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1- Les instruments de levés en 1918
 

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Les matériels sont exclusivement décrits pour être facilement identifiés. Pour leur mise en oeuvre dans tous les différents procédès topographiques, vous reférer directement sur le site Gallica.

Les Instruments de levés [1] :

La planchette (et son pied)

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La planchette est une tablette rectangulaire, en bois bien dressée, destinée à supporter la feuille de papier à dessin du levé.

Le dessous de la planchette porte une plaque en bronze percée d’une ouverture circulaire et d’une rainure.

Dans les angles de la planchette sont percés des trous circulaires destinés à recevoir les vis fixant le déclinatoire.

Le pied de planchette est formé de trois pieds doubles réunis à un plateau au moyen de boulons en bronze munis d’écrous à oreilles.

Le plateau est percé en son centre d’un trou traversé par un boulon à ergot [4]. La tige du boulon est terminée par un méplat circulaire qui s’engage dans l’ouverture circulaire du dessous de planchette, puis sur la rainure. Le serrage de l’écrou, fait à ce moment, assure la fixité de la liaison de la planchette à son pied.

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Le déclinatoire

(JPG)
déclinatoire sur planchette
(en bas à droite)

Il se compose d’une aiguille aimantée montée sur un pivot placé au centre d’une boite rectangulaire. Deux traits tracés sur deux plaques d’ivoire (petits côtés de la boîte) permettent de repérer rigoureusement la position de l’aiguille.

Une vis arrêtoir permet d’immobiliser l’aiguille pendant la marche (certains modèles sont dépourvus de vis arrêtoir).

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L’alidade nivelatrice

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L’alidade nivelatrice sert à effectuer des visées en direction et des mesures de pente. Elle se compose :

  • D’une règle taillée en biseau (portant une échelle en millimètres et une échelle des cotangentes) ;
  • D’un niveau placé au centre de la règle ; deux cames (ou excentriques) permettent d’assurer l’horizontalité de la règle ;
  • De deux pinnules pliantes, l’une munie de trois œilletons, l’autre d’un fil tendu en son milieu et graduée sur chacun de ses bords. Chaque division a pour valeur un centième de la distance des deux pinnules redressées.

Les graduations, l’une ascendante, l’autre descendante sont chiffrées de O à 40.

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La règle à éclimètre

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La règle à éclimètre, associée, au jalon-mire, sert à effectuer des visées en direction, des mesures de pente et de distance. Elle permet d’exécuter toutes les opérations topographiques à la planchette.

Cet instrument se compose d’un éclimètre monté sur une règle divisée taillée en biseau.

L’éclimètre sert à la mesure des angles de pente et des distances ; le biseau de la règle au tracé des directions des points visés.

La règle est munie d’une rallonge coulisse, graduée comme une règle à calcul et destinée à effectuer les calculs de réduction à l’horizon et de dénivelées.

Un petit niveau sphérique est fixé sur la règle.

L’éclimètre est formé par une lunette faisant corps avec un limbe denté, gradué sur son pourtour de 10 grades en 10 grades. L’intervalle de deux dents vaut 5 grades.

Ce limbe denté est monté sur un axe horizontal, qui est commun à un autre disque circulaire muni de trois dents s’engrenant dans celles du limbe denté. La dent supérieure porte un repère. Un ressort à boudin, monté sur l’axe, maintient au contact le limbe denté et le disque. Le disque porte un niveau cylindrique.

L’axe horizontal autour duquel peut tourner l’ensemble disque, limbe denté, lunette) est monté sur un bâti faisant corps avec la règle ; une vis de rappel commande ce mouvement.

Un prisme placé près de l’oculaire permet de faire les visées en regardant de haut en bas, ce qui facilite les lectures.

Au foyer de l’objectif se trouve le tableau focal, comportant plusieurs graduations micrométriques et présentant l’aspect de la figure ci-contre :

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1° - Au milieu, un grand trait, pointillé sur une partie de sa longueur et perpendiculaire à l’axe de l’éclimètre. Ce trait sert pour les visées en direction ;

2° - Une échelle dite des grades, chiffrée de 0 à 5, divisée en 50 parties égales valant chacune 1 décigrade. Cette échelle sert à la mesure des angles de pente ;

3° - Deux échelles stadimétriques, l’une verticale, l’autre horizontale, divisées en parties inégales, servant à la mesure (les longueurs ;

4° - Trois traits stadimétriques horizontaux et trois traits stadimétriques verticaux pour l’utilisation d’une mire parlante (mire graduée en centimètres). Les deux angles stadimétriques ont pour tangentes 1/50 et 1/100.

