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Les unités de l’artillerie de campagne impériale

Lorsque la guerre avec l’Allemagne fut devenue inévitable, l’Empereur décida, à la date du 16 juillet 1870, que, conformément aux prescriptions du décret du 13 mai 1867, il serait, au fur et à mesure des besoins, créé un cadre de dépôt dans chaque régiment d’artillerie. Et, à la date du 18 juillet, que dans les régiments montés, les 1° et 2° batteries seraient dédoublées et que les 3° et 4° batteries seraient organisées en batteries montées si elles étaient à pied. En pratique, cette directive a été incomplètement suivie.

Enfin, une décision impériale prescrit de mettre toutes les batteries sur le pied de guerre. La guerre fut officiellement déclarée le 19 juillet.

Le 19 juillet 1870, 159 batteries de campagne sont mises sur pied et sont créés les cadres de dépôt. Ces dépôts servent à la création de nouvelles batteries qui sont envoyées ensuite aux armées. Certaines rejoindront le 13° corps d’armée en formation à Paris. Néanmoins, la majorité des nouvelles batteries mises sur pied serviront dans les armées de la République, comme le 13° corps d’armée, après le 2 septembre 1870.

Organisation des régiments

La composition des unités est la suivante :

  • 1° régiment d’artillerie monté
    Artillerie de campagne : 8 batteries mobilisées :
    • 5°, 6° et 1° batteries à la 2° Division d’Infanterie du 4° corps d’armée ;
    • 8°, 9° et 10° batteries à la 3° Division d’Infanterie du 4° corps d’armée ;
    • 11° et 12° batteries à pied (de 12) à la réserve d’artillerie du 4° corps d’armée ;
  • Dépôt.
  • 2° régiment d’artillerie monté (garnison à Grenoble)
    Artillerie de campagne : 8 batteries mobilisées :
    • 5° (mitrailleuses), 7° et 8° batteries à la 2° Division d’Infanterie du 5° corps d’armée ;
    • 6° (mitrailleuses), 11° et 12° batteries à la 3° Division d’Infanterie du 5° corps d’armée ;
    • 9° et 10° batteries à pied (de 12) à la réserve du 5° corps d’armée ;
  • Dépôt : mise sur pied des 3° et 4° batteries (de 4) pour la 2° Division du 13° corps d’armée) ;
    Nota : cette unité était dotée de canon de 4 de « montagne ».
  • 3° régiment d’artillerie monté : 12 batteries en Afrique du Nord
    • La 6° batterie était dans le camp retranché de Metz.
  • Dépôt (Lyon)
  • 4° régiment d’artillerie monté (garnison à Vincennes)
    Artillerie de campagne : 7 batteries mobilisées :
    • 5°, 6° et 8° batteries à la 1° Division d’Infanterie du 3° corps d’armée ;
    • 9°, 11° et 12° batteries à la 2° Division d’Infanterie du 3° corps d’armée ;
    • 4° batterie (mitrailleuses) à la 1° Division d’Infanterie du 12° corps d’armée ;
  • Dépôt : mise sur pied de batteries à pied (de 12) pour la garnison de Paris.
  • 5° régiment d’artillerie monté (garnison Strasbourg)
    Artillerie de campagne : 8 batteries mobilisées :
    • 5°, 6° et 12° batteries à la 1° Division d’Infanterie du 2° corps d’armée ;
    • 7°, 8° et 9° batteries à la 2° Division d’Infanterie du 2° corps d’armée ;
    • 10° et 11° batterie à pied (de 12) à la réserve du 2° corps d’armée ;
  • Dépôt : garnison de Strasbourg
  • 6° régiment d’artillerie monté (garnison à Grenoble)
    Artillerie de campagne : 8 batteries mobilisées :
    • 5°, 6° et 7° (mitrailleuses) batteries à la 1° Division d’Infanterie du 5° corps d’armée ;
    • 8°, 9° et 10° (mitrailleuses) batteries à la 3° Division d’Infanterie du 7° corps d’armée ;
    • 11° et 12° batteries (de 12) à la réserve du 1° corps ;
  • Dépôt : mise sur pied des 3° et 4° batteries à pied (de 12) à la réserve d’artillerie du 13° corps d’armée.
