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FTA- Le canon US de 90mm antiaérien
 
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Les canons américains furent cédés aux Français à partir de novembre 1943, mais en fait ces derniers ne reçurent que très progressivement les radars SCR 268 et SCR 584 [1]. Le canon lui-même était construit par Wheeland Chevrolet et Oliver, et l’appareil de conduite de tir par Sperry Gyroscope et Ford Motor.

  • Le matériel était lourd - 8,6 tonnes sur un seul essieu - long à déplacer et à mettre en œuvre.
  • Le canon tirait avec une vitesse initiale de 820 m/s, le chargement était manuel et la cadence ne pouvait guère dépasser 15 coups par minute.
  • Le projectile de 10 kg pouvait atteindre des avions volant à 8.000 mètres d’altitude.

La batterie US de 90 mm DCA M1 A était composée de quatre pièces, d’un appareil de préparation de tir M7 (A.PT-M7), d’un radar SCR 584 et d’un altitélémètre M1.

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Position de batterie 90mm
ART 408 1957

Les canons de la batterie étaient télécommandés à partir d’un poste de calcul, d’abord électromécanique (PC-M7) puis électronique à la fin de la guerre [2].

La batterie française conserve la même organisation, mais le radar 584 est remplacé le radar de tir COTAL, et le poste central M7 par le PHF 90.

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PC-M7
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Calculateur PHF 90
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Les batteries de 90 US furent utilisées pendant le conflit algérien pour contrôler la frontière tunisienne (barrages), donc pour le tir sol-sol. Elles furent réformées et détruites lors du retour en France. Le COTAL est le radar utilisé après avoir subi quelques modifications pour la surveillance à terre.

Elles étaient donc en service jusqu’en 1960, mais leur utilisation avec la nouvelle conduite de tir de DCA fut inexistante.

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[1] Les américains n’avaient commencé à équiper leurs propres unités en matériel d’artillerie de 90mm que vers la fin de 1941. Les groupes français de 90 ne toucheront leurs premiers radars qu’en 1945, deux ans après les unités américaines.

[2] Selon Gaston Dessornes - radariste distingué que l’on connaît bien - "Je sais que le M9 fut vu entre autre à Nîmes, à Valence, à Alger, à Hyères, etc. Le règlement de 1954, tome 3, lui consacre 100 pages contre 75 pour le M7... Ce n’est pas rien !
Ce calculateur fut utilisé par toutes les artilleries OTAN. Il fut adapté pour le tir des Nike jusqu’à la fin de vie du système en 1988."


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