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Naissance de l’artillerie de tranchée - composition.
 

Les Allemands avaient, avant la guerre, construit des lance-bombes légers, moyens et lourds : les Minenwerfer. Ils avaient su tirer les leçons des récents conflits (guerre des Boers et guerre russo-japonaise) pour se doter d’una gamme diversifiée de pièces d’artillerie de tranchée qui lancent à diverses portées des projectiles divers bourrés d’explosifs (en fonte coulée ou en tôle).

En France, rien de similaire n’existait.

Dès la stabilisation du front le besoin de tels engins apparaît, et l’on sort des arsenaux - peut être aussi des musées - d’antiques mortiers, dits "crapauds", qui deviendront les crapouillots. Ils projetteront dans la tranchée d’en face des grenades ou des obus rebutés.

Très vite, fin 1914, apparaissent des mortiers de 58mm lançant une bombe dont seule la queue pénètre dans le tube. Pour stabiliser la munition sur la trajectoire et pour obtenir une meilleure précision, on ajoute des ailettes en empennage.

Trois modèles ont été fabriqués :

  • le mortier de 58 n°1 lançant une bombe de 150mm, bourrée de 6kg d’explosif, à 350m ;
  • le mortier de 58 n°1 bis, avec quelques perfectionnements atteint 450m de portée ;
  • le mortier de 58 n°2, tire une bombe de 16 ou 45kg à 350m, mais aussi une bombe de 18kg avec 5,350kg d’explosif à 1250m, ou une bombe de 35kg à 10kg d’explosif à 670m et bien d’autres encore...

Le mortier de 75 Mle 1915 (Schneider) est le premier matériel de tranchée adopté par l’armée française en 1915 après l’offensive du front de Champagne. A l’usage, ce matériel s’était révélé trop lourd pour une efficacité limitée. En effet, le faible calibre de la munition qui est celle du canon de campagne, modèle 1900, ne produisait pas les effets escomptés.

Il sera supplanté par le mortier de 150T Mle 1915.

Plus tard, en 1917, ce seront des mortiers de 58T N2, de 150mm Mle 1917 et enfin des mortiers de 240mm. Ces matériels lisses tirent des bombes munies d’ailettes assurant leur stabilité sur la trajectoire.

Il y avait 1100 de ces matériels en octobre 1915 ; il y en eut 2500 en février 1916 et 3000 à la fin de 1916.

Leur personnel, fourni au début par les régiments d’artillerie divisionnaires, fut peu à peu regroupé en batteries, groupes, groupements, puis, en 1918, en 5 régiments d’artillerie de tranchée (R.A.T.) groupant 50 000 canonniers dépendant des 175è et 179è R.A.T., le dernier étant affecté à l’armée d’Orient.

A la fin de la guerre l’artillerie de tranchée n’est plus représentée.

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Elle mobilisera en 1940 le 391è régiment à 3 groupes de 18 mortiers de 150T datant de 1917.

Elle s’est distinguée à Monthermé, en appui d’un bataillon colonial. Ce dernier a été puissamment aidé par deux batteries de mortiers de 150 T pour battre les rives encaissées de la Meuse. Le bataillon attaqué le 13 mai 1940 par le 6è Panzer, tient toute la journée du 14, remarquablement soutenu par ses artilleurs.


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