  • 7° régiment d’artillerie monté (garnison à Rennes)
    Artillerie de campagne : 10 batteries mobilisées :
    • 5°, 6° et 11° (mitrailleuses) batteries à la 1° Division d’Infanterie du 7° corps d’armée ;
    • 8°, 9° et 12° (mitrailleuses) batteries à la 2° Division d’Infanterie du 7° corps d’armée ;
    • 7° et 10° batteries (de 12) à la réserve d’artillerie du 7° corps ;
    • 3° et 4° batteries à la 2° Division d’Infanterie du 12° corps ;
    • Une demi batterie à pied pour la place forte de Strasbourg ;
  • Dépôt : mise sur pied de la 2° batterie (de 12) pour la future seconde armée de Paris et de la 2° batterie bis (de 12) pour la réserve d’artillerie du futur 16° corps d’armée.
  • 8° régiment d’artillerie monté (garnison à La Fère)
    Artillerie de campagne : 8 batteries mobilisées :
    • 5°, 7° et 8° batteries à la 1° Division d’Infanterie du 6° corps d’armée ;
    • 10° (mitrailleuses), 11° et 12° batteries à la 2° Division d’Infanterie du 6° corps d’armée. Les 10° et 11° batteries n’ont pu rejoindre le 6° corps et furent affectées à la 2° Division du 12° corps ;
    • 3° et 4° batteries (de 12) à la réserve d’artillerie du 12° corps ;
    • Garnison de Longwy : 2° batterie à pied ;
    • Garnison de Soissons : 1° batterie à pied ;
    • Garnison de Thionville : 6° et 9° batteries ;
  • Dépôt.
  • 9° régiment d’artillerie monté
    Artillerie de campagne : 8 batteries mobilisées :
    • 6°, 7° et 8° (mitrailleuses) batteries à la 1° Division d’Infanterie du 1° corps d’armée ;
    • 9°, 10° (mitrailleuses) et 12° batteries à la 2° Division d’Infanterie du 1° corps d’armée ;
    • 5° et 11° batteries (de 4) à la réserve du 1° corps d’armée ;
  • Dépôt : mise sur pied des 4° batterie (2° Division du 13° corps d’armée) et 3° batterie (3° Division du 13° corps d’armée).
  • 10° régiment d’artillerie monté (garnison à Rennes)
    Artillerie de campagne : 8 batteries mobilisées :
    • 7°, 8° et 9° batteries à la 4° Division d’Infanterie du 6° corps d’armée, mais détachées du 6° corps et affectées à la 3° Division du 12° corps ;
    • 11° (de 4) batterie à la réserve du 5° corps d’armée ;
    • 5°, 6°, 10° et 12° batteries (de 4) à la réserve du 12° corps ;
  • Dépôt : mise sur pied des 3° et 4° batteries (13° corps d’armée).
  • 11° régiment d’artillerie monté (garnison à Vincennes)
    Artillerie de campagne : 9 batteries mobilisées :
    • 5° (mitrailleuses), 6° et 7° batteries à la 3° Division d’Infanterie du 3° corps d’armée ;
    • 8° (mitrailleuses), 9° et 10° batteries à la 4° Division d’Infanterie du 3° corps d’armée ;
    • 4° batterie (mitrailleuses) à la 2° Division d’Infanterie du 12° corps ;
    • 11° et 12° batteries (de 12) à la réserve 3° corps ;
  • Garnison de Thionville : 2° et 2° bis batteries à pied ;
  • Dépôt : mise sur pied de la 3° batterie (mitrailleuses) pour la 1° Division du 13° corps d’armée ;
  • Dépôt : mise sur pied 1° et 1° bis batteries à pied pour la garnison de Paris.
  • 12° régiment d’artillerie monté (garnison à Langres)
    Artillerie de campagne : 8 batteries mobilisées :
    • 5°, 6° et 9° (mitrailleuses) batteries à la 3° Division d’Infanterie du 1° corps d’armée ;
    • 7°, 10° (mitrailleuses) et 11° batteries à la 4° Division d’Infanterie du 1° corps d’armée ;
    • 8° (de 4) et 12° batteries (de 12) : réserve artillerie du 7° corps ;
  • Garnison de Belfort : 1° et 2° batteries à pied (de 12) avec batteries 1 bis et 2 bis ;
  • Dépôt : mise sur pied des 3° et 4° batteries à pied (de 12) pour la réserve d’artillerie du 13° corps d’armée.
  • 13° régiment d’artillerie monté (garnison à Bourges)
