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01 - Présentation du Manuel de l’Officier orienteur d’Artillerie - édtion 1918
 

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C’est de ce document qu’est extraite la plupart des articles qui alimentent cette rubrique, ainsi que des descriptions de matériel d’époque (à voir dans la rubrique Matériels). Il est consultable au centre documentation du musée de l’artillerie.
Nous nous limitons à vous donner ici, son introduction, qui est assez révélatrice de son contenu, tout en nous plaçant dans un contexte où apparaissent les véritables préoccupations du moment.
Pour avoir plus de précisions sur son contenu, aller voir sa version numérisée sur ce site : Gallica-BNF

INTRODUCTION

La présente édition du Manuel de l’Officier orienteur d’Artillerie constitue une révision et une mise au point, de la première édition parue en mai 1917.

Elle est rédigée sur un plan général nouveau.

Le premier fascicule est consacré aux généralités devant être connues de tous les Officiers orienteurs d’artillerie. Il contient l’exposé complet des méthodes et opérations topographiques en usage dans l’Artillerie de campagne et d’Artillerie lourde courte.

Le deuxième fascicule [1] constitue un Supplément spécialement destiné aux Officiers orienteurs d’Artillerie lourde longue et d’A.L.G.P. [2].

Dans cette édition, on a eu soin de mettre en harmonie, les questions communes traitées dans le Manuel et dans « l’Instruction sur le tir d’artillerie » du 19 novembre 1917 - et cela, non seulement dans leur esprit, mais encore, chaque fois qu’il a été possible, dans leur forme même [3].

PREMIER FASCICULE

(MANUEL PROPREMENT DIT)

Le premier fascicule comporte deux Parties et des Annexes.

PREMIÈRE PARTIE

La première partie renferme les six chapitres techniques relatifs aux éléments de cartographie et de topographie, dont la connaissance est nécessaire pour résoudre divers problèmes de détermination de directions ou de positions qui sont la base de l’organisation topographique du tir de l’artillerie [4].

Elle décrit, en détail, le mode d’emploi de la planchette et du goniomètre boussole, qui sont les instruments topographiques courants de l’Artillerie de campagne et de l’Artillerie lourde courte.

DEUXIÈME PARTIE

La deuxième partie traite, dans ses trois premiers Chapitres, de l’application aux questions d’artillerie des procédés topographiques exposés dans la première partie. (VII Reconnaissance, - VIII Observation terrestre, - IX Préparation du tir).

Dans le chapitre VIII, Observation terrestre, on a présenté un tableau complet de tous les modes d’observation du tir utilisés par l’artillerie. On a donné quelques compléments à l’exposé contenu dans « l’Instruction sur le tir d’artillerie » sur les modes d’observation susceptibles d’être pratiqués par les unités elles-mêmes [5], en particulier, sur l’observation conjuguée par recoupements topographiques, - dont l’emploi peut être l’objet d’une certaine généralisation, en raison de ce qu’il ne met en œuvre que des moyens très simples.

Dans le chapitre IX, Préparation du tir, on n’a traité que des « mesures topographiques préliminaires », laissant de côté la mise en surveillance, la formation du faisceau parallèle, et la détermination des éléments initiaux du tir [6].

L’exposé contenu dans « l’Instruction sur le tir d’artillerie » a été intégralement reproduit, mais il y a été joint un certain nombre d’exemples pratiques, propres à illustrer les divers procédés indiqués dans l’Instruction [7].

En outre, pour tenir Compte des enseignements des récentes opérations militaires comportant des phases de mouvement, on a mis en relief, dans ce chapitre, les procédés rapides de préparation du tir auxquels il faut avoir recours quand le temps manque pour l’application des procédés réguliers.

Enfin, dans un dernier chapitre (chapitre X), on a envisagé les Fonctions de l’Officier orienteur. On y a énuméré, sommairement, l’ensemble des opérations et études, d’ordre topographique, que l’Orienteur peut être appelé à exécuter. En sorte que ce chapitre constitue comme le cadre dans lequel doit se déployer son activité, pour tout ce qui regarde les reconnaissances, l’observation terrestre, et la préparation du tir. II est superflu d’ajouter qu’il ne vise qu’à servir de memento à l’Officier orienteur. Il ne saurait être question en effet de règlementer ici, d’une manière étroite, les fonctions de cet officier. C’est à son Chef d’escadron qu’il appartient de définir et de préciser toutes les missions qu’il entend lui confier.

ANNEXES

ANNEXE I
Compléments

En vue d’alléger le corps du Manuel, et le rendre d’une lecture plus facile, on a reporté dans une Annexe (Annexe I) l’exposé de certaines questions et les développements dont la connaissance n’est pas indispensable aux Officiers orienteurs.

C’est ainsi, en particulier, qu’on y a placé un Chapitre sur les « Erreurs des opérations topographiques de l’Artillerie », les résultats obtenus et énoncés au cours de ce chapitre étant, d’ailleurs, utilisés dans les deux parties du Manuel.

C’est ainsi également qu’on n’a donné, dans le Corps du Manuel, qu’une so1ution unique pour chaque problème envisagé, - et qu’on a reporté à l’Annexe I les autres solutions. II a paru qu’une telle manière de faire présenterait l’avantage d’uniformiser l’instruction et d’éviter que les officiers qui voudraient étudier le Manuel, sans avoir passé par le Cours d’Officiers orienteurs, furent embarrassés par la multiplicité des procédés décrits.

Le Chapitre XI consacré aux Erreurs des opérations topographiques de l’Artillerie, mentionné ci-dessus, a été l’objet d’un développement important et d’une présentation nouvelle.

