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Echelles d’observation
 

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Article proposé par le commandant(r) Charles Monnet.

Sources :

-  « Règlement de manœuvre de l’artillerie à pieds - Instruction sur les services de l’observation et des transmissions dans l’artillerie à pied + annexe I Echelles-observatoires » 1915.
-  « Artillerie de terre en France - Histoire technique 1816 - 1919 » T2 par le général J. Challeat 1935.
-  « Le livre du gradé d’artillerie à l’usage des élèves brigadiers et sous-officiers d’artillerie de campagne » édition pour 1915 - 1916.

Les échelles pour observer

Pour l’artilleur, voir au plus loin reste le premier besoin pour s’affranchir des masques et du relief : car il doit en permanence renseigner sur les mouvement de l’ennemi dans une zone déterminée, aider le commandement à choisir les objectifs, observer un tir, régler le tir et évaluer les résultats du tir. De plus, la mise en œuvre du tir indirect oblige l’artillerie, à imaginer des matériels spécifiques, pour des postes d’observation fixes ou mobiles de plus en plus distants des pièces.

En 1915, la formation des observateurs concerne les candidats sous-officiers ainsi que les canonniers « désignés par leur intelligence et leurs aptitudes particulières pour la recevoir avec fruit. »

Chaque batterie a l’obligation de former 12 observateurs.

Au début du XXème siècle quatre matériels, permettant d’armer un poste d’observation mobile, sont en service dans l’artillerie :

  • l’échelle-observatoire de siège et de place modèle 1891 ;
  • l’échelle-double-observatoire de siège et de place modèle 1906 ;
  • l’échelle de caisson modèle 1911 ;
  • la voiture-observatoire de campagne modèle 1911.

L’échelle-observatoire de siège et de place modèle 1891

A la suite d’écoles à feu, le 16ème bataillon d’artillerie de forteresse demande de solutionner le problème des batteries hors de vue. Lors de la séance du 1er mars 1889, le Comité d’artillerie demande à ce bataillon d’étudier la question d’échelle-observatoire pour la guerre de siège mobile. Le bataillon est autorisé à prendre contact avec M. Gugumus de Nancy, qui propose une échelle aérienne , et à y apporter des modifications.

Cette échelle adoptée en 1891 est commandée à 140 exemplaires.

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Cette échelle-observatoire, appelée aussi échelle Gugumus, est employée comme observatoire mobile. Montée sur roues, son poids est de 1950 kg.

L’échelle proprement dite se compose de 3 plans. Repliée, celle-ci est longue de 6 à 7 mètres, déployée elle atteint une hauteur de 15 mètres.

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A l’extrémité supérieure du dernier plan se trouve un observatoire composé d’une cage repliable munie d’une table, d’un siège et d’un marche-pied. La table dispose d’un tiroir qui permet à l’observateur de ranger papiers et crayons. Trois encastrements sur le plateau de la table (au centre et aux extrémités) permettent de recevoir le support porte-lunette. Chaque position de la lunette permet de surveiller un secteur de 61°. L’échelle une fois dressée peut être orientée. Deux bornes téléphoniques permettent l’établissement d’une liaison filaire.

L’équipe de manœuvre de l’échelle est composée de :

  • 1 gradé chef d’équipe ;
  • 1 monteur ;
  • 1 aide-monteur ;
  • 2 manœuvres ;
  • 2 auxiliaires.

Tous les gradés et anciens soldats sont aptes à la mise en station de cette échelle.

Echelle-double-observatoire de siège et de place mle 1906.

Le ministère de la guerre trouve que les échelles Gugumus sont trop chères. Des essais de l’échelle-double du capitaine Durand sont effectuées à Toul (18 août 1904, 14 avril 1905, 20 avril et 13 décembre 1906). Ce matériel est adopté sous la dénomination d’échelle-double-observatoire de siège et de place mle 1906.

Chaque batterie doit former au moins une équipe de montage d’échelle-observatoire mle 1906, avec « les ressources en charpentiers, couvreurs et ouvriers de professions similaires. »

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Cette échelle se compose d’échelles interchangeables de 3 m de long qui sont assemblées bout à bout de façon à former deux grandes échelles verticales espacée de 0,58 cm. Ce système augmente la sécurité de l’observateur lors de l’ascension.. Cette échelle-double peut atteindre 23 m et 16 haubans assurent la stabilité de l’ensemble Au sommet est installé un siège ; un tablette rectangulaire entoure le sommet de l’échelle. L’observateur dispose d’un casier pupitre et peut positionner sa lunette à 8 endroits différents.

L’ensemble avec les caisses de transport pèse 1110 kg.

L’équipe de montage se compose :

  • un sous-officier ou brigadier chef de manœuvre ;
  • un monteur en haut de l’échelle « agile et hardi » choisi de préférence parmi les charpentiers, couvreurs, ferblantiers, maçons ou menuisiers ;
  • quatre auxiliaires au sol.

Une équipe entraînée peut monter l’échelle :

  • à 9 mètres en 15 minutes ;
  • à 15 mètres en 20 minutes ;
  • à 23 mètres en 40 minutes.

Echelle de caisson mle 1911

Chaque batterie dispose de deux échelles de caisson. Cette échelle comprend une échelle métallique double pouvant être dépliée en une échelle simple de 3,30 et un bouclier. L’ensemble pèse 45 kg. L’échelle est transportée par un caisson de premier ravitaillement (en munitions).

L’échelle peut-être utilisée comme une échelle double ou posée contre un appui, posée sur le caisson en batterie et dans ce cas la hauteur moyenne d’observation est de 4,20 mètres.

La voiture-observatoire de campagne mle 1911

Les états-majors du groupe d’artillerie montée et du groupe d’artillerie lourde (155 C TR ) sont dotés d’une voiture-observatoire qui peut être mise à disposition d’une batterie dont le défilement ne permet pas l’utilisation de l’échelle de caisson.

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La voiture se compose :

  • d’un avant-train sur lequel prend place les trois servants ; dans le coffres sont logés les deux appareils téléphoniques mle 1908, un télémètre, des sitogoniomètres et deux bobines de fils téléphoniques ;
  • d’un arrière-train qui transporte un observatoire blindé.

Cet observatoire est formé d’une échelle à coulisse haubanée, d’un siège pour l’observateur et d’un bouclier amovible en acier spécial de 3,5 mm d’épaisseur.


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