    Artillerie de campagne : 8 batteries mobilisées :
    • 5° (de 12), 6° (de 12), 7° (de 12), 8° (de 12), 9° (de 12), 10° (de 12), 11° (de 12) et 12° (de 12) batteries montées : réserve générale de l’armée du Rhin ;
  • Garnison de Givet et Rocroi : 1° batterie ;
  • Garnison de Paris : 2° batterie ;
  • Dépôt : mise sur pied des 3° (mitrailleuses) et 4° batteries (3° Division du 13° corps d’armée).
  • 14° régiment d’artillerie monté
    Artillerie de campagne : 6 batteries mobilisées :
    • 5°, 6° et 7° batteries à la 3° Division d’Infanterie du 6° corps d’armée ;
    • 11° batterie (de 4) à la réserve du 5° corps ;
    • 8° et 9° batteries (de 12) à la réserve du 12° corps ;
  • Dépôt : mise sur pied des 3° et 4° batteries (de 12) pour la réserve d’artillerie du 13° corps d’armée.
  • 15° régiment d’artillerie monté (garnison à Rennes)
    Artillerie de campagne : 10 batteries mobilisées :
    • 7°, 8° et 11° batteries à la 3° Division d’Infanterie du 2° corps d’armée ;
    • 5°, 9° et 12° batteries à la 1° Division d’Infanterie du 4° corps d’armée ;
    • 3° et 4° batteries à la 1° Division d’Infanterie du 12° corps ;
    • 6° et 10° batterie à la réserve du 2° corps d’armée ;
  • Dépôt.
  • 16° régiment de pontonniers (garnison à Strasbourg) :
    • 14 compagnies soit 2500 hommes. Les compagnies sont affectées aux corps d’armée.
  • 17° régiment d’artillerie à cheval
    Artillerie de campagne : 6 batteries mobilisées :
    • 2 batteries à la réserve du 3° corps d’armée (dont 1° batterie)
    • 2 batteries à la réserve du 4° corps d’armée
    • 7° et 8° batteries à la réserve du 2° corps d’armée
  • Dépôt.
  • 18° régiment d’artillerie à cheval
    Artillerie de campagne : 8 batteries mobilisées :
    • 8 batteries à la réserve générale d’artillerie (Division du colonel Toussaint) ;
  • Dépôt.
  • 19° régiment d’artillerie à cheval (garnison à Valence)
    Artillerie de campagne : 8 batteries mobilisées :
    • 5° et 6° batteries à la 1° Division de Cavalerie de la réserve de cavalerie ;
    • 7° et 8° (mitrailleuses) batteries à la 2° Division de Cavalerie de la réserve de cavalerie ;
    • 3° et 4° batteries à la réserve du 7° corps ;
    • 1° et 2° batteries à la Division de Cavalerie du 12° corps ;
  • Dépôt.
  • 20° régiment d’artillerie à cheval (garnison à Strasbourg)
    Artillerie de campagne : 8 batteries mobilisées :
    • 7° et 8° batteries à la 3° Division de Cavalerie de la réserve de cavalerie ;
    • 1°, 2°, 3° et 4° batteries à la réserve du 1° corps ;
    • 5° et 6° batteries à la réserve du 5° corps.
  • Régiment d’artillerie monté de la Garde
    Artillerie de campagne : 6 batteries mobilisées :
    • 1°, 2° et 5° batteries à la 1° Division d’Infanterie de la Garde Impériale ;
    • 2°, 4° et 6° batteries à la 2° Division d’Infanterie de la Garde Impériale.
  • Régiment d’artillerie à cheval de la Garde (Versailles)
    Artillerie de campagne : 6 batteries mobilisées :
    • 1° et 2° batteries à la Division de Cavalerie de la Garde Impériale ;
    • 4 batteries à cheval à la réserve d’artillerie de la Garde Impériale.
  • Régiment d’artillerie de Marine (garnison à Lorient)
    Artillerie de campagne : 3 batteries mobilisées :
    • 11°, 12° et 13° (mitrailleuses) initialement prévues pour la Division Bleue d’infanterie de Marine (3° Division du 12° corps d’armée). Elles furent affectées à la réserve d’artillerie du 12° corps.
  • L’ensemble de l’artillerie de marine disponible partit pour Paris où elle forme, pendant le siège, 16 batteries, dont 5 montées et 2 à pied. Elle a aussi fournit un grand nombre d’officiers à l’artillerie de terre.

