Matériels d’artillerie > 5- Les munitions > 51- Evolution de munitions de 105 et 155 de 1945 à 1975. >
Etudes de munitions adaptées à la menace blindée.
 

Dès le début des années 1960, les caractéristiques de la menace sont telles, que l’aptitude à détruire - ou au minimum neutraliser - une partie notable des unités blindées ennemies, devient la mission prioritaire du tir indirect sur zone.

Des études sont conduites jusqu’en 1976 en y associant l’inspection de l’artillerie.

Tir indirect anti-blindés (TIAB) (1962-1968)

On réfléchit à des munitions spécifiquement anti-blindés, à effet immédiat et à action différée, pour canons de 155mm et pour lance-roquettes, les choix techniques étant basés uniquement sur le critère d’effet terminal.

Pour les feux à effet immédiat, la saturation de la zone est obtenue par dispersion de projectiles élémentaires : éclats d’obus de 155 mm, sous projectiles à charges creuses ou plates, larguées par une roquette de gros calibre.

Ce sera le concept de projectile de 155 mm, à fragmentation prédéterminée, dit FPD.

Le second procédé de saturation par tir indirect avec effet immédiat consiste à disperser au-dessus de la zone à traiter des projectiles élémentaires ayant une efficacité antichar connue.

Le premier concept retenu à la fin 1962 est celui de la dispersion de grenades [1] à charge creuse transportées et larguées par une roquette de gros calibre.

Pour les feux à action différée, la réflexion n’est orientée que sur un projet d’obus « cargo » de 155 mm transportant une mine AC à charge creuse à effet ventral. Larguée par dépotage à une altitude de 400 m, son fonctionnement est commandé, au passage du char, par un allumeur à influence.

Fin 1963, on retient 2 projets pour le 155 :

  • le projet d’obus explosif de 155 mm à fragmentation prédéterminée FPD,
  • le projet d’obus-mine de 155 mm OMAC à mine antichar ventrale.

Entre temps, en France, l’objectif des réflexions a évolué : alors que depuis la création de la CCP [2], en 1962, ces réflexions étaient limitées à l’effet terminal des projectiles, quel que soit le type de lanceur, on est passé, en 1968, à un besoin exprimé par l’EMAT d’un « système d’armes multitubes d’artillerie » ayant pour mission prioritaire la lutte anti-blindés par saturation de zone, dans des délais très courts d’exécution des feux. Cette orientation nouvelle n’a pas de répercussion immédiate sur le déroulement des études des projectiles d’artillerie de 155 mm spécifiques de la lutte anti-blindés -obus FPD et obus mine - lesquelles sont poursuivies dans le cadre de la diversification des objectifs pouvant être traités par des unités dotées de canons de ce calibre.

L’étude sera réorientée sur l’utilisation d’un corps d’obus ayant le profil et la masse de l’obus explosif de 155 à culot creux de manière à en permettre l’emploi par les unités dotées d’automoteurs de 155 AUF1 (stockage et chargement automatique des obus FPD, standardisation des gammes de charges et des tables de tir).

Pour l’obus mine de 155mm l’étude sera suspendue en 1970 lors du lancement du développement exploratoire du lance-roquettes multitubes, ce système d’arme s’avérant très supérieur, opérationnellement, aux canons, pour la dispersion de mines antichar sur zone.

Les études conduites sur l’emploi d’armes de saturation n’aboutissent pas et conduisent à s’abonner au programme MLRS américain.

[1] appelées également bombettes

[2] commission consultative permanente


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