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1939- L’artillerie de la ligne Maginot en 1939
 

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Article rédigé à partir de l’Histoire de l’artillerie française, de la documentation du Musée de l’artillerie et inspiré d’un ouvrage du Comité pour l’histoire de l’armement terrestre (COMHART). Les illustrations sont de l’adjudant-chef Thierry SIMON, du musée de l’artillerie.

L’artillerie de la ligne Maginot en 1939

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Photos : Adjudant chef Thierry SIMON musée de l’artillerie

L’armement des ouvrages est installé dans des tourelles, casemates et cloches. Il comprend :

  • des moyens de défense rapprochée contre le personnel à découvert : mitrailleuses jumelées et fusils mitrailleurs de 7,5mm, lance-grenades de 50mm ;
  • des moyens de défense en tir tendu contre les véhicules tactiques et blindés :canons de 25mm, 37mm, 47mm ;
  • des moyens de feu en tir indirect : mortiers de 81mm, canons de 75mm de divers modèles, obusiers (appelés également lance-bombes) de 135mm, canons de 155mm (cas particulier, au fort du Vieux Barbonnet).

La mise en place des feux est assurée par des moyens optiques d’observation et de tir : périscopes, lunettes, appareils de pointage.

Les ouvrages ne sont pas dotés de moyens propres de défense antiaérienne. Les matériels sont communs aux deux zones de fortifications du nord-est et du sud-est, à l’exception de trois types de canons spécifiques des ouvrages de la frontière des Alpes : les canons de 75 mm Mle 31 et Mle 33 de casemate ainsi que les canons de 155 mm Mle 1877 de Bange des tourelles du fort du Vieux Barbonnet.

Cet article limite son intérêt à l’artillerie d’ouvrage puis à son armement antichar.

Matériels d’artillerie et mortiers

  • Canons de 155mm Mle 1877 de Bange de forteresse : les plus anciens de tous les canons de la fortification permanente en 1939, installés uniquement au fort du Vieux Barbonnet. L’affût spécial est de conception analogue à ceux des obusiers et mortiers lourds de siège et place de la Première Guerre mondiale (frein de tir, recul sur plan incliné, rentrée en batterie par gravité).
  • Obusiers (dénommés également lance-bombes) de 135mm Mle 32 à culasse semi-automatique, tirant, à portée maximum de 5 700m un projectile de 19kg, installés soit en tourelles soit en casemates. Une augmentation de longueur de l’ordre de 10cm du tube a été adoptée peu avant la guerre (variante Mle 39).
  • Mortiers de 81mm Mle 32 à culasse pour chargement par l’arrière, tirant sous angle fixe de 45° [1] un projectile de 3kg à une portée max. de 3 200m, montés en tourelles (mortiers jumelés) et en casemates.
    • 75mm R Mle 32 : montés en tourelles (canons jumelés) et en casemates,
    • 75mm Mle 33 : montés en tourelles et en casemates. [3]

La portée max. de ces matériels est de 12km (9km pour tubes raccourcis). D’autre part, dans un souci d’augmentation de la cadence de tir, une culasse semi-automatique a été adoptée en 1937/1938 pour une partie des canons de 75mm Mle 32 et Mle 33. [4]

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Photos : Adjudant chef Thierry SIMON musée de l’artillerie
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Photos : Adjudant chef Thierry SIMON musée de l’artillerie

Canons anti-chars

  • Canons de 47 mm Mle 34 montés en casemate,
  • Canons de 37 mm Mle 34,
  • Canons de 25 mm (raccourcis) montés en armement mixte avec mitrailleuse de 7,5 mm en tourelles et en cloches.
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Photos : Adjudant chef Thierry SIMON musée de l’artillerie

[1] la portée est ajustée en jouant sur un évent et en variant les charges

[2] tous les modèles de forteresse tirent les cartouches du canon de 75/97 à l’exception du canon de 75mm Mle 31 qui ne peut tirer que les projectiles spécifiques.

[3] montage spécifique du sud-est) avec un tube identique à ceux du 75/97 mais raccourci de 30cm environ.

[4] Les autres matériels restant équipés de culasses d’origine de type Nordenfeld.


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