Mise au point. - Un coulant porte-oculaire d’effectuer la mise au point en déplaçant l’oculaire jusqu’à ce qu’on obtienne une image très nette du tableau focal.

Réglage de l’objectif. - En principe, ce réglage ne doit pas être fait par les opérateurs. Quand l’objectif est déréglé, on doit renvoyer l’instrument en réparation au Groupe de Canevas de Tir de l’Armée.

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Le jalon mire

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Le jalon-mire a 2 m.50 de longueur. Il est muni de deux voyants fixes placés à 2 mètres l’un de l’autre, portant sur une face une ligne de foi noire sur fond blanc, sur l’autre une ligne de foi blanche sur fond noir.

Un voyant mobile intermédiaire rouge et blanc peut être fixé à volonté sur le jalon d’un collier de pression.

Ce voyant se déplace le long d’une graduation en centimètres permettant de repérer sa position.

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Le fil d’acier de 20 mètres

Il est formé de six torons de fil d’acier sur une âme de chanvre, et de deux poignées. Chaque poignée est terminée par une tranche où est creusée une gorge demi-cylindrique. Ce sont les tranches des poignées qui limitent les 20 mètres. Les gorges sont destinées à s’appuyer contre des fiches de fer.

Un jeu de dix fiches de fer et une fiche plombée accompagnent le fil.

Pour le transport, le fil est enroulé sui un tambour en bois. Il faut, éviter de détordre le fil en l’enroulant sur son tambour, de trainer le fil sur le sol, en cours d’opération, dans les transports d’un point un autre, et, encore plus strictement, de le replier comme un paquet de corde. Le fil doit toujours être transporté enroulé sur son tambour ou tendu modérément et soulevé de terre par deux opérateurs.

Les mètres sont indiqués par des bagues en laiton serties sur le fil ; les 10 mètres, par une bague plus grande.

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La boussole alidade Peigné

(JPG)

La boussole alidade Peigné est une boussole de reconnaissance qui permet des opérations topographiques rapides, mais relativement peu précises.

Elle permet la mesure d’un orientement rapporté au Nord magnétique, et la mesure d’une pente.

Le procédé de mesure de longueur à associer avec l’emploi de la boussole Peigné est le double-pas étalonné.

Description. - Elle se compose d’une boîte, d’un couvercle et d’une tige charnière.

Au fond de la boite est un cercle gradué (degrés, grades ou millièmes).

Au centre de ce cercle un pivot qui soutient une aiguille aimantée ; un frein permet d’amortir les oscillations de l’aiguille et un bouton moleté de la fixer dans une position donnée.

Le couvercle porte une glace, qui présente une fenêtre sur laquelle sont tracés deux traits formant pinnule-objectif.

La tige-charnière présente une fente qui forme pinnule-oculaire. Un côté de la boite et du couvercle porte un biseau gradué.

Il y a deux types de boussole Peigné qui diffèrent par le détail suivant :

1er Type. - Un perpendicule est placé dans la boîte au-dessous de l’aiguille et peut osciller, quand la boîte est tenue verticale, devant une graduation qui donne les pentes.

2e Type. - Le perpendicule est placé au fond du couvercle, et se manœuvre à l’aide d’un bouton poussoir extérieur au couvercle.

Dans ce deuxième type, le côté de la boîte et du couvercle opposé au biseau gradué porte une rainure.

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Le goniomètre boussole

ou
goniomètre boussole de batterie

Deux modèles :

  • Campagne, modèles 1916 et 1917 (gradués en millièmes) ;
  • Siège et Place, modèle 1917 (gradué en grades).

Les modèles ne diffèrent que par quelques détails.

Le goniomètre-boussole de batterie est un instrument très portatif destiné aux opérations topographiques courantes et à la préparation du tir pour les matériels pourvus d’un appareil de pointage divisé en 6.400 millièmes ou en 4.000 décigrades.

