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1939-1940 - La Campagne de France des artilleurs
 

Cette campagne sera très courte. Elle commence le 10 mai 1940 et se termine le 22 juin.

En dépit de fortes actions de résistance (voir l’épisode de Gembloux, les 14 et 15 mai). En Lorraine, le front tient en dépit de fortes poussées allemandes. On parle de petit Verdun tant la résistance y est héroïque. (Voir la bataille de Stonne, du 14 au 24 mai). Le front est enfoncé à Sedan puis c’est la rupture.

Dans les faubourgs au sud de Lille, des éléments de sept divisions de la 1è Armée, dont celles de Gembloux, qui couvraient le repli général vers Dunkerque, furent encerclés et attaqués par des divisions de sept corps d’armée allemands. Bien soutenue par l’artillerie, leur résistance obstinée dura jusqu’au soir du 31 mai. Les artilleurs ayant tiré toutes leurs munitions, avaient détruit leur matériel et combattaient avec les fantassins. L’ennemi leur accorda les honneurs de la guerre.

Une poche de résistance se constitue dans la région de Dunkerque, mais adossée à la mer, la position est inconfortable. La Grande-Bretagne, évacue ses troupes par la mer, couverte par l’armée française. Certaines unités de l’artillerie françaises réussiront à embarquer avec leur division respective [1]. D’autres resteront sur le quai, faute de bateaux et seront fait prisonniers par les allemands [2].

Pour d’autres c’est la retraite parmi les flots de réfugiés. Il est difficile de faire des coups d’arrêts efficaces tant la poussée de l’adversaire est forte avec la combinaison des chars et de l’aviation. Son artillerie est aussi mécanisée. L’artillerie hippomobile française n’a pas une manœuvrabilité suffisante pour faire face efficacement, alors que la technique d’artillerie reste d’une redoutable efficacité. L’artillerie lourde tractée n’a pu que difficilement se replier, étant assujetti aux transports par voie ferrée, fortement pilonnés par l’aviation.

Le canon de 75mm se révèle efficace en anti-char.

Des exploits de l’artillerie "volante" des divisions légères de cavalerie (DLC) sont observés du côté d’Abbeville et d’Amiens.

L’artillerie de forteresse montra une remarquable efficacité, même lorsque les ouvrages furent attaqués par l’arrière, après le repli (par ordre) des troupes d’intervalles, le 14 juin 1940. Aucun ouvrage fortifié muni d’artillerie , ou pouvant être couvert par l’artillerie d’un ouvrage voisin, ne céda.

Dans les Alpes, les troupes de montagne tiennent face aux italiens (voir l’épisode de la destruction du Fort de Chaberton). L’artillerie française bloque l’arrivée sur zone des allemands (bataille de Voreppe).

Sur la Loire, les cadets d’artillerie de Poitiers se joignent aux cadets de Saumur pour contenir héroïquement les allemands sur ce qui deviendra la "ligne de démarcation".

[1] Certaines seront coulées avec leur bateau par les sous-marins allemands (16° RAC).

[2] voir le récit du brigadier-chef Michel du 406èRADCA


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