuisés et, si vous ne l’avez déjà, en trouverez vous un rescapé au fond d’une librairie ou sur un site de vente."

[1] P.S. actuellement,notre association inventorie et recherche toutes indications sur les canons fabriqués sur le territoire Angoumois, Limousin et Périgord ; si vous avez des informations à ce propos ou l’un d’entre eux dans votre musée, nous serions intéressé.

Le Blog de l’association :
http://www.la-rtc.fr/


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