Histoire de l’Artillerie, subdivisions et composantes. > 2- Histoire des composantes de l’artillerie > L’Aviation d’observation de l’artillerie. >
2- Entre deux guerres, des difficultés pour conserver une aviation d’observation
 

Le décret de 1928 créant les forces aériennes définit l’aviation de coopération mise à la disposition de l’armée de terre. Elle comprend, avec des organes de commandement, des unités de chasse, de reconnaissance et d’observation.

L’armée de l’air désire créer une force aérienne indépendante ("stratégique" dirait-in aujourd’hui). Les moyens étant limités, elle cherche à réduire la part de l’aviation de coopération pour augmenter l’autre. Les forces terrestres s’y opposent. Le nombre d’escadrilles d’observation n’est donc pas réduit. En 1937, elles forment des Groupes aériens régionaux (G.A.R.) auxquels l’armée de terre fournit des officiers observateurs et qui, en temps de guerre, deviennent des Groupes aériens d’observation (G.A.O.).

Le général Condé, Inspecteur de l’artillerie, avait fait remarquer dès novembre 1936, que l’augmentation de portée des canons longs dont l’artillerie allait être armée, demandait un renforcement de l’observation aérienne. Il avait proposé l’utilisation de sections d’autogires qui, restant dans les lignes amies à une altitude de 300 à 400 mètres et à une vitesse faible, décèleraient les objectifs masqués aux observatoires terrestres et contrôleraient les tirs. Il s’ensuivrait une économie considérable en munitions. L’autogire (inférieur à ce que sera plus tard l’hélicoptère) aurait remplacé avantageusement le ballon d’observation trop exposé aux tirs de canons longs adverses et aux attaques des chasseurs.

En 1937, le Général précise sa demande : une section d’autogires par groupe aérien en temps de paix et 300 autogires lors d’une mobilisation. L’armée de l’air, qui a donné la priorité à ses avions, suggère que les crédits et le personnel nécessaires soient fournis par la Guerre. Alors le général Condé propose (octobre 1938) et obtient que le ministre de la Défense nationale et de la Guerre décide (21 février 1939) de créer une aviation d’observation d’artillerie dont le personnel et le matériel appartiendraient à l’armée de terre. Le concours de l’air était nécessaire pour l’achat et l’entretien du matériel ainsi que pour la formation du personnel. Ce concours est refusé par le Conseil supérieur de l’air dans sa séance du 28 mars 1939, car, dit-il, "les besoins de l’artillerie pourraient être satisfaits dans de biens meilleures conditions par l’aviation d’observation".

Puisqu’il doit renoncer aux autogires d’observation, le 7 août 1939 le général Condé, dans une lettre au ministre, demande l’organisation et l’emploi, par l’artillerie, "d’observatoires volants d’artillerie" dont le nom permettrait d’éviter toute intervention du ministère de l’Air.

La date de cette lettre explique pourquoi ce premier projet d’une aviation d’artillerie n’a pas abouti. Un avenir proche va montrer combien le général Condé avait raison.


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