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05- Les Ecoles d’après la 2nde Guerre Mondiale à de nos jours
 

Les Écoles après la 2nde Guerre Mondiale

L’École d’application de l’artillerie s’installe dans le Palatinat à Idar-Oberstein, près du vaste champ de tir de Baumholder. Elle accueille des sous-lieutenants issus de l’Ecole spéciale militaire et de l’Ecole militaire interarmes, éléments de qualité qu’attirait le prestige de l’artillerie. Les polytechniciens, eux, se consacrent désormais à la reconstruction du pays, mais sans abandonner les services techniques dont l’artillerie est maintenant déchargée, notamment les études et fabrications d’armement.

Une École de spécialisation de l’artillerie antiaérienne, installée à Nîmes, forme les spécialistes de l’artillerie "sol-air". Pour une vision plus précise de l’histoire de cette artillerie, se référer à cet article.

En 1953, l’Ecole d’application de l’artillerie quitte l’Allemagne, après un court passage à Mourmelon, pour s’installer à Châlons-sur-Marne, à proximité des camps de Suippes et de Mailly où tant d’artilleurs ont participé aux écoles à feu. Mais en 1954 commence, pour l’artillerie, une période de régression et d’incertitude. D’une part l’emploi fait des artilleurs en Algérie est néfaste pour l’Arme ; d’autre part, les premières spéculations sur la tactique en guerre atomique, et les réformes de structures qui s’ensuivent, bouleverse sa réorganisation.

L’artillerie sol-air, avec ses unités squelettiques et ses matériels vieillissants, n’était plus qu’un "conservatoires de techniques et de techniciens", au point que l’utilité de l’Ecole de spécialisation d’artillerie antiaérienne est elle-même mise en doute.

Les conséquences sur le recrutement aux écoles sont assez désastreuses, jusqu’à ce que l’entrée en 1959 de la France dans une politique de défense, basée sur la dissuasion nucléaire, et la mise sur pied en Allemagne, d’unités françaises équipées, une nouvelle fois, de matériels américains, annoncent un renouveau pour l’artillerie. Les sol-air bénéficient d’une instruction à Fort-Sill aux Etats-Unis (Nike, Hawk).

L’artillerie entre dans une phase entièrement nouvelle exploitant à fond les derniers progrès des techniques modernes. Les sol-air doivent faire face aux avions à réaction, les sol-sol à des objectifs de plus en plus mobiles. Une technologie de pointe va suivre et imposer une formation adaptée et rénovée.

En 1976, Officiers et sous-officiers de l’artillerie sol-sol et nucléaire sont formés à Draguignan où l’Ecole d’application de l’artillerie vient de s’installer avec son régiment école (19è RA) et son régiment de manœuvre (60è RA) est à Canjuers. Le Camp de Canjuers offre de vastes espaces pour le tir et la manœuvre, avec ses 35km de long.

L’École de spécialisation d’artillerie antiaérienne de Nîmes, devenue en 1971 École d’application de l’artillerie sol-air, instruit les artilleurs sol-air avec son régiment support (401è RA).

Regroupées à Draguignan dans le courant de l’été 1983, les deux écoles assurent, avec les trois régiments précités, la formation de tous les cadres de l’Arme. Elles fusionnent en une seule Ecole : l’Ecole d’application de l’artillerie.

L’artillerie moderne représente environ 15% des effectifs de l’armée de terre. Un tiers de ses officiers provient de l’Ecole de Saint-Cyr, un tiers de l’Ecole militaire interarmes, un quart est issu du corps des sous-officiers ; les officiers de réserve titularisé fournissent le reste.

La chute de l’Empire soviétique va engendrer un resserrement drastique de l’artillerie et de son école. En 1994, la composante nucléaire est dissoute, l’Ecole perd ses trois régiments supports, la fin de la conscription est décidée et les formations EOR sont arrêtées.

Les dissolutions de régiments s’amplifient avec le désengagement de l’Allemagne, avec la dissolution des divisions qui y stationnent, en métropole, les divisions à deux régiments d’artillerie se transforment en brigade à un seul régiment. Le nombre de brigade s’amoindrit avec les réorganisations successives.

La charge de formation de l’Ecole se réduit, l’infrastructure est largement inoccupée. En 2011, l’École d’application de l’Infanterie vient de Montpellier à Draguignan. Les deux Écoles deviennent École d’Artillerie et École de l’infanterie, restent indépendantes mais partagent des ressources communes, et sont regroupées sous l’appellation Ecoles militaires de Draguignan. Elles sont soutenues par une Base de défense au même titre que toutes les formations voisines.


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