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L’instrument comporte un viseur prismatique, à grand champ et un déclinatoire, tous deux solidaires d’un plateau supérieur Q.

Modèle Campagne 1916

Trépied. - Le trépied se compose de trois branches à coulisse et d’un tube vertical coulissant qui peut se fixer à volonté par la clef de serrage B.

Lorsqu’on n’a pas de raison spéciale de placer le goniomètre à une hauteur déterminée (visée par un créneau, etc.), il est prudent de laisser le tube coulissant vertical au bas de sa course : on évite ainsi des vibrations gênantes pour les pointés et pour l’observation de l’aiguille aimantée.

Verticalité de l’axe. - L’axe du goniomètre est fixé sur le trépied par une rotule R, libérée ou immobilisée par la clef de serrage G. Un petit niveau sphérique H, solidaire du plateau inférieur, permet de rendre l’axe vertical.

Viseur. - Le viseur est mobile dans un plan (vertical quand l’appareil est en station), sensiblement parallèle à la direction repère de l’aiguille aimantée. Il peut être rendu horizontal à, l’aide du niveau V, qui en est solidaire ; le mouvement en hauteur est commandé par la vis U.

Le viseur est une petite lunette à prismes (grossissement voisin de 4).

Le micromètre du viseur comporte : une ligne de foi verticale pour les pointés en direction et une graduation d’angle de site de -100 millièmes à +100 millièmes. L’axe optique est défini par l’intersection du trait vertical du micromètre et du trait zéro de l’échelle des sites. Un trait pointillé indique la hauteur type de 3 millièmes.

Déclinatoire. - Un levier de sûreté D permet d’immobiliser l’aiguille aimantée pour les transports ; à la position de route, le levier doit être à droite.

Pour conserver la sensibilité du déclinatoire, il est indispensable de caler le déclinatoire avant de remettre le goniomètre dans son étui.

Un petit prisme placé à côté du verre d’œil de l’oculaire du viseur permet d’observer avec précision une des pointes de l’aiguille aimantée ainsi que le repère correspondant.

Mouvement en direction. - Le mouvement général de l’ensemble de l’appareil est donné : soit rapidement, en desserrant la clef C ; soit lentement, la clef C étant serrée, en agissant sur le bouton moleté S.

Le mouvement relatif du plateau supérieur, qui entraîne avec lui le viseur et le déclinatoire, est donné : soit rapidement, en appuyant à, fond sur la palette de débrayage W ; soit, lentement, la palette W étant revenue à, sa position d’embrayage, en agissant sur le bouton moleté T.

Dans le cas où palette W ne revient.pas à sa position normale d’embrayage, ne pas essayer de la relever la main, mais tourner le bouton moleté T ; la palette se relèvera d’elle-même.

(JPG)

Graduations.

  • 1° Le goniomètre boussole campagne 1916 comporte une graduation continue de 0 à 6.400 millièmes : division en centaines de millièmes sur la couronne inférieure, à laquelle correspond l’index noir X du plateau supérieur ; appoint en millièmes de O à 100 sur la partie gauche du tambour, en face de l’index Y.
    Cette graduation comporte une double chiffraison :
    • Une chiffraison rouge (chiffres rouges de la couronne inférieure et de la partie gauche du tambour), croissant dans le sens de la marche des aiguilles d’une montre.
    • Une chiffraison noire (chiffres noirs de la couronne et du tambour), croissant en sens inverse.
  • 2° Le goniomètre boussole étant plus particulièrement destiné aux batteries de 75, a été muni d’une division auxiliaire permettant la lecture directe de la dérive (Plateau : tant ; Tambour : tant), quand on l’utilise pour rendre une pièce parallèle à la visée zéro de l’instrument.
    La lecture zéro de la graduation continue (index X en face de la division O de la couronne inférieure) correspond à la lecture Plateau : 0 - Tambour : 100, de la graduation auxiliaire.
    Un des quadrants de la couronne supérieure du goniomètre boussole est divisé en huit secteurs marqués P L. O, P L. 2, etc. P L. 14. A cette graduation en plateau correspond l’un des quatre index noirs triangulaires tracés sur les traits O, 16, 32, 48 de la couronne inférieure.

On lit l’indication : Plateau : tant, gravée sur le secteur qui se trouve en regard d’un de ces quatre index triangulaires.

