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Histoire de la Guerre Froide
 

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Le contexte historique de la guerre froide aide à comprendre la course aux armements qui va se faire un peu partout dans le monde, donc en France qui pourtant essaie de contrôler son propre destin en sortant des forces intégrées de l’OTAN.

Il y va de son indépendance, de sa liberté d’appréciation et de décision, tout cela conforté par la création d’une force de dissuasion nucléaire.

La guerre froide

En 1945, les Etats-Unis et l’URSS sont les grands vainqueurs du conflit, et vont tenter d’imposer leurs idéologies respectives : le capitalisme et le communisme.

Inquiet par la menace que fait peser l’URSS sur l’Europe et le monde libre, et par la part prise par les communistes dans les gouvernements européens issus de la Libération, le président Harry Truman décide de réagir. Ainsi, il met en œuvre une politique d’endiguement (containment) à l’expansionnisme soviétique en Europe et dans le monde. Pour ce faire, il accorde une aide économique à l’Allemagne de l’ouest en septembre 1946, une aide économique et militaire à la Turquie et à la Grèce, cette dernière devant affronter une guerre civile initiée par les communistes de l’ELAS. Dés lors, un monde bipolaire voit le jour et Winston Churchill dénonce le « rideau de fer » qui s’est abattu sur l’Europe. Pendant 40 ans, les deux blocs vont connaître des périodes de tension et de calme relatif.

En juin 1947, par le Plan Marshall, les EU accordent une aide économique aux pays européens pour accélérer leur reconstruction. L’URSS et les pays sous son orbite refusent. En réponse, le 5 octobre 1947, l’Union Soviétique crée le Kominform, qui sert d’organe de liaison pour tous les partis communistes. Cette même année, les communistes sont chassés des gouvernements en France, en Belgique et en Italie. A contrario, la Hongrie et la Bulgarie se dotent de gouvernements communistes homogènes.

En 1948, c’est au tour de la Tchécoslovaquie. Cette même année, les soviétiques initient le blocus de Berlin.

En réponse, le 4 avril 1949, les occidentaux sous l’égide des EU créent le Pacte de l’Atlantique Nord (OTAN) et accordent une aide militaire à tous les états membres.

D’Europe, la guerre froide s’étend de l’Europe à l’Asie. Le 1er octobre 1949, Mao Tse Toung proclame la République Populaire de Chine et en Indochine Ho Chi Minh lutte contre la présence française. En Corée, les Etats-Unis, avec le concourt de l’ONU, stoppent les visées expansionnistes de la Corée du Nord.

Après la mort de Staline en 1953, les tensions semblent s’apaiser. Un cessez- le-feu intervient en Corée et en 1954, la guerre d’Indochine prend fin avec la partition du Viêt-Nam en deux états, un communiste et un pro occidental. La déstalinisation provoque des soubresauts en RDA en 1953. En réponse à l’OTAN, le 14 mai 1955 l’URSS crée le Pacte de Varsovie (PAVA). En 1956, des émeutes éclatent en Pologne et La Hongrie chasse son gouvernement communiste. L’Armée Rouge, dans le cadre du PAVA, réprime très durement la révolution hongroise malgré les protestations occidentales.

A partir du 13 août 1961, les soviétiques édifient le mur de Berlin, qui devient le symbole de la guerre froide, pour enrayer la fuite des allemands de l’est vers l’Allemagne fédérale.

En octobre 1962, l’installation de fusées soviétiques sur le sol cubain porte la tension entre l’Ouest et l’Est à son paroxysme. Le monde est au bord de la guerre. Le président américain J. F. Kennedy impose un ultimatum aux russes qui finissent par accepter de retirer leurs fusées.

La guerre froide se poursuit au Viêt-Nam où le EU interviennent directement de 1964 à 1973, mais surtout en soutien des protagonistes au Proche-Orient ou en Afrique bien que les deux blocs aient parlé de « coexistence pacifique ».

La tension renaît en Europe lors de l’invasion de la Tchécoslovaquie par le PAVA suite au renversement du gouvernement communiste. Celle-ci s’apaise et en 1975, sont signés les accords d’Helsinki qui instaurent un climat d’optimisme. Ce traité prévoit le respect des frontières héritées de la seconde guerre mondiale, de régler pacifiquement les conflits et de respecter les droits de l’homme.

Mais la tension s’accentue de nouveau dans les années 80 avec l’affaire des euromissiles. Les soviétiques installent des missiles nucléaires SS 20 en Europe de l’Est, pointés vers l’Occident. Les Américains répliquent en installant leurs fusées Pershing en Allemagne, pointées vers l’URSS. C’est l’échec des traités de désarmement des années 60. Dans le même temps, l’URSS mène une politique d’expansion en Afrique, en Amérique latine et en Afghanistan.

En 1985, Mikhaël Gorbatchev, met en place une politique de réformes (Glasnost et perestroïka) afin de faire évoluer le communisme vers plus de démocratie et de réorganiser l’économie. Ces réformes échouent et Gorbatchev est plus populaire à l’étranger qu’en URSS.

Ces tentatives de réforme ont pour effet de réveiller les contestations dans les pays de l’Europe de l’est sous domination communiste depuis 40 ans. La Pologne et la Hongrie sont les premiers à rejeter ouvertement le communisme et à couper le rideau de fer.

Le 9 novembre 1989, le mur de Berlin est détruit, les deux Allemagnes sont réunifiées en 1990. C’est la fin de la guerre froide.


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