On y a fait l’étude des erreurs probables des diverses opérations topographiques. L’Officier d’artillerie, connaissant ainsi l’ordre de grandeur des erreurs de sa préparation topographique, sera en mesure de déterminer plus judicieusement les éléments de ses tirs.

On a montré, en outre, que, - les erreurs propres du matériel (écarts probables en direction et en portée) étant faibles et, d’autre part, les erreurs dues l’inexacte connaissance des conditions du moment voyant leur importance diminuer de jour en jour [8] - ce sont les erreurs dues à la seule préparation topographique qui jouent finalement un rôle prépondérant dans les erreurs des tirs de l’artillerie. On conçoit donc qu’il y ait le plus grand intérêt à les réduire. Ce résultat ne saurait d’ailleurs être obtenu que grâce à un entraînement constant des Officiers orienteurs, et de tous les officiers qui participent à la préparation du tir.

ANNEXE II
Procédés d’orientement astronomique
à l’usage de l’A.C. et de l’A.L.C.

Cette Annexe donne la description d’orientement astronomique par le pointé en direction du soleil au voisinage de son lever ou de son coucher, dont la pratique vient d’être introduite dans les unités d’Artillerie de campagne et d’Artillerie lourde courte.

AUTRES ANNEXES

D’autres Annexes contiennent des renseignements qu’il sera commode de trouver dans le Manuel : Dotations en matériel topographique et d’observation des E.M. et Unités d’artillerie, - Division des appareils de pointage en usage dans l’Artillerie, etc.

Le Manuel de l’Officier orienteur ainsi conçu est destiné, en principe, à servir d’aide-mémoire aux Officiers ayant suivi le Cours spécial [9] . Toutefois, il essentiel de le rappeler ici, ce qui importe par-dessus tout, en matière d’instruction topographique, c’est de multiplier les exercices et travaux sur le terrain, de manière conserver l’entrainement indispensable. Au cours leurs travaux, les Officiers s’efforceront toujours de mettre en pratique le principe suivant, sur lequel on a insisté diverses reprises.

Tout d’abord « faire vite » c’est-à-dire exécuter chaque opération, résoudre chaque problème, comme si les résultats devaient en être utilisés à bref délai. Fût-ce aux dépens de la précision, rechercher d’abord la solution la plus rapide. Après, le temps le permet, perfectionner les résultats obtenus, soit par le développement de la première opération (par exemple établissement progressif du croquis perspectif), - soit par l’application d’une méthode différente plus précise (par exemple : substitution des procédés réguliers aux procédés rapides dans la préparation topographique de tir).

Les avantages d’une telle manière de faire sont évidents. En premier lieu, le résultat rapide et sommaire d’abord obtenu n’est jamais inutile, même si on a le temps de faire mieux par la suite [10] . Mais surtout son plus précieux avantage est le suivant : dans les opérations actives qui sont, en définitive, de beaucoup les plus importantes, et qu’il faut jamais cesser d’avoir en vue, les circonstances imposeront fréquemment l’exploitation presque immédiate d’un travail à peine commencé. Or, le travail entrepris de la manière qu’on vient de dire fournira toujours de suite utilisables et convenablement adaptés la situation. On ne sera jamais pris au dépourvu.

Il est indispensable d’orienter dans cette voie l’instruction des Officiers.

Leur stage terminé, ces officiers devront poursuivre leur entraînement dans le même sens, de manière à s’assouplir parfaitement la pratique des procédés rapides et à acquérir les réflexes indispensables à leur application. Ce n’est qu’à cette condition qu’ils seront capables, dans toutes les circonstances, de rendre les services qu’on attend de leur formation spéciale.  

[1] En préparation

[2] Il comprendra en particulier : L’emploi du théodolite (observation, utilisation des observations, méthodes de calcul) ;
L’étude des procédés astronomiques d’orientement ;
L’exposé de procédés de pointage spéciaux à l’A.L.G.P. ;
Le réglage par intersection aux objectifs invisibles.

[3] C’est ainsi que, en particulier, dans le 2ème partie du Manuel, on a adopté le mode général d’exposition de « l’instruction sur le Tir » et qu’on a donné à plusieurs chapitres du Manuel, des titres identiques à ceux de l’instruction : Reconnaissances, Observation, Préparation du tir.

[4] Les définitions et exposés des différentes méthodes topographiques ont été donnés au Chapitre IV, consacré à la planchette topographique et, afin d’éviter les redites, n’ont pas été répétés dans le Chapitre V, consacré au goniomètre boussole. Ils n’en sont pas moins d’une application générale.

[5] Le réglage par intersection sur objectif invisible, pratiqués par des Sections spéciales (S.R.O.T., sections de télémétrie) est exposé dans le Supplément au Manuel.

[6] Y compris le calcul des corrections atmosphériques et balistiques, le quel, depuis la 1ère édition du Manuel, a été introduit dans l’Instruction sur le tir d’artillerie.

[7] L’Instruction sur le tir d’artillerie a rendu réglementaire ces procédés, étudiés et expérimentés dans les cours d’Officiers orienteurs, et consacrés par l’expérience de la guerre.

[8] En raison des perfectionnements constants apportés dans le calcul des corrections atmosphériques et balistiques.

[9] Il va de soi que les officiers de batterie, qui n’ont pas passé par le cours d’Officiers orienteurs, consultèrent cependant le Manuel avec fruit.

[10] Il prépare et facilite souvent la solution plus complète ou plus précise, et constitue pour la suite une garantie contre toute faute grossière.


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