Chaque secteur Plateau du quadrant divisé comporte une partie lisse et une partie quadrillée rouge.

Si l’index indiquant le plateau se trouve en face d’une partie lisse, l’appoint, qui est alors compris entre O et 100 se lit sur le bouton divisé en face de l’index Y (gravé sur fond lisse), en se servant des chiffres rouges de gauche.

Si l’index indiquant le plateau se trouve en face d’une partie quadrillée rouge, l’appoint qui est alors compris entre 100 et 200 se lit sur le bouton divisé en face de l’index Z (gravé sur fond quadrillé rouge), en se servant des chiffres de droite.

Lectures. - Dans l’exécution des opérations topographiques [5], faire les lectures en se servant exclusivement de la graduation en direction continue croissant dans le sens de la marche des aiguilles d’une montre, c’est-à-dire :

  • Lire les centaines de millièmes (de O à 63) sur la chiffraison rouge de la couronne inférieure, en face de l’index noir X du plateau supérieur. -*Ajouter l’appoint (de O à 100 millièmes) pris sur la graduation de gauche du tambour divisé (chiffres rouges) en face de l’index Y, gravé sur fond lisse.

Dispositif d’éclairage pour les opérations de nuit. - Le dispositif d’éclairage comporte une boite pile, une pile, un rhéostat, un interrupteur, du fil conducteur et une ampoule dont la monture se fixe au montant de gauche du viseur ; la lumière tombe alors sur la tranche du micromètre et illumine l’échelle ; l’éclairement peut être réglé à l’aide du rhéostat. L’ampoule peut être également utilisée pour faciliter les lectures d’angles et pour éclairer l’aiguille aimantée.

N.-B. - A défaut de ce dispositif, on peut utiliser une lampe électrique de poche (prendre garde à l’action de l’étui, généralement magnétique sur l’aiguille aimantée).

Modèle Campagne 1917

Le modèle campagne 1917 ne diffère du modèle 1916 décrit ci-dessus que par les détails suivants :

Trépied. - Les pieds coulissants sont renforcés ; il en est de même de la douille du tube coulissant. Il vaut mieux, néanmoins, pour éviter les vibrations, s’abstenir, si possible, d’élever le tube de plus d’une quinzaine de centimètres dans sa douille.

Viseur. - L’oculaire est pourvu d’une mise au point actionnée par une manette M.

Le micromètre comporte, à droite de l’échelle de site en millièmes et de la ligne de foi verticale, une échelle stadimétrique en mètres servant à la mesure des distances avec le jalon-mire de 2 mètres.

Déclinatoire. - Le repère de l’aiguille aimantée est réglable (petite vis située à la base du support du prisme) pour permettre de rendre deux goniomètres-boussoles exactement comparables.

Graduations. - La couronne inférieure est divisée et numérotée en centaines de millièmes (de 0 à 63) et le tambour donne les appoints de O à 100 millièmes par lecture en face de l’index Y, mais la graduation ne comporte qu’une seule chiffraison rouge croissant dans le sens du mouvement des aiguilles d’une montre.

Les lectures en Plateau et Tambour (canon de 75) se font comme sur le modèle 1916.

Modèle Siège et Place 1917

Il ne diffère du modèle campagne 1917 que par la graduation en direction. La couronne inférieure, est divisée en centaines de décigrades (de O à 39) ;

Le tambour donne les appoints en décigrades, de 0 à 100.

La graduation comporte une double chiffraison : une chiffraison rouge (chiffres rouges de la couronne et de la partie gauche du tambour) croissant dans le sens de la marche des aiguilles d’une montre ; une chiffraison noire (chiffres noirs de la couronne et du tambour) croissant en sens inverse.

Pour les opérations topographiques se servir exclusivement de la graduation rouge.

Remarque. - Le micromètre est identique à celui du modèle campagne 1917.

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[1] cliquer sur l’objet pour y accéder directement.

[2] Artillerie Lourde Grande Puisssance

[3] Artillerie lourde Longue

[4] Cet ergot est engagé dans une rainure pratiquée le long du trou central plateau et empêche le boulon de tourner quand on serre son écrou à oreilles.

[5] décrites par ailleurs dans le document de référence. S’y reporter si nécessaire.


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