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Evolution dans l’emploi des géographes (1990-2014)
 

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Agissant au sein de la fonction opérationnelle renseignement, le 28e Groupe Géographique poursuit son adaptation pour satisfaire au mieux les besoins des états-majors et des forces en matière d’appui géographique projetable, tout en prenant sa part aux missions communes de l’Armée de terre.

Évolution dans l’emploi des géographes

Jusqu’au début des années 1990, le Groupe géographique se focalisait sur l’équipement de la zone nord-est de la France, pour l’aide au positionnement et la manœuvre, dans l’optique d’un engagement majeur face à l’est. Par une planification de travaux de terrain minutieux, il a ainsi fourni le réseau d’appui topographique militaire (RATM) et une cartographie thématique très complète (aide à la traficabilité des axes et des sols, aide aux franchissements...).

La Guerre du Golfe, puis les opérations en Bosnie en 1995, l’ont amené à fournir un appui direct à l’artillerie sol-sol, par la détermination des coordonnées et de directions repères pour les batteries, dans des zones mal cartographiées ou décrites dans des systèmes de référence inhabituels. L’arrivée concomitante du GPS a permis fort opportunément de simplifier les procédés topographiques, d’accélérer le traitement et, plus tard, de fournir des résultats en temps réel.

Les opérations en cours au Mali puis en RCA sont déjà riches d’enseignements, notamment en termes de nécessité d’anticipation des travaux géographiques, de diffusion à temps des produits, de génération de force concernant l’appui géographique.

Les années 2008 à 2011 avaient apporté de fortes turbulences au 28e GG : dissolution de la section géographique militaire (SGM) de Vincennes, qui assurait une certaine responsabilité fonctionnelle sur la géographie de l’Armée de terre, transfert à l’interarmées des capacités de socle (production, gestion et distribution cartographie), changement de subordination, transfert de Joigny, où il stationnait depuis 1950, à Haguenau, et pour finir embasement. Ces évolutions se sont également traduites par la réduction d’un tiers de l’effectif du 28e GG, passant progressivement de 450 à un peu plus de 300, et un fort renouvellement de ses personnels.

Les défis qui se posent actuellement au 28e GG sont multiples, en termes de ressources humaines, d’équipements, de génération de force. Par dessus tout, il doit répondre efficacement à l’évolution des besoins de l’interarmes en information géographique, liés à la numérisation de l’espace de bataille (NEB) et à la maîtrise de la coordonnée précise pour les frappes à haute valeur ajoutée, tout en tirant le meilleur parti possible de la multiplication des sources de données brutes (imagerie, sources libres).

Pour les initiés...

Avec la suite des engagements de l’Armée de terre, en ex-Yougoslavie, en Côte d’Ivoire, au Tchad... le 28e GG a développé les produits réactifs d’aide à la décision pour les états-majors : études de terrain, cartes thématiques. Grâce au système d’information géographique (SIG) permettant de gérer et exploiter des bases de données numériques issues de l’imagerie, du terrain et de la documentation disponible, le spectre des produits cartographiques a ainsi pu s’élargir aux produits d’analyse les plus poussés. C’est à ce moment que sont apparues les cellules TERA (TERrain Analysis), suivies, depuis 2005, par la mise en place de cellules géographiques dans les états-majors opérationnels.

Le contexte des opérations en Afghanistan (contrôle d’une zone étroite mais très peu permissive) a porté un regain d’intérêt pour la cartographie tactique à très grande échelle (1/25 000 à 1/800) et au développement de produits d’analyses combinant la géographie et le renseignement (GEOINT).

Colonel Yannick Carré
Chef de corps 28e GG.


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