Soit un total de 159 batteries de campagne.

  • 10 compagnies d’ouvriers, 6 d’artificiers, 1 d’armuriers.
  • 2 régiments du train d’artillerie à 16 compagnies chacun, plus un escadron du train de la Garde Impériale.

Les batteries de 12 « La Hitte »

A l’origine, ces pièces étaient prévues pour l’attaque et la défense des places fortes. En 1870, sur les 60 batteries à pied de 12 des 15 régiments d’artillerie montée, une trentaine venaient d’être transformées en artillerie de campagne pour soutenir les corps de troupes.

Les batteries non transformées furent utilisées pour le renforcement des places fortes et des garnisons. Pour cet emploi, le déficit des 30 batteries dédiées aux armées en campagne fut comblé par l’artillerie de Marine dont de nombreuses batteries furent déplacées à Paris.

Les batteries pour le service en campagne étaient en théorie affectées à raison de deux pour la réserve d’artillerie de chaque corps d’armée. Les batteries suivantes ont été intégrées dans l’artillerie de campagne :

  • 1° corps d’armée : 5° et 11° batteries du 9° régiment monté, 11° et 12° batteries du 6° régiment monté.
  • 2° corps d’armée : 10° et 11° batteries du 5° régiment monté.
  • 3° corps d’armée : 11° et 12° batteries du 11° régiment monté.
  • 4° corps d’armée : 11° et 12° batteries du 1° régiment monté.
  • 5° corps d’armée : 9° et 10° batteries du 2° régiment monté.
  • 7° corps d’armée : 7° et 10° batteries du 7° régiment monté et 12° batterie du 12° régiment monté.
  • 12° corps d’armée : 3° et 4° batteries du 8° régiment monté, 8° et 9° batteries du 14° régiment monté.
  • Réserve d’artillerie de l’armée du Rhin (Division du colonel Salvador) : 5°, 6°, 7°, 8°, 9°, 10°, 11° et 12° batteries du 13° régiment monté.

Nota : le 13° corps d’armée commence à se former à Paris sous les ordres du général Vinoy le 16 août 1870. Il n’a pas participé à la bataille de Sedan qui se termina par la capitulation des armées françaises. Il sera encadré par l’armée de Paris de la nouvelle république.

Lors de sa formation, il fut doté des batteries de 12 suivantes : 3° et 4° batteries du 6°, régiment monté, 3° et 4° batteries du 12° régiment monté, 3° et 4° batteries du 14° régiment monté.

Sans compter le 13° corps d’armée, les armées en campagne étaient donc soutenues par 27 batteries de 12 soit 162 pièces.

A part le 13° corps d’armée, les autres batteries de 12 ont servi au renforcement des places fortes et des garnisons. Elles n’ont donc pas été prises en compte pour l’artillerie de campagne. C’est aussi le cas pour les batteries de 12 dédoublées à la mobilisation.


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