Histoire de l’Artillerie, subdivisions et composantes. > 1- Histoire de l’Artillerie > Histoire des grandes batailles de l’artillerie française >
1805- La bataille d’Austerlitz
 

Retour

Cet article, légèrement modifié, est extrait de l’Historique du 8ème régiment d’artillerie : le régiment AUSTERLITZ.

La bataille d’Austerlitz

ou la bataille des trois empereurs.

La Grande-Bretagne réunit une nouvelle coalition qui rassemble la Russie, l’Autriche, la Suède et le royaume de Naples.

En 1803, l’armée française envahit le Hanovre, berceau dynastique de la monarchie anglaise. En effet, la prise de gage sur le continent s’avère immédiatement plus facile à saisir que d’attaquer l’archipel britannique.

Trafalgar le 20 octobre 1805 condamne toutefois l’Empereur à une action strictement continentale. Mais son armée est dispersée depuis le Hanovre avec Bernadotte jusqu’à Brest avec Augereau.

Par une manoeuvre qui stupéfait l’Europe, Napoléon fait pivoter les sept armées françaises qui, a marche forcée, opèrent leur concentration à Wurtzbourg. Le corps du maréchal Bernadotte, quitte le Hanovre et se dirige vers le Main.

Une première bataille, à Eschlingen ,anéantit une première armée autrichienne qui n’a d’autre ressource que de se réfugier dans la place d’Ulm qui se rend. Vienne est occupée par les troupes françaises.

La menace russe reste prépondérante. la bataille décisive a lieu le 2 décembre 1805, à Austerlitz.

(JPG)

Face à l’ennemi qui occupe le plateau de Pratzen, le plan de l’Empereur est simple : il s’agit que les austro-russes se dégarnissent sur le plateau afin que l’armée française puisse s’en emparer et couper l’armée russe en deux.

Au début de la journée c’est l’armée du Maréchal Davoust qui reçoit l’essentiel du choc. Pas à pas, elle fait mine de reculer vers Sokolnitz, donnant l’illusion d’être repoussée irrémédiablement. Emportée par un enthousiasme trompeur, l’armée russe avance imprudemment son aile gauche ,affaiblissant dangereusement sa position sur le plateau. D’autant que les charges furieuses de Murat et la marche du maréchal Lannes qui avance comme à l’exercice, en échelons, par régiment, de l’autre côté du plateau, lui interdisent d’avancer de manière concomitante l’ensemble de son dispositif. Entre les deux ailes françaises, Soult marche droit vers le centre du plateau dont il s’empare aisément, séparant l’aile gauche de l’ennemi du reste de son dispositif.

Voyant le danger, l’Empereur russe Alexandre tente de rétablir la liaison entre son centre enfoncé et son aile gauche, en faisant donner sa garde impériale. Mais Napoléon le circonvient avec les escadrons commandés par Bessières de sa propre garde impériale. Au même moment le centre du dispositif français, appuyé par un feu violent de l’artillerie du ler Corps [1] s’avancent hardiment repoussant devant lui les troupes ennemies qui se trouvent sur sa route. Pendant ce temps, Lannes achève d’enfoncer l’aile gauche ennemie. Dés lors, Davoust n’a plus qu’à se retourner et à faire front.

Le plan de Napoléon a merveilleusement fonctionné : les deux ailes du dispositif ennemi, sans liaisons entre elles, sont chacune de leur côté battues. Les Russes n’ont désormais plus d’autre recours que de fuir, et pour une partie d’entre eux de tenter le passage par les étangs gelés à l’arrière du plateau de Pratzen.

Mais Napoléon, impitoyable, fait donner son artillerie pour qu’elle brise la surface de glace. Le général Eblé commandant l’artillerie du premier corps fait porter 20 pièces du 8ème régiment d’artillerie qui ouvrent le feu. Un grand nombre de soldats Russes trouvent la mort ainsi noyés.

L’ennemi a perdu dans cette journée 450000 hommes, tués, blessés ou prisonniers. Il a dû abandonner 45 drapeaux et 200 canons lui ont été capturés.

L’armée française de son côté ne compte que 1288 tués et 7000 blessés.

Les six compagnies du 8ème régiment d’artillerie n’ont à déplorer qu’un mort et 11 blessés.

Toutefois leur belle conduite vaut à l’étendard du régiment l’inscription d’AUSTERLITZ.

« L’Artillerie sous les ordres immédiats du Général Songis, premier Inspecteur Général, a soutenu cette antique réputation acquise par tant de services. Officiers, Sous-officiers et Canonniers ont montré la même ardeur et le même sang froid. Le nombre d’ennemis atteints de boulets sur le champ de bataille atteste combien le feu de l’artillerie a été vif et bien ajusté."

C’est de cette manière que l’Empereur, au lendemain de la bataille d’Austerlitz, tient à souligner les éminents services rendus par son artillerie.

La maison d’Autriche est contrainte de signer la paix de Presbourg. Le Saint-Empire romain germanique, vieux de presque 1000 ans est dissous : François II de Habsbourg, renonce à toute autorité sur l’Allemagne. A la place une confédération du Rhin, sous obédience française est créée. Certes un adversaire a été complètement défait, mais les Russes comme les Prussiens refusent de s’avouer vaincus et d’admettre la prédominance française en Europe.

Bien loin d’être une victoire décisive, Austerlitz n’est qu’une étape dans l’installation de l’hégémonie napoléonienne sur le continent.

Néanmoins le génie militaire de Napoléon, révélé dans cette bataille, sons sens tactique poussé restera très longtemps un cas d’école étudié dans toutes les universités de Défense.

En France cet évènement est commémoré chaque année à l’Ecole Spéciale Militaire de Saint-Cyr.

[1] avec les canons du "8"


____________

Base documentaire des Artilleurs