Histoire de l’Artillerie, subdivisions et composantes. > 2- Histoire des composantes de l’artillerie > L’artillerie du Repérage et de l’Acquisition : renseignement d’artillerie. > 0- Historique du Repérage > I- Les origines du Repérage > 1914-1919 : Emergence d’une nouvelle arme : le repérage. >
0- Le Repérage dans le Renseignement d’artillerie
 

La généralisation du terme de contrebatterie dans le langage militaire n’est apparue que durant le premier conflit mondial et il est étonnant que la nécessite d’une telle tactique ne se soit imposée qu’au début du XXème siècle à l’artillerie, malgré son ancienneté et son expérience sur les champs de bataille.

La mission prioritaire, durant la guerre de 1914-1918, est la lutte contre les batteries ennemies.

Des l’automne 1914, une nouvelle forme de conflit s’amorce. Contre toute attente, la guerre de mouvement et l’art de la manœuvre font place à un face à face entre deux armées qui s’enterrent de part et d’autre d’une immense ligne de front et, déjà, l’incapacité des assauts de l’infanterie à emporter la décision permet d’entrevoir le début d’une longue guerre de siège.

L’artillerie, comme les autres armes, est alors contrainte de s’adapter et de trouver les réponses tactiques et techniques aux nouvelles missions qui. lui sont confiées.

Elle ne peut plus se contenter, comme au début des hostilités, d’appuyer les attaques des fantassins par du matériel léger mobile car, dès la stabilisation du front, toute attaque de l’infanterie déclenche immédiatement une riposte adverse qui la cloue sur place et lui inflige des pertes désastreuses.

Ainsi l’artillerie reçoit pour mission de préparer les offensives par des tirs visant non plus seulement les fantassins allemands mais également, leurs canons, pour opérer une neutralisation complète de l’ennemi.

En effet, à l’instar des soldats, les batteries se sont très vite camouflées, souvent à contre-pente, se sont enterrées dans des casemates, ont profité du relief pour s’installer derrière les collines, les bois.

En outre, des matériels de plus en plus lourds ont été mis en service ; les calibres, la puissance de feu, et surtout la portée, ont été considérablement améliorés pour rendre possible le pilonnage des lignes ennemies en continu.

Pour ce faire, des canons et des obusiers à grande portée,. installés à plusieurs dizaines de kilomètres en arrière de la ligne de front, ont fait leur apparition. En conséquence, le temps du simple tir à vue où l’objectif était visible, au moins depuis les premières lignes, se trouve désormais révolu. La contrebatterie doit donc pratiquer le tir indirect, en faisant passer les trajectoires par-dessus les masques qui empêchent toute vision réciproque.

D’autres moyens, essentiellement aériens, sont utilisés pour repérer les dispositifs ennemis mais c’est le repérage par le tir qui s’impose d’emblée, comme étant la solution propre à l’artillerie pour résoudre le problème.

Dès le début, notamment depuis la fin août 1914, militaires, universitaires ou bien encore anonymes, élaborent séparément les projets les plus divers. De ces différentes études se dégagent peu à peu deux techniques qui s’imposeront par la suite : le repérage par observation terrestre et le repérage par le son.


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