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3- La nécessité de prendre en compte l’environnement.
 

Dans l’article précédent, nous avons vu arriver autour des pièces d’artillerie, tout un ensemble de moyens qui concourent à l’émiettement des artilleurs sur le terrain, qui mettent œuvre concomitamment des matériels et des techniques différentes, au seul bénéfice de l’efficacité accrue de l’artillerie, à des distances de plus en plus grandes et sur des surfaces de plus en plus importantes, tout en réduisant au maximum les délais d’intervention.

La diversification des menaces conduit aussi à agir dans la troisième dimension contre les aéronefs et à traiter au sol des objectifs de plus en plus durcis (ouvrages, blindages, enfouissements).

Il convient alors de s’intéresser aussi à tous les acteurs dans les trois dimensions, en mettant au point des mesures de coordination pré établies, puis en temps réel.

Toutes ces exigences obligent une veille des technologies pour en tirer le meilleur parti.

Lorsqu’un nouveau lanceur est étudié, il convient d’apporter aux matériels dits d’environnement des capacités harmonisées. Par exemple, si la portée se trouve considérablement amélioré, il va falloir trouver les moyens pour acquérir les objectifs à une distance comparable. Autre exemple, une augmentation en portée impose la traversée de couches d’atmosphères plus hautes. Il faut adapter les moyens de sondage pour appliquer les bonnes corrections aux éléments de tir.

Enfin, l’évolution des munitions et leur coût croissant conduit à rechercher le tir d’emblée. Pour cela il faut complètement maîtriser les paramètres balistiques dus à l’usure du tube et à la tare des poudres. Pour cela, on mesure la vitesse initiale à la sortie de la bouche à feu et on prend en compte la différence avec la vitesse théorique donnée par les tables et on apporte la correction. Sur les matériels les plus récents, chaque tube est doté d’un engin de mesure et les corrections sont automatiquement pris en compte par les calculateurs.

La transmission des informations d’un ensemble à un autre ou d’une équipe à une autre, passe par le filtre des capacités permises par les systèmes de transmissions du moment. Du téléphone, on passe à la radiotélégraphie à fréquence fixe, puis à évasion de fréquence. Puis avec l’arrivée de l’informatique, on utilise des systèmes de transmissions de données numériques à haut débit.

En topographie, les évolutions apportent toujours plus de précision dans la localisation et dans l’orientation. La navigation inertielle apporte des informations en direct au calculateur de bord des véhicules de tir. Le positionnement par satellite (GPS) apporte d’autres possibilités. Il en va de même pour les moyens d’acquisition, dont la palette s’inscrit dans la palette de tous les spectres (optiques, électromagnétiques, lumière). En pointant sur un objectif dans un organe de visée, les éléments afférents à sa localisation vont directement au calculateur de bord, pour être ensuite acheminée vers les instances décisionnelles ou de coordination.

Pour maîtriser toutes ces évolutions, il faut des hommes à une formation de plus en plus poussée et qui deviennent de vrais spécialistes. Ainsi, l’efficacité du tir va dépendre du bon fonctionnement de tous les systèmes entrant dans la chaîne de tir. Un organe déficient entraîne un dérèglement de l’ensemble.

Mais au final, cette logique aboutit à une artillerie extrêmement réactive, élément indissociable des armes de mêlées pour conduite à une victoire certaine. Ainsi, dotée d’une mobilité comparable aux autres armes, elle apporte une permanence assurée des feux.


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Base documentaire des Artilleurs