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502- Obus oblong
 

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Deux sources à consulter :

 [1]

Des tirs, effectués en Angleterre avec les canons du capitaine piémontais Cavalli, n’ayant pas été concluants, le Comité décide de reprendre le système proposé en 1847 par le capitaine Tamisier « dont l’obus oblong est muni d’ailettes prenant les rayures lors du chargement par la bouche ». Les ailettes sont ensuite remplacées par des tenons fixes et les rayures sont faites selon le procédé Treille de Beaulieu. Les premières pièces à bénéficier de ce système sont les pièces de 24 envoyées au siège de Sébastopol.

Le principe est alors appliqué aux pièces de 6. Les tenons seront testés jusqu’à ce qu’ils ne détériorent plus l’âme des tubes. Le général La Hitte, alors président du Comité, fait remplacer le tube de 6 par un tube de 4 et modifier le tracé des rayures. Aux essais, la pièce de 4 rayée est jugée excellente au point qu’une batterie est préparée pour l’expédition en Kabylie.

Le chef d’escadron de Beaulieu réalise une pièce de 4 rayée dont les obus portent 2 tenons par rayure, afin d’éviter les battements dans le tube. Le système est finalement adopté en mars 1858, avec cette pièce de 4 pour l’artillerie de campagne, celle de 12 rayée pour l’artillerie de siège et place, celle de 24 pour l’artillerie de côte et place. Une pièce de 4 de montagne est aussi décidée. L’Empereur décide enfin que ce système portera le nom du général de La Hitte . Ces matériels feront leurs preuves pendant la campagne d’Italie de 1859 et s’y montreront techniquement « très supérieurs à l’artillerie lisse autrichienne ».

Au cours de la guerre de Crimée (1854-1855), le haut commandement français avait constaté l’insuffisance du matériel français en portée et en effet du projectile dont les progrès ne pouvaient se faire que par l’abandon du boulet ou de l’obus sphériques. Il fallait chercher des améliorations dans ces domaines.

 [2]

(JPG) (JPG) Le projectile explosif de forme oblongue, l’obus, fut la solution envisagée pour augmenter la puissance des effets et la portée, nécessitait la résolution du problème de la stabilisation de ce type de projectile sur sa trajectoire. L’effet gyroscopique, imprimé aux balles par les rayures inclinées des canons de fusil depuis le début du XIXè siècle, était la solution à la condition de disposer des outils capables de transposer cette technique aux canons d’artillerie.

En France, des recherches entreprises par un jeune capitaine d’artillerie, Treuille de Beaulieu naît la machine à rayer les canons. Un matériel de 4 et de 12 rayés sont servis par les combattants de la campagne d’Italie en 1859-1860. Il n’est pas le premier à imaginer les rayures pour obtenir plus de justesse et de portée avec l’utilisation des projectiles de forme oblongue. En 1498, Gaspard Zellner avait fabriqué un canon à rayures droites puis Koller de Nuremberg avait inventé la rayure inclinée sur l’axe de la bouche à feu. Plus tard, les balisticiens de tous pays ne cessèrent de chercher un moyen de donner au projectile un mouvement de rotation, soit dans l’âme du tube soit à l’aide d’une organisation spéciale de l’obus (ailettes, tenons-guides, ...). Mais les bénéfices de cette technique nouvelle sont entamées par le chargement par la bouche. Il faut introduire en force le projectile par la bouche, opération longue et délicate qui interdit en plus l’utilisation de dispositifs de mise de feu en pointe du projectile. Un système d’ouverture et de fermeture de la culasse est indispensable.

[1] Article rédigé à partir du livre "Histoire de l’artillerie française" de Michel Lombarès et les généraux P.Renaud et Cazelles, Boussarie et Coulloumme-Labarthe.

[2] Extrait de l’ article du Lieutenant-colonel Pierre Saint-Pol sur l’artillerie de la Restauration à la guerre de 1914-1918.


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